[Pleins Feux Sur] CG Lutherie - Cyril Grandgirard

Publié le 01/05/2017 par La rédaction
En voilà encore un qui s'amuse ! Non qu'il ne fasse pas du travail sérieux bien loin de là, ne vous méprenez pas ! D'ailleurs les témoignages de ses clients à son sujet qui le qualifient d'appliqué, très investi, au travail de grande qualité, démentiraient illico toute mauvaise interprétation. Non, Cyril entre deux commandes de guitare ou de basse s'amuse simplement à se faire plaisir pour lui-même, en testant de nouvelles techniques ou en "jouant" à transformer une parlor folk en "sitguitar" par exemple. Des petits délires perso certes, mais qu'il sait très bien partager ensuite au travers de ses superbes modèles !

Peux-tu te présenter et nous expliquer comment est née CG Lutherie, quel est ton parcours professionnel / technique et ce qui t’a amené à cette activité ?   
Cyril Grandgirard, bientôt 40 ans, je suis installé à Arc les Gray en Franche Comté.  
J’étais guitariste dans un groupe de metal au lycée, j’ai commencé à régler et démonter mes guitares, suite à quoi j’ai fabriqué ma première « pelle » (c’en était une) avec des pièces et du bois de récupération.  
Plus tard, j’ai fabriqué des guitares et des basses sur mon balcon de Villeurbanne pendant quelques années en parallèle de mon boulot d’agenceur, en autodidacte et avec l’aide précieuse des gens de Lutherie-Amateur.com.
Mon travail de l’époque m’a permis d’avoir aujourd’hui une solide expérience du travail du bois. Je pense que c’est à ce moment que cette envie est née : fabriquer des instruments, les penser, les dessiner…  
Puis, j’ai quitté Villeurbanne et Lyon pour revenir dans ma campagne natale en 2014.  J’ai senti que c’était le bon moment et j’ai décidé de faire de ma passion mon métier.

Quelles sont tes influences musicales ?   
Mes influences sont nombreuses est très diverses. J’écoute beaucoup de styles differents. Quelques noms qui me viennent à l’esprit :  Sonic Youth, Iggy Pop, Coltrane, Monk, Bashung, Bowie, Autechre, Ltno, NIN, Ministry, Squarepuqher, Peaches, Beastie Boys…
J’écoute ce qui me fait du bien aux oreilles, selon l’humeur.

Quelle a été la première guitare et/ou basse que tu as possédée ? 
Ma toute première gratte était une copie de strat, payée trois fois rien, avec un ampli de 15 ou 20 watts.

Et celle que tu as fabriquée ?     
Ma première vraie réalisation était une basse 4 cordes que j’avais dessinée, avec une table en érable échauffé.

Quelle est la particularité, la valeur ajoutée de tes fabrications ?  
Je fais pas mal de basses et guitares headless, j’aime travailler le coté esthétique mais aussi ergonomique (accès aux aigus, poids, forme du manche…).  
Je travaille avec le client. Je suis à son écoute sur le choix de chaque composant, des bois, de l’electronique, de l’ergonomie… Chacun de mes modèles est modifiable selon le souhait du client.
Il est aussi tout à fait possible de venir essayer un manche en cours de fabrication, ou de tester un chanfrein stomacal, de le retoucher… Comme il est possible de venir avec son dessin que je retouche si nécessaire, pour faire un projet 100% custom.

Avant tout, ton travail tente de toucher quel public ? Musiciens amateurs, confirmés ou pro ?
Mes clients sont tous très différents, de l’amateur qui se fait plaisir au musicien professionnel qui a besoin d’un « outil ». Je ne cible personne en particulier, il m’arrive même de régler ou réparer des guitare très bas de gamme, tout le monde est bienvenu.   

