Usine à gaz miniature
Ce mini-pédalier, qui peut aussi faire office d'interface audio, est doté d'un écran tactile assez grand très lisible, mais on pourra lui préférer l'interface sur ordinateur (ou l'appli pour téléphone et tablette) qui permet de monter des chaînes d'effets à vitesse grand V. C'est rapide et intuitif à utiliser, avec un aspect visuel un peu austère mais néanmoins agréable. Sélectionner les effets et les bouger dans la chaîne audio est d'une facilité déconcertante, et c'est tant mieux, car le catalogue de traitements audio à notre disposition est très vaste !
On dispose de deux modes d'utilisation : le mode patch pour passer d'un preset à l'autre en utilisant les switches, et le mode stomp dans lequel les switches permettent d'activer ou de désactiver des éléments de la chaîne d'effets, comme sur un « vrai » pédalier. Sachant que chaque preset dispose de cinq « scènes » dans lesquelles on peut changer les réglages (mais pas les effets constitutifs de la chaîne), j'ai tendance à préférer le mode « stomp », car en passant d'une scène à l'autre, il n'y a pas de rupture dans le son, contrairement au passage d'une mémoire à l'autre dans le mode patch.
Les effets et simulations sont classés par famille : effets dynamiques (compresseurs, boosters), effets jouant sur les fréquences (envelope filters, ring modulators, pitch shifters...), effets de modulation, de délai, de réverbération... Et bien entendu simulation d'amplis et de baffles. De ce côté, on a accès à un large choix couvrant tous les grands classiques (Marshall, Fender, Orange, Bogner, Mesa Boogie... Mais aussi des marques « boutique » comme Dr. Z), ainsi qu'à des réglages de prise de son virtuelle pour le haut-parleur. Hotone s'est associé à Celestion pour nous procurer, en plus des modélisations de HPs de base présentes dans l'Ampero, toute une banque supplémentaire d'Impulse Responses ( « IR » ) des grands classiques (Blue Alnico, Green back...).
Les effets sont de qualité, chaque émulation est accompagnée d'un descriptif du modèle « hardware » sur lequel elle est basée. C'est convaincant et musical, on retrouve des sensations familières de jeu quand on sélectionne une pédale ou un ampli que l'on connaît. Les distos sont charnues et organiques, les boosters et compresseurs ont une belle couleur sonore et réagissent bien au jeu, les effets de modulation sont réussis et les délais et réverbérations m'ont franchement enchanté. Quelques effets rigolos sont présents, comme le « swell » très réussi dans sa détection des attaques, ou le délai pitché qui m'a fait me prendre pour Steve Vai instantanément... Notez également la présence d'un looper assez basique et d'un accordeur. L'Ampero est bien entendu équipé de ports MIDI in et out, malheureusement au format mini-jack, ce qui demandera l'achat d'adaptateurs pour brancher des câbles DIN le cas échéant.
L'attaque des clones
Un des attraits majeurs de cette machine est à mon sens la capacité à capturer l'Impulse Response de votre matériel (ou de celui de quelqu'un d'autre d'ailleurs !). L'Ampero est capable de reproduire le son de n'importe quel ampli, avec ou sans haut-parleur. Il peut aussi reproduire le son de pédales de distorsion/overdrive/boost, mais sachez qu'il sera perdu face à des effets de fuzz un peu trop complexes (j'ai testé le clonage d'une DEVI EVER Dream Mangler, il n'a pas tout compris !). De même, il ne pourra pas reproduire des effets d'autres types comme les réverbérations, delais, flangers, etc.
Le processus de reproduction sonore est simple, il suffit de connecter la source à l'Ampero via l'entrée jack ou XLR de ce dernier (si vous modélisez le haut-parleur avec un micro placé devant) et l'envoi « send » de sa boucle d'effet. La suite est simple, en un clic, l'Ampero procède au clonage ! Vous pouvez ensuite comparer la source et le clone très facilement, et affiner au besoin. Les tests que j'ai réalisés sont bluffants, c'est vraiment difficile de dire qui est le clone et qui est l'original... Et cela est valable pour les amplis comme pour les effets, à titre d'exemple le chaînage virtuel après clonage Fuzz war (Death by Audio)/Orange OR50 est extrêmement proche de ce que donne cette association dans le monde réel, autant dans la couleur sonore que dans la réponse à la dynamique de jeu.
Le clonage de ma tête Traynor YSR-1 était un test ultime, celle-ci me procurant le meilleur son clair que je n'aie jamais entendu. Force est de constater que la version clonée IR garde cette densité sonore caractéristique et cette transcription des attaques que je trouve inimitable. Une fois le clonage effectué, on sauve le son en deux clics et celui-ci est accessible dans votre chaîne d'effets, comme n'importe quel autre élément du pédalier ! C'est vraiment amusant de mélanger ces sons IR « faits maison » avec les effets et traitements du pédalier, les résultats sont rarement décevants.
Télécharger les captures (membres Guitariste.com)
Conclusion
Soyons honnêtes, dans cette gamme de prix, l'Ampero nous met une grosse claque. C'est bien conçu, bien fabriqué et le concept fait mouche en mélangeant multi-effet et appareil capable d'utiliser et créer des IRs pour un maximum de réalisme et d'authenticité. En particulier pour un système que l'on peut brancher directement dans une sono, je trouve ce modèle assez imbattable dans son rapport qualité/encombrement/prix. Et pourtant, c'est un vieux con qui vous parle, qui ne jure que par ses vieilles têtes d'amplis décaties !
Les Plus
• Rapport qualité/prix imbattable
• Encombrement minimum pour un maximum d'effets et simulations
• La qualité des simulations d'amplis et HPs
• La possibilité de capturer les IRs de son propre matériel
Les Moins
• Pas de MIDI en DIN
• Une interface graphique un peu austère (mais intuitive)
Liens utiles :
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