[Scène Ouverte] - Édition spéciale changement de line-up - Geoffroy Lebon / NO RETURN - The Curse Within

Maritta Calvez - Le 15 Octobre 2017

"Éééditiooon spéééciaaaale !!" [Scène Ouverte], rubrique dédiée aux artistes émergents comme vous savez, s'est intéressée ce mois-ci à un moment si particulier de la vie d'un groupe : le changement de line-up. Geoffroy Lebon –que vous connaissez bien ici pour ses tests- nous raconte comment s'est déroulée son intégration de guitariste au sein de No Return. No Return mec ! Wow ! On en frémit pour notre ami Geo !! Bien sûr, on en profite pour parler de leur 10ème album "The Curse Within", je vous rassure. Si un groupe n'est plus considéré comme émergent après 28 ans d'existence comme c'est le cas de No Return, il n'en est pas moins en constant mouvement. Ça vibre, ça bouge, ça s'engueule, ça joue, ça répète note après note, ça se marre, ça évolue, ça coince et se décoince, ça voyage, ça crée, ça discute, c'est d'accord, pas d'accord, ça réfléchit, ça gère et j'en passe, bref, ça vit. C'est un travail acharné de tous les instants qui demande une implication totale de chacun des membres. Chaque musicien a sa personnalité qu'il apporte au band, autant en tant qu'être humain qu'en tant qu'artiste. Dès lors qu'il en est un qui s'en va vers d'autres aventures, l'équilibre peut se voir fragilisé. Une page qui se tourne, une nouvelle étape à appréhender, un musicien à trouver... reste au nouveau venu de s'adapter pleinement. Chose faite pour Geo !

Il y a un an et demi environ Geo, tu intégrais No Return. Quelle aventure ! Veux-tu bien nous raconter comment cela s’est passé ? Il y a eu des auditions j’imagine ?  
C'est vraiment marrant que tu me poses la question. A l'époque, j'ai reçu un message de Mick, notre chanteur, qui me demandait si je ne connaissais pas un guitariste qui serait susceptible de jouer pour No Return. Il a été malin l'animal, posée comme ça, la question m'a interpellé (rires). Je connaissais le groupe pour avoir déjà partagé la scène avec eux mais j'avoue que je n'étais plus très au courant de ce qu'ils faisaient, ni de l'actu de la scène métal en général. J'ai écouté, j'ai aimé et j'ai proposé mes services.
Suite à ça, j'ai enregistré une vidéo de Stronger Than Ever qui est un titre de “Fearless Walk To Rise“ et j'ai rencontré Alain. Je n'étais pas le seul guitariste sur la liste bien sûr. Dans mon souvenir, je crois qu'on était une quinzaine au départ. On a pas mal discuté, on a joué ensemble et on s'est amusés. C'était un super moment, je me rends compte en écrivant que j'ai aussi rencontré un ami ce jour-là.

A la suite de ça, j'ai rencontré les autres membres du groupe en répète et le reste de la famille sur la route. Je parle de famille car No Return est composé de gars excellents et simples. On peut compter les uns sur les autres et ça, c'est un plus qui se ressent sur scène je pense. 

Entre l’annonce du départ de Jérôme Point-Canovas en novembre 2015 et celle de ton arrivée en février 2016, il y a eu un travail inouï à fournir. Comment l’as-tu appréhendé et organisé ?
J'ai commencé par baliser bien sûr !! C'est vrai que le métal est un style exigeant quand tu n'y as pas touché depuis un moment. Il faut retrouver les réflexes sur différents aspects techniques, que ce soit dans le jeu ou le travail du son. Par chance, la proposition de Mick est arrivée quelques mois après avoir dépanné mes potes d'Irradiance pour l'enregistrement de leur disque et quelques dates.
Ensuite, Alain m'a envoyé les tabs de la set liste sur Guitar Pro. Chaque jour, j'ai enregistré un nouveau morceau, riff par riff. Et le jour d'après, avant d'enregistrer, je filais l'ensemble des morceaux sur lesquels j'avais déjà travaillé. Je repérais les erreurs et je retravaillais lentement les passages difficiles. J'ai beaucoup écouté les titres en voiture en allant bosser, histoire de m'en imprégner.

Le côté fun de cette période, c'est que nous avons commencé à bosser sur de la composition en même temps, avant même de faire un live. Certains morceaux de cette époque se trouvent d'ailleurs sur « The Curse Within », ça fait vraiment plaisir. D'autres sont restés sur le carreau car ils ne correspondaient pas à l'esprit du groupe. C'était vraiment drôle de faire des tests, d'échanger des idées, d'apprendre à connaître les personnes musicalement avant même de répéter.
 
