[Scène Ouverte] Carousel Vertigo - Revenge of Rock and Roll

Maritta Calvez - Le 15 Décembre 2017

Il est temps de vous présenter un vrai bon groupe de Rock ! Avant même de lire l'interview, foncez sur le clip, le pari ne pèse pas lourd car sûr que vous y reviendrez pour en savoir plus. A force de donner des genres et des sous-genres musicaux, histoire de se démarquer, on ne s'y retrouve plus. Avec Carousel Vertigo au moins c'est clair, c'est rock & roll. Tu sais ? De ce classique rock mélodique comme on en entend si peu ici en France et qui nous emmène tout droit vers les débuts d'AC/DC, pour la faire courte. Jansen et Vincent, deux guitaristes hors pair, se rencontrent dont un à la voix surpuissante –en avait-il seulement conscience ?- et, animés de la même fièvre, décident de monter leur groupe. Leurs compos sont tout simplement d'une efficacité redoutable. Nul besoin d'en dire plus. Ah si quand même... je ne résiste pas à relever la présence du bassiste de Bruce Springsteen, Garry Tallent sur le titre "Hideaway". Oui m'sieur, respect. Ah, et puis aussi attirer vos oreilles sur "Don't Take it to Heart" écrit au lendemain des attentats du 13 novembre, poignant bien évidemment... Faut l'écouter en concert, crois-moi... Dès la première écoute de ce "Revenge of Rock and Roll" de Carousel Vertigo, tu as l'impression qu'il a toujours fait partie de ta discothèque, comme tous bons classiques. Bref, désormais incontournable !

Hi Jansen !  A toi la parole au nom du groupe. Très heureuse de te recevoir sur la [Scène Ouverte]. Travaillant tous les deux pour Gibson, Vincent et toi vous êtes rencontrés lors du salon de la musique à Paris en 2008. Beaucoup de musiciens se croisent chaque jour avec des affinités communes, sans pour autant monter un groupe. Alors pourquoi vous, et comment s’est monté le projet ? L’occasion de dire un petit mot sur Vincent… il ne nous écoute pas, t’inquiète !
Eh bien, Vincent a été embauché par Gibson comme artiste démonstrateur au Salon de La Musique en 2008. Je travaille pour Gibson Guitars en France en tant que spécialiste produits (Gibson me demande aussi de faire des démos). Donc nous jouions tous les deux sur le stand Gibson. Je savais que Vince jouait de la guitare, mais j'ai été vraiment frappé par la façon dont il chantait les morceaux sur ses backing tracks. Il avait un timbre de voix et une façon de chanter si cool et si unique… En tout cas, un responsable de Gibson nous a demandé si nous pouvions faire un jam sur la scène Bose. Quand nous y sommes arrivés, leur stand était complètement vide et nous avons commencé à brancher et à régler nos pédales... Au moment où nous avions fini notre premier jam, il y avait quelque chose comme 300 personnes en face de nous et nous avons continué à nous lâcher pendant encore 30 minutes. Personne n'a bougé, la plupart des 300 personnes sont restées avec nous jusqu'à la fin. C'était tout simplement magique. Le jour suivant, ils nous ont demandé de refaire le jam et encore une fois, il y avait une foule de gens qui restaient jusqu'à la fin de notre jeu. Alors que le Salon touchait à sa fin, un responsable de Gibson USA nous a dit à tous les deux "les gars, avez-vous déjà pensé à monter un groupe ...?" Alors, voilà comment tout a commencé pour Carousel Vertigo.

Présente-nous les autres membres, Olivier Brossard à la basse et Jimmy Montout à la batterie, belle section rythmique, que j’ai pu apprécier notamment en concert !
Oui, nous sommes tellement chanceux d'avoir une aussi bonne section rythmique. J'ai vécu, enregistré et joué à New York, Nashville et Miami et je peux attester que ce sont tous deux des musiciens de classe mondiale qui aiment jouer le Rock & Roll. Parfois, si les calendriers sont incompatibles, nous jouons avec Didier Théry, qui est aussi un bassiste incroyable.

