[Scène Ouverte] Strakelin - Escaping Sheeple Nation

Maritta Calvez - Le 15 Mai 2017

Les temps sont bien sombres, c'est le moment idéal pour s'écouter à fond le heavy rock de Strakelin, un groupe qui nous vient de notre Bretagne bien aimée. Eh oui, encore un ! Décidément, la Bretagne est et restera foncièrement rock en défendant haut et fort la scène indé par des initiatives qui s'investissent avec forces et convictions, à défaut de moyens... L'occasion aura donc été donnée au groupe de monter sur la scène du jeune festival Plougarock qui visiblement a été une belle expérience pour eux. Parti de rien, sans même aucune ambition particulière, Strakelin trace la route à son rythme et les six titres de ce 1er EP s'écoutent à vive allure. Comme quoi, se laisser aller au gré des événements sans se prendre la tête ne met personne à l'abri de bonnes surprises. Attention, petit groupe amateur pourrait trouver un public de plus en plus nombreux. Mais pour ça, "SUPPORT YOUR LOCAL SCENE bordel !!" dixit Strakelin, si tant est que nous ne défendions pas cette cause ici, chez Guitariste.com. Et un gros pouce levé pour la photo de la pochette : terrible !

Strakelin a été fondé en 2011, et a sorti son 1er EP en août dernier. Racontez-nous votre histoire, quelle est la genèse du groupe, et son parcours ?  
Le groupe a été lancé à l’été 2011 à l’initiative de Fred (guitare) et Chris, notre ancien guitariste, qui ont rapidement été rejoints par Gaétan à la batterie, puis par Florent à la basse quelques mois plus tard. Plusieurs chanteurs se sont succédés avant l’arrivée de Douglas en 2013, qui a marqué le véritable point de départ du groupe. A partir de ce moment, les compos ont vraiment pris forme. On a enregistré une première maquette début 2014, puis on a débuté les concerts. En mars 2015, Chris a quitté le groupe pour se consacrer à Sinlust, son projet black métal, et plusieurs guitaristes ont occupé plus ou moins brièvement le poste, avant que Julien n’arrive début 2016. Notre premier EP « Escaping Sheeple Nation » est sorti en août 2016.

Le mieux, c’est de l’écouter, on est tous d’accord, mais avec quels mots définiriez-vous votre musique ? Quelles sont vos influences ? Indéniablement on y trouve Metallica et Motörhead, dont vous avez d’ailleurs œuvré sur une compo hommage à Lemmy, mais pas que… !  
On fait dans le heavy rock, mais la particularité du groupe, c’est qu’il mêle de nombreuses influences qui vont, en gros, du punk au black métal, en passant même par le funk du côté de notre bassiste. Metallica et Motörhead sont deux grosses influences c’est clair, mais beaucoup de gens trouvent que notre musique est assez typée années 1970. Pourquoi ? Aucune idée ! C’est probablement le résultat du mélange…

Qui fait quoi ? Avez-vous un processus de création défini ?  
Sur le premier EP, les morceaux ont été composés à part égale par Fred et Chris. Les paroles, de leur côté, sont principalement écrites par Fred, mais également par Douglas. Depuis le départ de Chris, c’est Fred qui compose et écrit les morceaux qui font tous l’objet d’un gros travail d’arrangement et d’optimisation par tous les membres du groupe. Cependant, rien n’est figé, n’importe quel membre peut apporter un morceau ou des idées.

Où et dans quelles conditions a été enregistré l’EP ; avec qui ?  
Il a été enregistré en novembre et décembre 2015 au studio Y Prod à Plougastel-Daoulas, à côté de Brest. L’ingé son, Nuts (par ailleurs batteur du groupe Silent Dawn) a une sensibilité très métal/rock, qui lui a permis de comprendre parfaitement nos attentes. Tout a été enregistré en moins d’une semaine, avant un gros travail de mix et mastering. Au final, on est vraiment contents du résultat, qui est tout à fait représentatif de notre style et de notre son. On tenait aussi à ce que la pochette colle bien à la musique. Les paroles sont plutôt pessimistes et désabusées : on voulait donc un design assez sombre, synonyme de déclin et de fuite de la société. On s’est tournés vers un ami graphiste, Trip Ace, qui réalise des montages à partir de ses propres photos.

Côté guitares, amplis, effets, quel matériel a été utilisé ?  
Au moment de l’enregistrement, Julien n’avait pas encore rejoint le groupe à la guitare. Notre ancien guitariste Chris est donc revenu aux affaires pour nous dépanner. Il a utilisé une guitare LTD Iron Cross signature James Hetfield. Fred, quant à lui, a utilisé deux guitares Epiphone : une Les Paul Standard équipée de micros Gibson Burstbucker Pro, et une SG équipée de micros Seymour Duncan SH4 et SH2.  
Toutes les guitares ont été réampées sur une tête Bugera 333 XL, branchée sur un baffle 4x12 N.O.S.

