Interview No Money Kids

Nicolas Didier Barriac - Le 21 Mars 2017

Blues rugueux. Electro haute couture. No Money Kids ne se définit clairement pas avec des adjectifs traditionnels. Leur musique trouve en effet un équilibre inédit entre un blues old school et des textures électroniques contemporaines. Et comme les choses vont toujours par deux avec No Money Kids, on trouve deux musiciens aux manettes pour la parution d'un... second album. Entretien avec Félix Matschulat, chanteur-guitariste du duo parisien.

Peux-tu présenter le groupe à ceux qui ne le connaîtraient pas ?

Félix Matschulat : No Money Kids est un duo électro-blues. Je suis à la guitare et au chant et JM Pelatan à la basse, machines et programmation.

On a l'impression que vous formez un duo aux influences complémentaires et aux univers très distincts. Comment vous êtes-vous dit que faire de la musique ensemble était une bonne idée ?

F. M. : L'idée de former un groupe s'est imposée à nous quasi instantanément. Lors de notre rencontre, ce qui nous a d'abord rassemblés, c'est nos points communs. Ensuite, nos différences sont devenues nos atouts majeurs. Le duo nous a permis une expressivité sans faille et sans compromis.

Comment es-tu venu à la guitare ? C'était ton premier instrument ?

F. M. : Mon père était chanteur guitariste. J'ai donc choisi comme beaucoup de marcher dans les pas de mes aînés. Ensuite je pense qu'en dépassant ce déterminisme "musical", une profonde et véritable relation s'est nouée avec la guitare. Je n'imagine pas une seconde me passer de mes guitares, elles m'aident à me sentir bien. Je joue également un peu de piano, batterie et basse.

Quel matos as-tu utilisé sur Hear The Silence ?

F. M. : Une Silvertone 1429 de 1962. C'est ma guitare principale, je fais toutes les prises de base avec, puis en fonction des besoins, j'utilise d'autres timbres. Les leads ont d'ailleurs été quasi tous réalisés avec celle-ci. De plus, j'ai employé une Gretsh Chet Atkins Tenessean de 1965, une Fender Telecaster de 1967, une Fender Jazzmaster de 1965, une Martin 0015 et une Eko 12 cordes acoustique.

Quels styles as-tu pratiqués avant d'arriver à ce mélange de pop, de blues et d'électro qu'on entend chez No Money Kids ?

F. M. : Je suis allé des Stray Cats à Chuck Berry en passant par Wilson Pickett (avec qui j'ai chanté d'ailleurs), des Beatles aux Clash, aux Specials pour revenir à Robert Johnson. Mais celui qui m'a réellement changé c'est Jimi Hendrix. J'ai appris avec lui le jazz, le blues et le rock, ça été un magique pont vers un imaginaire sans fin.

Votre musique a servi dans de multiples séries TV / films. Tu trouves qu'elle a un aspect cinématique ?

F. M. : C'est très dur d'avoir un avis objectif sur son travail, cependant je m'inspire très souvent de films pour étoffer mes personnages. C'est en cela que mon travail en est indissociable. Il est arrivé qu'une phrase, qu'un plan m'inspire une chanson ou qu'un montage me pousse à aller plus loin dans l'écriture. Durant ces deux ans de tournée, c'était assez fréquent que l'on nous interpelle sur ce coté cinématographique, le cinéma de Quentin Tarantino nous est d'ailleurs quasiment à chaque fois comparé.

Qu'est-ce que le blues pour toi en 2017 ?

F. M. : Souvent qualifié de "figé", le blues est pour moi une musique des plus pertinentes aujourd'hui. La crise que nous vivons produit des effets sur notre société que Skip James ou Robert Johnson ont également ressentis. Avant nous, des artistes comme les White Stripes ou les Black Keys ont œuvré à le réhabiliter, lui redonnant ses vraies lettres de noblesse, loin du bling bling du blues des années 1990 et 2000.

Et que représente le blues en France ?

F. M. : Le blues ne connaît aucune frontière. Je ne connais personne qui ne bouge pas la tête sur Boom Boom de John Lee Hooker.

Hear The Silence présente quelques ballades comme le morceau titre ou le joli Take Me To Your Home. C'est un style que tu vois le groupe explorer davantage ?

F. M. : Ca a toujours été un style que nous aimions. De plus l'enregistrement d'un album n'est rien d'autre qu'un instant que l'on fige sur une bande. A ne pas contrôler nos envies, nous gagnons une sincérité qui nous permet ensuite d'être totalement en phase une fois sur scène. Durant les mois d'écriture de cet album, j'ai d'ailleurs vécu les instants les plus violents de ma vie. J'ai perdu mon père, mes deux grands mères, ma copine, mon job (à l'époque j'avais encore des petits boulots à droite à gauche) et mon appart. J'ai eu le besoin je pense de ressentir un peu de douceur...

Quelle est la chanson sur Hear The Silence dont tu es le plus fier ?

F. M. : Elles ont toutes leur importance et je dirais sans rougir que je suis fier de mon album. Les gens préfèreront l'une ou l'autre, c'est sûr, mais moi je les ai écrites, elles font partie de moi.

De quels artistes aimerais-tu faire une reprise ?

F. M. : D'un point de vue guitaristique : Paco de Lucia. D'un point de vue artistique : Prince. Et d'un point de vue humoristique : Céline Dion.

Quel est le programme de No Money Kids pour le reste de l'année ?

F. M. : Hear The Silence sort le 24 mars, la release party aura lieu le 30 mars à la Boule Noire à Paris. Ensuite, j'imagine tout plein de choses mais, comme vous le savez peut-être, une fois révélés les souhaits ne se réalisent plus...

No Money Kids – Hear The Silence

Roy Music

www.nomoneykids.com

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