En l’écoutant c’est très clair, mais toi, avec quels mots définirais-tu la musique de Carousel Vertigo ? Quelles sont vos influences à chacun ?
Free, Bad Company, Cry of Love, AC/DC, tout comme Whitesnake et Aerosmith à leurs débuts, Humble Pie, Johnny Winter, Black Crowes, Nazareth, Freddie King, Foghat, Montrose, Cheap Trick, Grand Funk Railroad, Chuck Berry, Bachman-Turner Overdrive...
Ce sont avant tout les premières influences qui nous ont décidé Vincent et moi à jouer de la guitare quand nous étions gamins, et elles sont toutes évidentes sur notre nouvel album.

Qui fait quoi ? Comment s’organise votre travail de composition et d’écriture ?
   - Vincent Martinez - Lead Vocal, Guitar
   - Jansen Press - Guitar, Vocal
   - Olivier Brossard - Bass, Vocal
    - Jimmy Montout - Drums, Vocal

J'ai produit notre EP ainsi que "Mighty" et "Revenge of Rock And Roll".
En ce qui concerne notre processus d'écriture, c'est principalement Vincent et moi-même avec l’auteur-compositeur Jolynn Daniel. Vincent ou moi arrivons avec l’ébauche d'une idée pour une chanson. Ensuite, Vincent va travailler sa voix au micro pour trouver des idées mélodiques. A partir de là, nous apportons un morceau précis à Jolynn qui nous aide à renforcer la structure de la chanson et les paroles, tout en améliorant et en travaillant la mélodie originale. Notre process d’écriture est vraiment un travail d'équipe et cela semble bien fonctionner pour nous.

 
Un titre absolument sublime nous interpelle forcément tous, "Don’t Take it To Heart", écrit au lendemain des attentats du 13 novembre, au Bataclan notamment. Nous étions tous atterrés ce jour-là. Est-il plus instinctif que n’importe quel autre ?
Oui, je suppose que c'est ça. Je veux dire, presque tous ceux que nous connaissons en Amérique cherchaient à savoir comment nous allions ce jour-là. Comment pourrait-on ne pas être affecté ? Peut-être parce que cela m'a rappelé le 11 septembre, ou parce que cela impliquait aussi la communauté musicale. Ça a vraiment frappé notre famille, et cette chanson est née directement de ce sentiment.

Revenge of Rock and Roll, ce choix de titre n’est pas innocent et peut signifier beaucoup de choses. Le rock est mort, vive le rock ! ainsi démarre votre présentation à la presse. Où en est-on du rock aujourd’hui selon toi ?
Le Rock and Roll a en effet une place vraiment intéressante de nos jours. La musique en général aujourd'hui est devenue tellement fragmentée en beaucoup de genres et sous-genres. Mais je pense que nous sommes peut-être tout près d'une sorte de renaissance du Rock and Roll et je sais que je ne suis pas seul à le penser. Le Wall Street Journal vient de publier un article sur le nouveau groupe américain Greta Van Fleet et parle d'une résurgence du rock and roll. J'ai également lu récemment dans le magazine Variety que les stations de radio grand public aux Etats-Unis pourraient commencer à ouvrir à nouveau leurs playlists aux groupes rock and roll.

Il y a Tyler Bryant et The Shakedown, The Struts, Biters, The Lemon Twigs, The Temperance Movement, Monster Truck, et d'autres qui ont bouleversé le paysage récemment avec un retour aux tendances classiques... Les esprits évoluent, et il me semble qu’on est à l’aube de changements. Mon espoir est que Carousel Vertigo puisse également avoir sa place dans cet élan.

