C'est ce qu'on appelle sortir l'artillerie lourde, pas sûr que les collègues actrices aient apprécié
Je dois vous parler de "RENTAL FAMILY". Film que j'avais à l'oeil depuis les interviews de son casting et coup de bol, après son passage en salle, le voici sur Disney+.
C'est un film mi-japonais mi-américain, réalisé par une japonaise vivant aux USA (Hikari), dont l'intrigue se passe au Japon avec un large casting japonais, l'exception étant le rôle principal: ce grand marshmallow humain de Brendan Fraser. L'intrique reposant sur ce business bien réel au Japon que sont les agences proposant des conjoints/amis/confidents de substitution, j'avoue que le film me faisait très peur tellement c'est la porte ouverte à tous les clichés et les dérives !
Très heureuse surprise, le film évite tous les écueils! L'humour est excellent, jamais lourdingue, certaines scènes sont d'une drôlerie totale (la scène "avocats/flic" est un pur bonheur). Et l'émotion est aussi de qualité, sans trop envoyer les violons (sans même les envoyer du tout la plupart du temps). On évite la caricature (et le fait que la réalisatrice soit japonaise aide forcément), on évite pas les questionnements éthiques, mais alleluia: sans dose de moraline à deux balles! Juste de vrais questionnements sincères sans jugement, qu'est-ce que ça fait du bien!
Le scénario est à la fois prévisible par certains aspects, mais aussi totalement surprenant par d'autres (il y'a des rebondissements que je n'ai franchement pas vu venir - le directeur de l'agence). L'idée de choisir Brendan Fraser est géniale: son physique XXXL tranche évidemment dans le contexte japonais, donnant en permanence l'image d'un gentil cachalot échoué - quant à son jeu très expressif (mais une fois de plus pas caricatural), il est parfait en contrepoint des émotions retenues à la japonaise (enfin - pas toujours retenues
).
C'est un feel-good movie "de luxe" - j'entend par là que les facilités de ce genre de film sont évitées, que les questionnements sont franchement intéressants, que le casting est parfait et que l'imagerie est souvent splendide (Japon oblige).
Encore une subtilité: si Brendan Fraser a apprit suffisament de japonais pour rendre crédible son rôle de gaijin vivant au Japon depuis sept ans, les dialogues oscillent entre l'anglais et le japonais (VO obligatoire!), non seulement en fonction des situations, mais aussi et surtout en fonction de ce qui est exprimé: la manière de penser occidentale en anglais, la manière nippone en japonais - bien joué!
Ce n'est sans doute pas un "grand" film qui restera dans l'histoire du cinéma mais c'est un des films qui m'ont fait le plus de bien depuis des années - vraiment! Mais ne regardez surtout pas la bande-annonce qui comme trop souvent en montre beaucoup trop.
Bizarrement, pour vous donner envie de voir le film (si je ne vous ai pas encore convaincu), voici une excellente interview de Brendan Fraser (moi, c'est ce qui m'avait donné envie):