Les guitaristes intermittents dans la rue

Aragorn - Le 12 Décembre 2002
Le statut d'intermittent du spectacle risque de devenir plus précaire, d'après les syndicats qui appellent à des manifestation dans toute la France.

Le 16 décembre, les intermittents du spectacle prévoient de descendre dans la rue un peu partout en France, mais pas pour jouer. Depuis la remise au gouvernement d'un rapport corrosif sur ce statut, les syndicats s'attendent à un durcissement des conditions à remplir pour toucher l'assurance-chômage.

Actuellement, un guitariste intermittent du spectacle doit travailler 507 heures (ou 43 cachets) durant une année pour toucher le chômage l'année suivante. Cette couverture protège les musiciens qui ne sont pas salariés de façon permanente, et qui sont payés à l'occasion d'un concert, d'une manifestation culturelle, etc.

Seulement, certains risquent de devoir se serrer la ceinture à l'avenir. "Le gouvernement prévoit de réduire de 30% l'allocation", résume Jean-Paul Bazin, conseiller syndical au Syndicat des artistes musiciens de Paris (SAMUP). "Pour gagner la même somme qu'aujourd'hui, le même musicien devra travailler plus et montrer 20 cachets supplémentaires (63 au total). Or pour certains artistes, c'est déjà une vraie galère de faire une quarantaine de concerts dans l'année".

D'autres mesures risquent, selon différents collectifs de musiciens, de rendre plus difficile la situation des artistes. Ainsi, les cachets en "guichet unique" ne seront pas pris en compte. Ces cachets permettent à un particulier de s'offrir un groupe pour jouer à l'occasion d'une fête privée par exemple (mariage, anniversaire, enterrement, etc.). Ces formulaires ont été créés pour simplifier la paperasserie administrative et éviter le travail au noir. Or ils sont une source de revenus importante pour certains musiciens.

Enfin, les syndicats redoutent la fin de la prise en compte des congés maladies. D'après eux, un guitariste invalide pendant plusieurs mois, ou même une artiste enceinte qui prendrait un congé de maternité, ne cotiserait pas durant sa période d'inactivité, et risquerait de perdre ses droits pour l'année suivante.

Différentes manifestations sont prévues le 16 décembre, notamment à Lyon et Paris. Le lendemain, avec les premières négociations avec le Medef, les artistes prévoient de se rassembler devant le siège du syndicat patronal. En octobre dernier, les manifestations des intermittents avaient réuni environ 30 000 personnes sur toute la France.

Les organismes syndicaux :
http://www.samup.org
http://www.fnsac-cgt.com

 

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