Après la palpitante et foisonnante interview de Krazolta le mois dernier, nous voilà emmenés vers une ambiance légère comme une plume avec Why Mud. "Ketchup", c'est cette brise d'été qui vole et t'enveloppe, celle-là même qui te redonne à point nommé le courage d'attraper ton cocktail et de le savourer doucement, langoureusement... Tu n'as rien d'autre à faire que de te laisser bercer par sa fraîcheur... Ça, c'est pour l'EP, le temps des 4 titres que les Why Mud ont délivrés il y a un an tout juste. En concert en revanche, okay, tu pourras toujours te dodeliner avec eux en te rappelant les bons moments au bord de la piscine, mais ils viendront te sortir de là par quelques riffs trempés et aiguisés, parce qu'ils sont plus rock qu'ils ne laissent paraître, tout comme ils sont peut-être plus adultes qu'ils ne laissent supposer... Ne te fie pas aux allures très pop et fragiles de "Ketchup", une autre façon de vous dire de SORTIR DE CHEZ VOUS ! Bonnes vacances à tous et pour ceux qui travaillent, amusez-vous autant que possible, c'est quand même comme ça que c'est le meilleur !

Roland, tu as fondé Why Mud au retour d’un périple en Australie avec l’idée d’un album-concept, “Adam & Joe“ sorti en 2016, qui a demandé une grosse préparation j’imagine… Tu veux bien nous en parler afin de présenter le groupe ?
Roland : Bien sûr ! Adam & Joe est un projet qui a en effet mis un certain temps à se mettre en place. L’idée était de faire un album-concept autour de deux frères pris dans un duel épique, un peu comme dans une tragédie grecque et que ces deux frères sont en fait la personnification de l’âme et de l’esprit (respectivement). C’est donc une réflexion sur la dualité de l’homme.
Le groupe a été formé autour de cette idée avec Antoine à la guitare et aux claviers, Camille à la batterie, Loïc à la basse et puis moi donc, Roland, au chant et guitare.

A suivi l’EP “Ketchup“, aux format et allure plus légers sorti il y a un an. Aviez-vous alors besoin de plus de spontanéité ?
Effectivement, après Adam & Joe, l’idée était de faire quelque chose de plus spontané. On l’a composé beaucoup plus rapidement et enregistré encore plus vite ! Le tout dans une cave à Boulogne Billancourt sur un Tascam à bandes, pour les connaisseurs, c’était un TSR 8.

Le mieux, c’est de l’écouter, on est tous d’accord, mais avec quels mots définiriez-vous votre musique ? Quelles sont vos influences à chacun ?

A l’époque d’Adam & Joe, on était sur des choses proches des 70’s rock à la Pink Floyd. Il y avait aussi du Jeff Buckley et pas mal de Radiohead aussi, donc un peu de 90’s.
Aujourd’hui, on s’approche plus de quelque chose d’un peu 80’s. On aime bien la mouvance psyché démarrée par Tame Impala, Pond, King Gizzard & The Lizard Wizard...

Qui fait quoi ? Comment s’organise votre travail de création, de l’écriture à la réalisation ?
C’est moi qui écris les chansons, en général sur une base de guitare/voix et on met tout en forme ensuite en groupe. Tout le monde apporte vraiment sa patte pour que la sauce Why Mud fonctionne.

Où et dans quelles conditions a été enregistré cet EP ; avec qui ?
Ha ! J’avais déjà un peu répondu à cette question… J’enregistre tout, tout seul. Je suis ingénieur du son à côté de Why Mud, j’ai donc un peu de matériel. J’aime beaucoup aller chercher des sonorités bien précises... un orgue Philips sur Ketchup (“To Get In Shape“) par exemple, ou un Juno 106 sur “Basilic“ ou encore un Korg Lambda ES50 sur “Seven Tides“.
Le tout donc sur bandes dans un local merveilleux à Boulogne Billancourt où l’on squattait plus ou moins grâce à notre ami qui fait de la musique aussi, Lucas Lavaine de Yuma Guma. Le tout a été mixé ensuite par un ami, Quentin Fleury. C’est une grande famille !

Côté guitares, amplis, effets, quel matériel a été utilisé ? Quelques trucs et astuces à donner aux férus de guitares que sont nos lecteurs ?!!
Alors niveau matériel, pour les amplis, on était sur du vintage, un Selmer Treble and Bass 60’s (ampli de David Gilmour) et Cab Fender band master (un énorme truc). Pour bien l’entendre, je vous conseille d’écouter le solo d’Antoine à la fin de “Savage“. On était aussi sur l’ampli Sound City 120 PA, dans les années 60 c’était comme une mini console de son, y’a 8 entrées, ça sonne incroyable avec un cab Hiwatt imbattable. On aime bien les pédales fait-main, notamment nos potos de Acouphonics Amp basés à Nantes.
Niveau gratte, je joue sur une Tokai st60, réplique japonaise de Stratocaster des années 70’s, Antoine sur une Mustang et Loïc sur une basse Greco 70’s, des répliques de Fender Jazz Bass de folie…

Deux clips sur cet EP se sont fait remarquer. Le premier, “Seven Tides“, film d’animation réalisé par Florent Grattery, le second, “Basilic“, vidéo interactive réalisée par Romane Pineill. Très beau travail dans les deux cas ! Jusqu’à quel point accordez-vous de l’importance à votre identité visuelle, et pourquoi ?
C’est un peu notre point faible pour être très franc. C’est-à-dire qu’on se concentre surtout sur la partie son et qu’en général, c’est surtout des amis qui nous font des clips. Mais ça n’empêche pas qu’on soit très contents de ces deux clips et on en avait parlé avec eux avant bien évidement.

Et la scène dans tout ça, raison d’être de tout musicien… Quel est l’argument qui pourrait finir de convaincre les lecteurs de venir vous voir vous parmi la pléthore de concerts proposés ?
C’est sur scène qu’on rend le mieux je pense. On est beaucoup plus rock que sur les albums, on envoie beaucoup plus d’énergie.

Quels sont les actus et projets ? J’ai ouï dire que vous prépariez un nouvel album-concept en français pour la rentrée ?
On vient de finir nos concerts pour cet été avec en clôture le Biches Festival à Cisai-Saint-Aubin en Normandie, une super date ! On prépare en effet un nouvel album qui se situera un peu entre Adam & Joe et Ketchup, c’est-à-dire assez pop mais plus fou.

Vous avez déjà une belle équipe autour de vous, que vous pourriez nous présenter d’ailleurs ! Mais aujourd’hui, de qui, de quoi auriez-vous besoin pour le bon développement du groupe ?
Étienne notre manager mention spéciale et notre maison d’éditions Baguette font un super travail ! On les aime… Aujourd’hui on cherche surtout à faire encore plus de dates.

Pas de question, la voie est libre pour dire ce que vous voulez ! Balancez le ketchup si ça vous chante !
On peut vous faire un preview. La première chanson qui va sortir de notre prochain opus s’appelle “Atlantide“. On aime s’imaginer partir à la recherche de mythes, de trésors enfouis, c’est notre côté grands enfants. Il y a d’ailleurs une majeure partie de la réflexion de notre prochain album qui parle du syndrome de Peter Pan (la peur de grandir) c’est un peu une autobiographie !

Dates de concert :
5 septembre au Pop Up du Label – Paris 12ème arrdt.

Liens Internet :
www.facebook.com/whymud/
www.youtube.com/c/whymud/
http://www.baguettepublishing.com/

[Scène Ouverte] Why Mud - Ketchup - Baguette Publishing