No Return a connu pas mal de changements de line-up et c’est une étape toujours un peu délicate à franchir dans la vie d’un groupe, tant artistiquement qu’humainement. Comment l’avez-vous vécu ?
La vie de musicien n'est pas de tout repos. C'est vrai que d'un regard extérieur, on s'amuse bien, mais ça reste exigeant. Je me permets de citer mon pote Alain en disant que “l'on n’est pas riche financièrement, mais qu'est-ce qu'on a comme souvenirs !“. Plus sérieusement, je crois que c'est une vie qui exige beaucoup de sacrifices personnels et donc un entourage familial solide et compréhensif. On joue souvent les week-ends, les tournées rasent littéralement nos jours de congés et les périodes d'écriture demandent un travail personnel assez conséquent. J'ai pour ma part la chance de pouvoir m'arranger, mais je ne suis pas à l'abri d'être indisponible un jour. Je n'ai pas connu les anciens membres de No Return, mais je suppose que certains ont arrêté pour raisons personnelles, pour divergences musicales. Dans No Return, on fonctionne d'une façon assez familiale et je sais d'expérience que lorsqu’un de tes amis doit arrêter, ce n'est jamais très facile. On est amenés à apprendre à compter les uns sur les autres lorsqu'on voyage et du coup, c'est toujours une étape difficile lorsque quelqu'un doit partir.  

On a tous eu des groupes avant de rejoindre No Return et les liens que tu tisses avec les autres musiciens sont assez profonds. Maintenant, s’il n'y avait pas eu le départ de Jérôme, je ne serais certainement pas là pour pouvoir en parler. Du coup, ce qui a déstabilisé le groupe à un instant T lui a aussi permis d'évoluer. Pour conclure là-dessus, un groupe est le reflet des personnalités qui y jouent. Si un des membres ne se sent plus à son aise, cela peut affecter la musique. Je crois qu'il vaut mieux être responsable et partir plutôt que le groupe en pâtisse. A mon sens aujourd'hui, nous sommes une équipe solide et motivée. C'est toujours vraiment cool de se retrouver pour jouer. Tout le monde sait ce qu'il a à faire et du coup on avance bien.
 
Quels ont été les points les plus difficiles à régler ? Et ceux qui sont allés de soi ?!
Comme on bouge beaucoup, on doit s'organiser sur tout et bien à l'avance. Il faut être réactif sur les projets du groupe et sur le quotidien en même temps. Ce n'est pas toujours évident de jongler avec tout ça, mais jusqu'ici ça marche très bien. On prend tous un grand plaisir à monter sur scène alors on s'organise pour.
 
Entre nous… y a-t-il eu un moment de panique, d’inquiétude, ou encore de grand vertige… ?
Oh que oui ! Un des plus marquants a été mon premier concert avec No Return au Silex à Auxerre. J'avais un peu le trac et Mick m'a glissé un petit “vas-y mon gars, amuse-toi“. C'est ce qu'on a fait. Le résultat était là, une salle chauffée à blanc et un super show, un premier partage de scène avec mes nouveaux potes ! J'étais vraiment aux anges !
 
Bon, tu fais partie intégrante du groupe now ! Tant et tant qu’ensemble, vous avez enregistré le 10ème album “The Curse Within“, toujours sous le label danois Mighty Music. Quelle en est sa particularité par rapport aux précédents ?
No Return est un groupe qui existe depuis 1989. Les changements de line-up ont été assez nombreux et chaque musicien a apporté de lui-même. Et depuis 1991, les choses ont pas mal évolué. Le groupe a écrit des albums de death, puis un peu plus thrash. Aujourd'hui, je pense qu'on peut situer le style dans le death métal mélodique. Pour “The Curse Within“, nous avons choisi de donner plus de relief aux tempos que sur “Fearless Walk To Rise“. On y retrouve des morceaux speed et quelques mid tempos. Avec le recul, c'est un excellent choix puisque ça aère l'écoute de l'album. Ce relief s'est créé aussi dans le choix des différentes tonalités présentes sur les morceaux. Les mélodies se sont vraiment assombries car les textes parlent des pulsions de destruction de l'Homme.

