
D’un point de vue comptable, Cohen va pouvoir renflouer les caisses sans trop de mal puisqu’avec des tickets compris entre 74 et 155 euro et une production scénique en parfaite adéquation avec son répertoire – comprenez très minimaliste – on ne craint pas trop pour la marge brute et encore moins pour le bénéfice net. Heureusement, le format marathon du show (environ trois heures) en donne pour son argent. Ceux qui sont familiers avec le très bon DVD Live In London paru chez Columbia il y a quelques mois n’ont pas été déboussolés par les choix musicaux de Cohen, la setlist faisant quasi office de copie carbone.
Mais comme tous les grands artistes, Leonard Cohen ne donne jamais complètement deux fois le même concert et les interprétations toutes en nuances et en clins d’œil de ses plus grands morceaux le confirment. La voix du septuagénaire parvient encore à gagner en expressivité et les longs mois de tournée semblent avoir eu l’effet d’un bénéfique échauffement sur ses automatismes de frontman : il capte autant l’attention par la classe de sa silhouette que par le charisme de son regard ou que par la profondeur de sa voix. Autant dire qu’il ne manque pas d’atouts.
Les chansons, elles, sont intactes bien qu’arrangées souvent différemment par un line-up de neuf musiciens et choristes. Malgré cet ensemble conséquent, les subtilités dépouillées des premiers titres du Monsieur sont préservées et même mises en valeur sur des classiques que l’on croyait inchangeables tels que « Suzanne » ou « Who By Fire ». « Bird On A Wire », « Dance Me To The End Of Love », « Famous Blue Raincoat » ou « So Long Marianne » provoquent pour leur part toujours autant d’émois tant la justesse des textes se combine merveilleusement à des arrangements folk / jazz intelligemment pensés.