Où et dans quelles conditions a été enregistré l’album ; avec qui ?
Nous avons découpé les pistes de base au Studio Terrific près de Paris avec Didier Théry. Didier est également l’ingé-son de Shaka Ponk. Il a une très bonne oreille et a été vraiment patient avec nous. Ensuite, nous avons apporté les pistes à mon studio pour “overduber “ les guitares et les voix. Olivier et Vincent possèdent aussi un studio pour faire des overdubs. Nous avons eu beaucoup de chance d'avoir Michael Webb sur l'album. Il jouait avec John Fogerty de Creedence Clearwater Revival et a travaillé en studio avec Rival Sons. Il a fait ses parties à Nashville, puis nous avons demandé à mon pote David Biglin (Leslie West, Johnny Winter) d’enregistrer ses parties de clavier sur deux chansons depuis son studio au New Jersey. Nous avons également une section de cuivres sur une piste et tout a été mis en place par Michael Ghegan (également musicien du New Jersey) qui est en tournée avec Roger Hodgson de Supertramp.

Il va de soi qu’on ne peut pas passer à côté de la présence de Garry Tallent, bassiste du E Street Band avec Bruce Springsteen ! Toi-même originaire du New Jersey, tu as notamment vécu à Nashville. Je ne sais pas si c’est ce qui a fait la connexion, mais comment arrive-t-on à le convaincre, lui, de jouer pour un groupe créé il y a peu ? Et comment techniquement cela s’est-il passé ?
J’ai rencontré Garry quand je vivais à Nashville. Je pense que les musiciens du New Jersey s’unissent facilement les uns avec les autres. J'ai travaillé avec Garry sur un album que j'ai produit pour Dualtone Records à Nashville, et nous nous sommes revus au fil des années quand Bruce (Springsteen) venait jouer à Paris. C'était assez simple... Il était entre deux tournées avec Bruce tout en travaillant sur son propre album solo, et je lui ai demandé s'il aimerait jouer sur "Hideaway". Je pensais qu'il serait parfait pour jouer sur cette piste. Quelques jours plus tard, il m'a envoyé un courriel avec les fichiers .wav. Il a déchiré sur cette partie de basse ! En plus de jouer avec Bruce sur toute sa musique, Garry a également joué de la basse sur l'un de mes albums préférés: “You Are Never Alone with a Schizophrenic“ de Ian Hunter. Je recommande fortement cet album, pour sûr, un put*** de disque Rock !

Alors là, tu vas me faire le plaisir de développer ! Côté guitares, amplis, effets, quel matériel a été utilisé ? Comment ? Pourquoi ? Dis-nous tout !
Nous avons utilisé tout ce qui nous semblait bien, ha ha... ! Nous aimons le son des guitares Gibson bien sûr, et la recette Rock and Roll d'une SG avec une Les Paul est tellement intemporelle. Vincent et moi sommes tous les deux endorsés par Blackstar Amps et nous aimons vraiment la simplicité de leurs circuits et de leur tonalité.
Ma guitare principale pour l'album était une Les Paul Custom 2012 VOS Black Beauty avec un manche en érable non verni. Son nom est "Mabel" et elle est la guitare parfaite pour le cahier des charges. C’est étrange parfois, lorsque vous jouez sur une guitare pour la première fois, c’est elle qui vous choisit et non l’inverse. J'aime de temps en temps compléter mes morceaux avec une ES335 ou une Les Paul Special avec des micros P90 pour offrir un contraste sonore. La SG des années 90 de Vincent (sa première Gibson... !) est aussi partout dans le nouvel album. Il a également joué un peu avec une BC Rich Mockingbird de la fin des années 70.
En ce qui concerne les pédales, Vincent utilise différents overdrives : Boss DS-1, DOD des années 80, ainsi qu'un Hughes & Kettner à 3 canaux.
Personnellement, j'utilise la Klon KTR, la Strymon Riverside, la Nobels ODR-1, la Friedman BE-OD, ainsi que la Bogner Burnley.
Je cherche toujours à trouver ce "grain" parfait pour une chanson particulière.

