En 1976, le trio de rock progressif canadien Rush sort son quatrième album. Malgré son format pas forcément évident d'accès (le premier titre fait 20 minutes !), 2112 permet au groupe de rencontrer le vrai succès pour la première fois. Dès lors, ils décident de pousser les curseurs encore plus loin pour le suivant et profitent de ce succès (et des moyens financiers qui vont avec) pour faire un peu de shopping. Le chanteur / bassiste / claviériste Geddy Lee achète un Mini Moog et un Moog Taurus, deux nouveautés qui vont avoir un impact considérable sur l'évolution sonore du groupe. Le guitariste Alex Lifeson, de son côté, s'offre une double manche Gibson EDS-1275 blanche, ce qui donnera les légendaires textures de 12 cordes de "Xanadu", mais aussi une ES-355. Il la commande spécialement à l'usine pour l'avoir en blanc, et la belle restera l'une de ses guitares principales pour les tournées et albums suivants.
En 2015, le groupe arrête sa vie en tournée, et la mort du batteur Neil Peart met fin à tout espoir de reprise d'activité. Pourtant, en 2025, les fans découvrent avec émotion que Lee et Lifeson ont décidé de ramener Rush à la vie avec l'aide de la batteuse Anika Niles. Aujourd'hui, la tournée Fifty-Something a commencé par quatre shows ultra plébiscités à Los Angeles et se dirige vers le Mexique, et le tout se terminera dans quasiment un an (10 avril 2027) en Finlande après 88 dates.
Le moment était donc parfait pour rendre hommage à Alex Lifeson, et en toute logique c'est la ES-355 blanche qui a été choisie, celle-là même qui a été vendue pour pas loin de 400 000 euros aux enchères en 2022. Bonne nouvelle pour les fans, ils n'auront pas à débourser autant, et ils n'auront même pas à investir dans une édition limitée du Murphy Lab : la Epiphone IGC Alex Lifeson 1976 ES-355 Reissue coûte le prix d'une Epiphone Inspired by Gibson Custom et représente donc un achat quasiment raisonnable !
Le "Inspired By Gibson Custom" fait que l'on retrouve avec bonheur la "vraie" forme de tête en livre ouvert, ainsi que les micros Gibson type T fabriqués aux USA. Pour le reste, c'est une réédition très fidèle de la version 1976 de la fameuse ES-355, avec un corps semi-hollow 5 plis érable / peuplier, le manche en érable trois pièces avec un profil fin et la volute à l'arrière pour rendre la jonction manche / tête plus solide, et le gros chevalet tune-o-matic de type harmonica. C'est une ES-355, donc on a droit à l'accastillage doré (notamment le vibrato Vibrola), à la touche ébène et aux bindings multiplis de corps, de touche et de tête. On a aussi le losange éclaté sur la tête et les repères de touche en blocs (y compris à la première case) pour rappeler qu'il s'agit ici du haut de la gamme semi-hollow, et on retrouve même le circuit d'EQ Varitone avec son propre potard chickenhead. Petite entorse aux caractéristiques vintage, un petit switch à côté du toggle trois positions principal permet de bypasser complètement le Varitone, ce qui est une excellente idée pour éviter le "tone suck" dont il a souvent été accusé.
La présence d'Alex Lifeson est discrète : son nom est incrusté sur le cache truss rod, et sa signature orne le très bel étui, mais nul besoin d'en faire des tonnes, puisque pour les connaisseurs, une ES-355 blanche évoque immédiatement le roi du prog canadien.
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