Guitariste : Certains t'ont sacrément réclamé sur notre forum…
François Corbier : Ca fait vraiment plaisir. On me demande souvent des nouvelles grâce à internet. Certains m'écrivent pour savoir absolument tout sur moi, c'est fou ! Parfois, il arrive que des gens veuillent faire une interview pour leur site perso. Mais quand on me pose à froid des questions nulles du genre "T'as des nouvelles de Dorothée ?", ça me gonfle. Alors pour ceux qui veulent absolument tout savoir sur ma vie, j'ai créé une section Yponomeute sur mon site. Yponomeute, c'est le nom d'un insecte (une chenille) qui étouffe les arbres avec sa toile à force de tourner autour !
Guitariste : Le public t'a découvert il y a vingt ans grâce à la TV et les émissions de Dorothée. Que s'est-il passé depuis ?
François Corbier : J'ai enregistré un album "Carnet mondain" et ensuite un album live enregistré en cabaret ("Toi, ma guitare et moi"). Son premier titre "La galère, Capitaine" est d'inspiration blues, en picking. Je te recommande d'écouter la version longue qui fait huit minutes. Dans cette chanson, je parle de Jacky, des Musclés qui accompagnaient Dorothée, de toute cette période. Ce n'est pas un règlement de compte. Je me moque juste de moi à travers ce qui s'est passé avec tous les autres, et de mes mésaventures avec le show-biz.
Guitariste : Faire des chansons pour les mômes ne t'intéressait plus ?
François Corbier : C'est arrivé complètement par accident ! Avant la télé, j'étais chansonnier, je jouais dans les cabarets avec un répertoire pour adulte. Mon numéro durait une trentaine de minutes, avec des chansons flash d'une dizaine de secondes, selon un principe inventé notamment par Claude Serra (le père d'Eric). Avec des textes humoristiques, très courts. J'avais une chanson "Plante un jardin" assez tendre, et qui a plu à quelqu'un. Et c'est la télé qui est venu me chercher en 1982. On m'a donné le choix entre rester en cabaret avec un petit cachet et gagner ma vie normalement. Peu de gens auraient hésité. Alors je suis parti faire le crétin à la télé (rires).
Guitariste : Tu composais toutes tes chansons ?
François Corbier : Oui. J'évitais les grossièretés, mais je glissais quelques fois des calembours que seuls les parents pouvaient détecter. Quant à savoir si mes chansons pour enfants étaient bonnes, j'en sais rien. Il fallait que j'en fasse une par semaine. C'était dur car je devais écrire le texte, trouver de nouvelles harmonies.
Guitariste : Pas de concert ?
François Corbier : Aucun ! J'étais comédien à coté de Dorothée, pas son musicien. Pourtant, les gens me voyaient tellement à la télévision qu'ils étaient sûrs de m'avoir vu sur scène. Des tas de gens me disent encore aujourd'hui qu'ils m'ont vu en concert à Bercy ou ailleurs avec Dorothée. Je ne leur dis pas non, je n'aime pas décevoir.
Guitariste : Pourquoi as-tu arrêté ?
François Corbier : L'image de Dorothée s'est doucement dégradée lorsque l'équipe est partie de France 2 pour rejoindre TF1 en 1987. On nous voyait trop, et les critiques ont commencé à fuser d'un peu partout. La presse a cassé du sucre sur le dos de Dorothée, alors que c'était la maison AB Productions qui était aux commandes. L'ambiance m'a déplu, je suis parti en 1997.
Guitariste : Tu as repris désormais le cabaret. Quel est ton matériel sur scène ?
François Corbier : Je m'accompagne seul sur des guitares folk, avec des cordes en acier. J'ai trois modèles : une Adamas, une Aria et la Silent Guitar de Yamaha. Je joue avec des accordages en open-tuning (standard, Mi et Sol). Pour avoir un son similaire quelle que soit la guitare, j'utilise une pédale AG Stomp de Yamaha.