Florent a joué sur une basse Cort 35 Series, sur laquelle il a récemment installé des micros Bartolini à la place des Mighty Mite d’origine. En live, il se branche sur un ampli Peavey TKO 115. Pour ce qui est des guitares en live, Fred joue maintenant principalement sur une guitare Lâg Explorer signature Phil Campbell, branchée sur sa tête Bugera 333 XL et sur un baffle 2x12 Harley Benton. Julien utilise une Gibson Les Paul Supreme Alpine ainsi qu’une LTD EC-1000 Deluxe, avec une tête Mesa Boogie et un baffle 2x12 de la même marque.

En ce qui concerne les effets, la liste est limitée car notre son est assez direct. Fred utilise principalement une pédale wah-wah Dunlop CryBaby, une pédale de chorus Aria, et parfois une disto Blackstar HT DistX en complément de la disto de son ampli. Julien utilise un multi-effet TC Electronics Nova System, une wah-wah Dunlop CryBaby et un Noisegate ISP Technologies Decimator.

Quels sont les actus et projets ? Vous préparez d’ores et déjà votre second EP.  
Le deuxième EP est en préparation oui, mais on ne sait pas encore quand il sera enregistré. On est en cours de réalisation d’une première démo par nos propres moyens, histoire d’optimiser les arrangements et de sélectionner les titres qui seront retenus. On avance à notre rythme, qui n’est pas forcément très rapide en raison de nos occupations professionnelles ou encore de nos vies de famille. La musique vient après ces priorités, qui compliquent parfois la vie d’un groupe amateur. Elles ont été la source de changements de line-up par le passé et le seront sûrement encore à l’avenir. Notre objectif est de continuer à nous adapter à ces contraintes et changements, et à continuer de nous faire plaisir en écrivant les meilleures chansons possibles.

Quelle est la prochaine étape que vous aimeriez franchir avec Strakelin ?  
Quand on a débuté le groupe, honnêtement, c’était juste pour le plaisir, on n’avait pas d’objectif particulier, à part peut-être celui de trouver une date de concert dans un troquet en pleine campagne ! Finalement, et sans aucune prétention, on a trouvé que nos compos tenaient pas trop mal la route. Du coup, on s’est lancés dans l’enregistrement du premier EP, dont la sortie a constitué une étape importante. Sortir un disque, c’est un gage de crédibilité pour un groupe… Et c’est aussi un rêve pour tout musicien ou presque ! Le groupe a ensuite naturellement franchi d’autres étapes : jouer devant des copains, puis devant un public plus nombreux, jouer en showcase pour la sortie de notre EP, jouer dans de belles salles dans d’excellentes conditions techniques, jouer dans un festival, passer sur plusieurs radios, faire l’objet d’articles dans la presse, sur le Web… La prochaine étape pourrait être d’augmenter notre notoriété grâce au deuxième EP, et de jouer en concert devant de plus en plus de monde. 

Vous avez notamment joué au tout jeune festival Plougarock. C’est le moment de nous parler de ce qu’il se passe sur la région de Brest, dont vous êtes originaires, pour les groupes indés tels que le vôtre, et de ce festival.  
Oui, on a passé un grand moment au festival Plougarock en septembre 2016. On a joué devant des gens motivés, très attentifs et réactifs : une super expérience pour nous. On souhaite vraiment à ce festival de se pérenniser. On y a été accueillis comme des rois et on a bénéficié des services d’une équipe technique géniale. Evoluer dans des conditions aussi professionnelles, c’est très formateur.

Les groupes indés comme nous souffrent forcément de la raréfaction des bars à concert et des lieux dédiés à la musique live, même si certains gérants jouent heureusement encore parfaitement le jeu malgré les difficultés. Ce qui fait du bien à la scène musicale amateur, ce sont aussi les associations qui s’impliquent dans l’organisation de concerts et l’accompagnement de groupes. Dans le Finistère, des assos comme Destrock, Polly Musique Production ou Echoes of West Horn font un gros boulot à ce niveau.  

De qui, de quoi auriez-vous besoin pour le bon développement du groupe ?  
De visibilité surtout, et on te remercie au passage de nous offrir l’opportunité d’apparaître sur Guitariste.com ! Jusqu’ici, on s’est débrouillés seuls, mais c’est sûr que l’appui de personnes disposant d’un réseau de contacts faciliterait notre recherche de concerts, par exemple. Mais bon, pour être honnête, on ne se prend pas trop la tête avec ça, et on profite de tout ce qui nous arrive.

Pas de question, la voie est libre pour dire ce que vous voulez !  
Un grand merci aux personnes qui liront cet interview et écouteront notre EP, ainsi qu’à toutes celles qui l’ont déjà acheté et qui sont venues secouer la tête à nos concerts. On vous encourage fortement à écumer les bars, salles et festivals pour faire vivre la musique et booster les groupes, qu’ils soient amateurs ou professionnels, qu’ils soient accordés ou non ;-) SUPPORT YOUR LOCAL SCENE bordel !!


Dates de concerts
:  
Pas de dates prévues pour l’instant, mais il y en aura sûrement pour la fête de la musique en juin ! Rendez-vous sur notre page Facebook pour suivre notre actualité

Liens Internet :    
https://www.facebook.com/strakelin  
https://strakelin.bandcamp.com

Cette rubrique est aussi la vôtre, alors n'hésitez pas à envoyer vos productions pour être interviewé par Maritta Calvez à maritta[a]guitariste.com (remplacez le [a] par @).

 

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