Après les mises en demeure, les explications. Lors d'une interview sur Youtube, Bud Cole, le PDG de Fender, reconnaît que la marque aurait dû mieux gérer sa communication auprès des marques concernées. Sur la protection de la forme Stratocaster en revanche, sa position ne bouge pas.

Cela faisait quelque temps qu'on n'entendait plus parler de l'affaire Fender avec les mises en demeure adressées aux fabricants de copies de Stratocaster. Thomann avait décidé de contester les revendications du constructeur américain devant la justice. Yamaha figurait ensuite parmi les destinataires des fameux courriers. Finalement, la question que tout le monde se pose est de savoir jusqu'où Fender est prêt à aller pour défendre une silhouette que tant de marques ont adoptée.

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Dans un long entretien avec la musicienne et youtubeuse Mary Spender, le nouveau directeur général de Fender (depuis février 2026), Bud Cole, apporte ses explications et reconnaît que la firme américaine avait fort mal engagé la discussion avec les marques concernées. Il estime qu'une explication aurait dû avoir lieu en amont et assume les erreurs de communication de l'entreprise. Bud Cole n'est pourtant pas un débutant malgré sa nomination récente. Avant de prendre la tête de Fender, il a dirigé pendant une décennie sa division Asie-Pacifique et accompagné son fort développement dans la région. Son parcours antérieur l'a également amené à occuper des postes de direction chez Pernod Ricard, LVMH et Ralph Lauren. Avec une telle expérience, on pouvait attendre de lui qu'il mesure davantage l'effet de ces courriers sur leurs destinataires, à l'heure des réseaux sociaux...

Cela signifie-t-il que Fender fait marche arrière ? Sur le fond, le discours reste le même. Bud Cole défend la nécessité de protéger le design de la Stratocaster face à des fabricants capables de reproduire et de distribuer rapidement des instruments à grande échelle. Son objectif affiché est d'amener les autres marques à développer des guitares suffisamment différentes. Il fait d'ailleurs état d'accords déjà conclus avec 18 fabricants pour faire évoluer leurs designs.

Mais que faut-il changer sur une guitare pour que Fender ne la considère plus comme une copie de Stratocaster ? Mary Spender rappelle que les formes de l'instrument répondent à des besoins pratiques, avec notamment les découpes du corps autour du manche qui facilitent l'accès aux notes aiguës ou les contours du corps qui améliorent le confort de jeu. Bud Cole estime pour sa part que la forme du corps et la disposition des différents éléments donnent à la Stratocaster son identité visuelle. Reste donc à préciser quelles modifications suffiraient, aux yeux de la marque, à distinguer une guitare concurrente de son modèle.

On retrouve ici le problème soulevé dans notre précédent article consacré à Yamaha. Une guitare peut rappeler immédiatement la Stratocaster tout en possédant une tête, un corps ou un pickguard différents. Pour un musicien, ces écarts peuvent suffire à lui donner sa propre identité. Fender peut en avoir une autre lecture. Toute la difficulté consiste aujourd'hui à préciser cette frontière, avec des critères sur lesquels les fabricants puissent s'appuyer.

Copies de Stratocaster : Fender reconnaît des erreurs, mais maintient le cap