Le guitariste lambda est souvent freiné par le prix des produits élaborés par les artisans. Que pourrais-tu dire pour défendre le coût de fabrication de tes guitares et basses ?    
J’essaie d’être au plus juste niveau prix.  
Je conçois qu’un instrument de luthier puisse paraître cher par rapport à un instrument industriel. Mais il y a des frais incompressibles, des charges, des impôts et des taxes, et l’investissement pour la fabrication d’une guitare coûte déjà plus cher que la majorité des instruments de série entrée/moyenne gamme.  
Je propose des instruments uniques, sur mesure, avec des matériaux et composants de qualité, des instruments fabriqués avec un savoir-faire et une attention toute particulière pour chacun.  
Au final ils sont à des tarifs bien en dessous d’un « Custom Shop » de grande marque.

J’ai vu que tu travaillais sur un nouveau (et superbe !) modèle Jazz baptisé "Antique Gold", doré à la feuille d’or (excusez du peu !). Quelle a été ta démarche première pour ce modèle qui n’est pas une commande client : te faire plaisir avant tout ? Innover ?  Tester le mariage de certaines techniques de conception avec des procédés de finition peu communs ?   
Cette guitare et baptisée « New Jazz », Antique Gold est en fait le nom de la finition.  
J’avais envie pour les expos et salons, d’une solid-body croisée avec une archtop au niveau du design, et bien sûr avec un son jazz (mais elle est déclinable à toute les sauces, bien entendu). J’ai donc dessiné ce nouveau modèle, en lui apportant quelques petites choses, comme le talon déporté coté graves pour un accès vraiment facile aux aigus, pas de plaque électronique visible, les potentiomètres cachés sous le pickguard. Pour la finition, j’avais envie de sortir des sentiers battus, j’ai toujours aimé les vieux meubles, les vieilles choses usées par le temps. Du coup, je suis parti sur la feuille d’or vieillie, je me suis dit que ça lui irait bien et ça m’a permis d’approcher une technique que je ne connaissais pas.

Quelle est ton actu et/ou tes projets à court et moyen terme ?    
Je suis en train de plancher sur des modèles de guitares plutôt rock/metal, chose que j’aime mais qui manquent à mon catalogue, dans le style SG mais aussi flynig V pour commencer.    
Sinon quelques petites expos, et très certainement le festival d’Issoudun en fin d’année.

Quels sont les problèmes majeurs que tu as rencontrés ou que tu rencontres encore depuis le lancement de ton activité ?   
Le « problème » majeur, c’est la pub, la com. Se faire connaître demande pas mal de temps et d’énergie (et aussi d’argent parfois) qu’on n' a pas forcement.

Penses-tu d’une manière générale que la presse et les pouvoirs publics s'intéressent  suffisamment à l'artisanat ?  
Suffisamment je ne pense pas, mais j’ai l’impression que ça commence un peu à bouger.  
Je ne lis pas de presse papier, mais sur le Net, il me semble que les luthiers sont de plus en plus présents.

Le mot de la fin, ton message à la communauté de Gcom ?   
Merci à G.com pour cette initiative, merci à ceux qui me suivent, ici ou ailleurs.  
Continuez à faire de la musique.  
Et n’hésitez pas à venir à l’atelier quand vous passez dans le coin !

En savoir et en voir plus sur les fabrications de Cyril

Sur le Topic Pro CG Lutherie dans le Forum  
Sur son site Internet 

Cette rubrique est destinée à faire connaître un peu mieux les artisans présents en Topic Pro dans nos forums. Si vous souhaitez plus d'infos sur ce service pour être vous aussi présenté en [Pleins Feux sur], écrivez à Caroline à l’adresse caroline[@]guitariste.com (retirez les crochets).

 

 

 

 

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Commentaires

# Publié par judburn le 03/05/2017 à 16:12
J'aime simplement. L'esprit Bleach c'est ma came. :-))))
J'aime le travail et la personne à travers ses textes.
Finalement, comme il le dit justement, le custom shop de grandes
marques est ce que nous recherchons dans les anciennes originales,
c'est juste hors de prix, alors un costard taillé sur mesure
au prix du prêt-à-porter, qui refuserait ? :-))))