Les morceaux sont plus denses par rapport à Fearless. Non pas qu'ils soient toujours dans la surenchère comme peuvent le faire certains groupes bien plus bourrins que nous, mais il y a une véritable richesse dans les émotions produites par l'écoute de l'album. On a aussi fait un gros travail sur l'harmonisation des rythmiques guitares et la complémentarité des chorus et des solos dans le but de servir la musique afin de créer des ambiances qui évoluent tout au long de l'album pour faire voyager l'auditeur. Grosso modo, on n’a pas vraiment bossé en cherchant la technique, on a plus bossé en la mettant à profit pour créer une palette d'émotions. En ce qui concerne l'écriture des refrains, on a cherché à composer des mélodies qui se retiennent facilement et qui donnent envie de bouger. Le tout donne un album homogène en terme de style qui est tout à fait dans la lignée de “Fearless Walk To Rise“ avec des idées plus approfondies et travaillées.
 
Comment l’avez-vous travaillé, de la compo à l’enregistrement ? Et toi, en tant que nouveau membre, as-tu pu t’exprimer, apporter des idées ?
Dans le processus, on a tout enregistré en audio et écrit des partitions sur Guitar Pro. Ces différents formats ont permis à chacun de pouvoir proposer facilement ses idées au reste du groupe par échanges de mails. C'est assez pratique vu qu'on habite tous à des endroits différents un peu partout en France. Je me souviens que certains morceaux ont pu avoir jusqu'à 7 ou 8 versions différentes avant que nous soyons satisfaits. Quand tu vois qu'il y a dix morceaux, ça fait un sacré boulot, et je ne te parle pas de ceux que nous avons laissé tomber !! Pour le côté tempo, on s'est vus en répète et on en a profité pour approfondir l'écriture des breaks. Une fois tout ça posé, on a verrouillé l'écriture des morceaux et attaqué l'enregistrement des guitares chez Alain. Je me rappelle qu'on a eu une pointe de stress lorsqu'on a perdu la quasi totalité des données deux semaines avant de partir. J'ai bien failli décompenser, faire une attaque et un AVC en même temps. Mais bon, on a réussi à les récupérer donc il y a eu plus de peur que de mal !!

En février dernier, on est tous partis au Danemark dans les studios de Jacob Hansen pour enregistrer la batterie, la basse, le chant et faire le reamping guitare. Jacob Hansen a approfondi le travail de notre son et a rendu chaque instrument très lisible au mix. Il a un niveau de connaissance dans la production qui est totalement hallucinant. Il a su travailler le basse/batterie encore mieux que sur  Fearless . Du coup, la baffe que j'ai prise entre l'écoute de nos démos produites à la maison et les premiers mix de Jacob était monumentale. Je suis passé de convaincu à extrêmement convaincu !!

J'ai pu apporter pas mal d'idées sur l'album. C'est venu assez naturellement en fait. Avec Mick et Alain, on se passait pas mal de coups de fil pour monter la set liste et l'idée de commencer à composer pour le nouvel album est arrivée assez vite dans les conversations. Je me rappelle que Mick a envoyé une idée de riff. Je me suis mis à bosser dessus et à développer un morceau. Alain a écrit des riffs supplémentaires et Mick a proposé une structure et des paroles pour le chant ainsi que quelques samples. Vu que le résultat a plu à tout le groupe, ça m'a encouragé à écrire. J'ai proposé pas mal d'idées et j'ai contribué à l'écriture de quelques titres sur lesquels tout le monde m'a filé un bon coup de main.


Là où je suis très fier de nous, c'est que nous avons accompli un vrai travail ensemble, un vrai travail de groupe, chacun se nourrissant des idées des autres. C'était une période très enrichissante.
 
Où et dans quelles conditions a été enregistré l’album ; avec qui ?
J'en ai parlé un peu plus haut. Mais l'album a été enregistré chez Jacob Hansen au Danemark. Beaucoup de groupes de métal vont chez lui comme Volbeat, Black Dahlia Murder, Aborted… On a préparé le reamp guitare à la maison pour gagner du temps. Faut avouer que quand tu fais quatre guitares rythmiques, des leads et autres arrangements, même en étant bien préparé c'est assez long et exigeant. Dans ce genre de studio où les tarifs ne sont pas vraiment bon marché, ça te fait une belle économie. Tout le reste a été enregistré là-bas sous la houlette de Jonas Haagersen. Jacob s'est occupé du mixage. Ils ont fait un travail tout à fait exceptionnel.
 
Ah ben oui, ne dérogeons pas à la règle, la question technique que tous les lecteurs attendent ! Côté guitares, amplis, effets, quel matériel a été utilisé ?
En termes de guitares, Alain a enregistré sur une Ibanez Prestige et j'ai utilisée ma Vigier Supra7. Côté amplis, nous avons choisi un couple de deux têtes : une ENGL Wild Signature, une EVH 5150 III. Le tout a été envoyé dans un baffle Mesa et un ENGL, boosté par un overdrive 820 maxon.

