The White Stripes et The Black Keys ont aidé à populariser les groupes rock officiant en duo. Il faut dire qu'avec des tubes tels que Seven Nation Army ou Lonely Boy, les envies se multiplient. Et visiblement, aucun pays n'est épargné puisque même la Suisse s'y met avec Monoski. Cette formation, née aux Etats-Unis, a commencé à faire parler d'elle l'année dernière avec la sortie d'un étonnant premier album, abrasif à souhait : No More Revelations. Au moment où celui-ci va être distribué de notre côté des Alpes, Lionel, le chanteur et guitariste, fait une exception à sa règle et nous livre quelques révélations...

Peux-tu nous présenter Monoski, un groupe que nous ne connaissons pas encore très bien...
Lionel : C'est un projet que j'ai monté avec Floriane à la batterie, lors d'un séjour prolongé à New York. On avait envie de créer un projet sur place, on a commencé à répéter à trois, puis par la force des choses on s'est vite rendu compte qu'une formation en duo correspondait plus à ce qu'on voulait faire.

Avez-vous une formation musicale ? Et quelles ont été vos premières expériences musicales ?

L. : Floriane a une formation de violoniste classique et a appris la batterie sur le tard. Quant à moi j'ai appris la guitare en autodidacte dès l'âge de seize ans. Nous avons tous les deux joué dans d'autres formations avant elle du groupe en 2008.

No More Revelations est un premier album étonnant d'assurance. A-t-il longtemps mûri en vous ?
L. : Bien au contraire, on a fait cet album dans l'urgence, cela nous a pris six mois entre la composition, la production et la sortie du disque en Suisse. Mais je pense que c'est cool de bosser comme ça, la musique garde toute sa fraîcheur et sa spontanéité.

L'assurance qu'on perçoit dans No More Revelations va également de paire avec une rage noise assez jubilatoire. C'est le format "duo" qui permet ce mélange ?
L. : Le challenge que l'on s'est fixé dans cette configuration est de faire autant de bruit et d'avoir un son aussi ample à deux qu'avec un groupe de quatre personnes. Cela nous fait avancer dans notre travail du son, mais surtout dans notre jeu.

On va forcément citer Queens Of The Stone Age et The White Stripes pour situer Monoski. Ce sont des influences conscientes de votre part ?

L. : Queens Of The Stone Age, mais aussi des projets qui gravitent autour d'eux comme Kyuss ou les Desert Sessions sont effectivement des influences. Par contre les White Stripes nous ont moins influencés, bien qu'on aime le blues et qu'on ait la même configuration qu'eux.

Votre son est très américain et cela se comprend... Y a-t-il néanmoins des relents de groupes/artistes européens que vous espérez pouvoir inclure dans la mixture musicale concoctée par Monoski ?
L. : Il est vrai qu'on écoute essentiellement des groupes nord américains. La pop anglaise ou le revival 80 ne nous parlent pas trop. Mais il y a des groupes européens qu'on adore: Motorpsycho, Mogwai, Sigur Ros ou encore Black Sabbath et Led Zepplin pour les légendes.

Quel matériel de guitare a été utilisé sur No More Revelations ?
L. : Nous avons enregistré et mixé l'album sur bande, sur un vieux studer 16 pistes, dans une pièce dépourvue d'ordinateur. J'ai utilisé quasiment le même matériel que j'utilise en live. Pour les effets : un overdrive filter custom fabriqué par Death By Audio, un vieux mu-tron octaver divider, une fuzz colosound, un delay, une reverb et un tremolo. Pour les amplis: un Marshall superbass 100W de 1970 et et un Orange 120 de 1971. Pour la guitare, j'ai utilisé une Gretsch white falcon double cutaway, en live j'utilise aussi une Fender jazzmaster et une vieille Silvertone des année 60 avec des lipsticks.

Malgré de nombreux concerts en Suisse et aux Etats-Unis, vous n'avez pas encore joué en France et ce en dépit de vos origines suisses francophones. Qu'est-ce qui vous empêche actuellement de passer la frontière ?
L. : Rien ne nous empêche de traverser la frontière, d'ailleurs nous allons tourner en France en septembre. Cela prend juste un peu de temps car nous avons tous les deux un travail et une vie de famille à coté, donc nous ne pouvons malheureusement pas jouer continuellement partout.

Avez-vous d'autres projets musicaux en dehors de Monoski ?

L. : Je joue aussi dans un trio de noise rock instrumental qui s'appelle Hubeskyla.

Avez-vous des ambitions précises pour le successeur de No More Revelations ?

L. : On va probablement enregistrer un nouvel album dans le courant 2013.

Monoski – No More Revelations
Row Boat Records
http://monoski.bandcamp.com
 
Monoski – No More Revelations