Azazello a écrit :
Si on pousse le raisonnement on légalise la vente d'armes afin que les citoyens aient les moyens de se défendre contre un gouvernement despotique, c'est un discours(assez cohérent) très souvent tenu par les américains pro-armes.
Je crois qu'une grande partie de vos (nos) désaccords sur le sujet viennent d'un amalgame que l'on fait de plus en plus souvent en France (et moi le premier quand je ne prends pas garde): la confusion entre les sphères de pensées politiques, écoomiques et sociales.
Nous autres français avons une tendance un peu absurde à associer systématiquement la droite avec le capitalisme financier, le conservatisme, le militarisme, le traditionalisme et plus récemment le néo-libéralsime, et nous associations systématiquement la gauche avec le socialisme, le pacifisme, le communisme, la lutte sociale, l'universalisme et l'humanisme, malgré des contradictions évidentes entres ces idées.
Notre grille de lecture des actions des gouvernements successif est faussée par ces confusions. Impossible de mettre sur le même plan la droite de Sarkosy et celle de De Gaulle (et qui plus est, Azzaz, on ne peut pas dire que le gouvernement d'union nationale présidé par De Gaulles sous le contrôle du CNR après la guerre ait été un gouvernement "de droite").
La droite "gaulliste" héritée de la vieille bourgeoisie de province ne absolument pas être qualifiée de libérale, au contraire: elle est conservatrice, humaniste, patriote, attachée aux valeurs de l'église et à la souveraineté de l'Etat... Comment la comparer avec la droite moderniste "à l'américaine" de Sarkosy? De ce point de vue, la gauche de Jospin est beaucoup plus proche de Sarkosy que ne l'est la droite de De Gaulle... Laquelle est beaucoup plus proche, en fin de compte, de la gauche socialo-chrétienne traditionnelle de Mitterrand (lequel était d'ailleurs probablement plus anti-communiste que De Gaulle) ...
Ajoutons à cela que nombre de décisions des gouvernements successifs ont été prises soit par "pression populaire" à différents niveaux, soit par pression "militaro-diplomatique", soit, bien entendu, dans un souci de politique politicienne et de préservation de réseaux. Toutes les mesures d'un gouvernement ne coïncident pas, heureusement, avec une "feuille de route" idéologique: des compromis sont inévitables... C'est pourquoi il faut se méfier des hommes politiques, quel que soit leur bord, qui se targuent de pragmatisme et vantent leur liberté idéologique: en général, cela veut juste dire qu'ils ont trop fait de compromis.
*: NOBODY EXPECTS THE SPANISH INQUISITION!