Guitare Fender Deluxe Roadhouse Stratocaster 2016

Sémi Souamès - Le 14 Novembre 2016 - Note Guitariste.com : (4,5/5)
Dans la jungle des modèles Stratocaster de Fender, il est parfois difficile de faire son choix tant les gammes et séries se sont multipliées au fil des ans. Sur le papier, le modèle Deluxe Roadhouse Stratocaster, fabriqué au Mexique, a capté notre attention par la promesse de faire tenir sonorités classiques et modernes en une seule guitare. Je vous l'accorde, c'est peut-être moi qui ai interprété les spécifications de la sorte mais il fallait en avoir le cœur net.

Une Stratocaster, c'est une Stratocaster...
Sortie de son écrin, on a envie de se dire que rien ne ressemble plus à une Stratocaster qu'une autre Stratocaster. Le modèle Deluxe Roadhouse Strat ne déroge pas à la règle. "Belle comme une Strat" est une expression qui devrait passer dans l'usage du langage guitaristique courant. La finition sunburst 3 tons est parfaite dans le genre un peu sombre. La légère coloration verdâtre du pickguard mint green rappelle le vieillissement des pickguards d'antan. Visuellement, cette Stratocaster est tout ce qu'il y a de plus traditionnel.
C'est en faisant le tour des accastillages qu'on voit les premières touches de "modernité" promises par les spécifications de la gamme mexicaine Deluxe 2016. Le vibrato est un deux points, réglé en flottant, ce qui devrait séduire les amateurs de Jeff-Beckeries et autres voltiges vibrées.  Les mécaniques sont auto-bloquantes afin de réduire les risques de désaccordage liés à la manipulation du vibrato.

Du "neuf" dans l'électronique
C'est du côté de l'électronique de la guitare qu'on a le plus de surprises. Le set de micros est composé de 3 micros Vintage Noiseless commandés par un sélecteur 5 positions tout ce qu'il y a de plus classique ainsi que 3 potards en apparence tout à fait standard. En réalité, l'un des deux potards de tonalité est un sélecteur rotatif à 6 positions contrôlant le préampli embarqué dans la guitare. Et pour parachever l'ensemble, le bouton du potard de volume est équipé du switch S1 (bouton push-push) qui permet d'activer/désactiver le préampli embarqué. Le préampli est alimenté par un pile 9 volts à laquelle on accède par une petite trappe à l'arrière de la guitare.

Jouer sur une Strat, c'est comme jouer sur une Strat
La prise en main de la guitare est tout ce qu'il y a de plus classique pour une Stratocaster en terme de poids et de confort. Sous l'effet conjoint d'un profil en C et d'un radius plat de 12" qu'on retrouve sur tous les modèles Deluxe 2016, on a sous la main un manche qui offre un confort de jeu qu'on pourrait qualifier de "moderne". Pour rappel, les guitares Stratocaster ont plus généralement un radius compris en 7.25" et 9.5". Ce manche est une véritable invitation à jouer tant il est confortable jusque dans son vernis assez fin à l'arrière.

Micros noisless et électronique complète de la Deluxe Roadhouse
Une fois la guitare branchée avec le préamp désactivé, on constate d'abord que les micros Vintage Noiseless, au-delà de leur caractère silencieux, ont un niveau de sortie modéré. De facto, sur les 5 positions du sélecteur on obtient ce son si caractéristique "à l'ancienne" qu'affectionnent les aficionados de la Stratocaster. La finesse, la brillance avec un côté mordant, les positions intermédiaires bien funky et le micro chevalet très "cru"... Tout y est. Même si le corps de cette Roadhouse Stratocaster vibre bien, contrairement à d'autres Strato que j'ai pu avoir entre les mains par le passé, j'aurais aimé un vernis encore plus fin sur le corps.  Je subodore que les micros Vintage Noiseless sont capables de retranscrire de nombreuses nuances sur un instrument qui vibrerait encore plus librement.
Une fois le préamp activé, on est propulsé dans un autre univers. La Stratocaster "à l'ancienne" se transforme en Stratocaster survitaminée. Sur la première position du sélecteur rotatif, on obtient un son assez similaire au son sans préamp, à savoir assez fin mais un peu plus incisif avec des mediums un peu plus présents. Plus on avance dans les positions du sélecteur rotatif, plus le son devient gras et crunchy, à situer quelque part entre un P90 et un humbucker. Ce qu'on gagne en gras, on le perd un peu dans la subtilité des positions intermédiaires mais c'est un moindre mal puisqu'on peut aisément désactiver le préamp si besoin. Si les différences de sonorités entre la première et la sixième position du sélecteur rotatif sont flagrantes, il faut reconnaître qu'entre les deux, les différences sont légères quoique bien réelles.

 


Est-ce la Stratocaster du 21ème siècle ?
Si je devais me procurer une Deluxe Roadhouse Stratocaster 2016 - et croyez-moi depuis que je l'ai essayée, j'y songe - ce serait pour l'utiliser dans deux configurations. Je l'utiliserais d'abord en configuration "nature" sans préamp pour ses sonorités de Stratocaster classique plus que bonnes puis, sur la sixième position du sélecteur rotatif pour le son gras et massif.
Fender tient sa promesse de faire cohabiter sonorités de Stratocaster classiques et modernes dans une seule guitare. En termes de finitions, de confort de jeu et de son, je serais bien incapable de distinguer cette Stratocaster d’une Stratocaster standard américaine. En oubliant nos préjugés sur les préamplis embarqués et le Made in Mexico, la Deluxe Roadhouse Stratocaster 2016 se révèle être une très bonne guitare à tout faire mais avec de la classe et du caractère !

Prix Public : 929 €

Les Plus :
- Les micros Vintage Noiseless s’en sortent haut la main pour les sonorités classiques de Stratocaster
- Les sonorités plus modernes obtenues grâce au préamp embarqué.
- Le jeu au vibrato sans souci de désaccordage
Les Moins :
- On pourrait regretter que les différences sonores entre les 6 positions du switch V6 soient si subtiles