Quels sont les actus et projets ? Qui dit nouvel album dit nouvelle tournée en cours de préparation…
On a pas mal de choses en cours. On a sorti une lyrics vidéo de The Crimson Rider vers mi-septembre. On part en tournée avec un groupe de thrash espagnol fou furieux qui s'appelle Angelus Apatrida pour une dizaine de dates à partir de fin octobre. On va passer dans pas mal de villes françaises. Ce sera une bonne occasion pour nous de foutre un gros bordel et de faire la fête avec les personnes qui seront au rendez-vous ! On a tous hâte de vivre tout ça et on a préparé une set liste béton !! Je t'avoue, après quelques mois à préparer la sortie d'album, on est remontés comme des coucous suisses. Sinon, on sera aussi présents sur le Lezardos Fest. Ensuite, début 2018, c'est du très lourd !! Une tournée Européenne avec Cannibal Corpse et The Black Dahlia Murder !

Un groupe, même après 28 ans d’existence, est en perpétuel développement. De qui et de quoi a le plus besoin un groupe de métal aujourd’hui ?
Je crois que comme tous les groupes, nous cherchons à avancer vers de nouveaux objectifs. La chance de No Return c'est que nous avons une fan-base française solide qui répond toujours présente aux concerts.
D'une manière générale on cherche à élargir notre public, à aller jouer pour un plus large auditoire. Même après 28 ans d'existence, on n’a aucune envie de poser nos culs. On a toujours l'envie de partager notre musique et de rencontrer des gens.
 
Et enfin Geo, pas de question, la voie est libre pour dire ce que tu veux ! Yeah !
Je remercie toutes les personnes qui auront eu le courage de lire cette interview jusqu'au bout. J'en profite pour vous inciter à vous abonner à nos pages sur les réseaux sociaux histoire d'être au courant si on passe pas loin de chez vous. N'hésitez pas à venir découvrir le groupe sur les live, le métal prend une toute autre dimension sur scène et on adore traîner dans la salle et passer du temps à rigoler quand on n’est pas sur scène !! Et surtout, continuez à entretenir votre passion de la guitare, c'est le plus bel instrument du monde !

 
Dates de concerts :

En tourné avec Angelus Apatrida
26/10/2017 – Rock’n Eat – Lyon
27/10/2017-  Circus Club - Firenze  Scandicci (IT)
28/10/2017 – Altherax – Nice
29/10/2017 – DB – Narbonne
30/10/2017 – The Black Sheep – Montpellier
31/10/2017 – Scène Michelet – Nantes
01/11/2017 – Hipster Café – Rouen
02/11/2017 – Le Klub – Paris
03/11/2017 – Chez Paulette – Nancy
04/11/2017 – BlackOut Bash Festival (Belgique)
---
11/11/2017 – Lezard’Os Metalfest – Saint-Dizier
---
En tournée avec Cannibal Corpse + The Black Dahlia Murder
09/02/2018 – MuzikZentrum -  Hannover (DE)
10/02/2018 - VEGA – Copenhagen (DK)
11/02/2018 - Sticky Fingers – Gothenburg (SE)
12/02/2018 - Fryshuset Klubben / Arenan – Stockholm (SE)
13/02/2018 - Parkteatret – OSLO (NO)
15/02/2018 - Godset – Kolding (DK)
16/02/2018 - Gruenspan – Hamburg (DE)
17/02/2018 - Musichall Geiselwind – Geiselwind (DE)
18/02/2018 - Matrix Bochum – Bochum (DE)
20/02/2018 - 130bpm – Kassel (DE)
21/02/2018 - Palác Akropolis – PRAGUE (CS)
22/02/2018 - Majestic Music Club – Bratislava (SK)
23/02/2018 - Backstage München - Munich (DE)
24/02/2018 - Factory Magdeburg  - Magdeburg (DE)
25/02/2018 - Im Wizemann – Stuttgart (DE)

Liens Internet :
www.noreturnofficial.com
www.facebook.com/pg/NoReturnMetal
www.youtube.com/user/NoReturnTV1 
http://mightymusic.dk/

Cette rubrique est aussi la vôtre, alors n'hésitez pas à envoyer vos productions pour être interviewé par Maritta Calvez à maritta[a]guitariste.com (remplacez le [a] par @).

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    COMMENTAIRES (1)


    hercule01
    # Publié par hercule01 le 16/10/2017 à 17:22   Répondre
    voir des chevelus prendre la pose devant un batiment de la Défense me fait sourire. Ont ils ensuite pris une petite salade chez Jour avant de faire l'achat d'une petite lampe de chevet chez sostrene green? Un
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