Quels sont les actus et projets ? Une tournée est-elle en train de se monter ? A la date où nous faisons l’interview, vous préparez votre show du 2 décembre à La Boule Noire, en première partie du Alice Cooper Band. Vous avez également fait la première partie de Status Quo. Ce type de date met-il une pression supplémentaire à vos répétitions ?
Nous avons prévu une tournée au Royaume-Uni au début de mars 2018 pour coïncider avec la sortie de notre deuxième vidéo qui devrait sortir à la mi-janvier. En répétition, nous jouons le spectacle tel que nous voulons qu’il soit. Peu importe la taille de la scène, qu'il s'agisse d'un set de 30 minutes en première partie de Status Quo à Powderham Castle ou au Casino de Paris, d'un passage de 75 minutes en tête d’affiche au Crossed Guitars Festival ou plus récemment à La Boule Noire, le but est d'avoir un impact positif sur notre public et de créer une forte connexion à travers notre musique et notre performance.

De qui, de quoi auriez-vous besoin pour le bon développement du groupe ? Vous êtes-vous donné des objectifs à atteindre ? Vous avez un manager, Mike Hrano, que tu peux nous présenter.
Mike est notre fan n° 1 et il est avec nous quasiment depuis le début. Je pense que pour n'importe quel groupe ou artiste musical aujourd'hui, et compte tenu du contexte actuel dans l'industrie, l'objectif le plus important  est d’avoir un public. La connexion avec le public et l'impact musical sont des plus importants. Tu dois aussi avoir de bonnes chansons. Sans bonnes chansons qui restent en tête, il est très difficile d’avancer quel que soit ce que tu attends, et d'être compétitif quel que soit ton style. Tout commence avec un riff ou une chanson. Notre objectif est assez simple : créer le meilleur impact musical possible sur une performance donnée. Finalement, les gens te retiendront particulièrement selon comment tu construis ton identité et avec un peu de chance resteront dans ton sillage. Obtenir des fans et gagner leur confiance est la clé du développement de tout groupe sérieux souhaitant évoluer et être pris au sérieux. Récolter des fans naturellement est la clé du succès dans n'importe quel genre de musique. Nous nous efforçons de donner un sens à la communauté Rock and Roll et d'appartenir à notre public lors de nos spectacles, peu importe combien de temps nous jouons sur scène.

Pas de question, la voie est libre pour dire ce que tu veux !
Je veux juste te remercier d'avoir pris le temps de t’intéresser à Carousel Vertigo, c'est en effet un groupe spécial et nous apprécions vraiment cela. Parlant pour le groupe, je veux aussi dire un mot sur Vincent Martinez qui est fondamental et l'énorme talent qui a vraiment rassemblé toute l'équipe. Je veux dire “Ho mec... ! quand Vincent tape sur cette SG, monte son ampli et ouvre la bouche pour chanter, la magie opère". Pourtant, nous ne sommes pas des magiciens. Nous sommes simplement des musiciens qui faisons ce que nous aimons, et espérons que tout le monde l'aime aussi.

Dates de concerts :

1er Mars - 13 Mars 2018 • UK Tour
26 Avril • La Boule Noire (Paris) avec Rhino's Revenge (John "Rhino" Edwards de Status Quo)
11 Mai • Crossed Guitars Festival • Frieschepalen NL
... Plus de dates très bientôt !

Liens Internet :

http://www.carouselvertigo.com/
www.facebook.com/carouselvertigo/
https://carouselvertigo.bandcamp.com/

Cette rubrique est aussi la vôtre, alors n'hésitez pas à envoyer vos productions pour être interviewé par Maritta Calvez à maritta[a]guitariste.com (remplacez le [a] par @).

POUR ALLER PLUS LOIN

Scène ouverte :
  • [Interviews] [Scène Ouverte] Jet Banana - Master is the Enemy
  • [Actualité] Watusi en concert à Paris le 24 novembre aux Disquaires
  • [Interviews] [Scène Ouverte] - Édition spéciale changement de line-up - Geoffroy Lebon / NO RETURN - The Curse Within
  • [Interviews] [Scène Ouverte] Zantek
  • [Interviews] [Scène Ouverte] Marécage
  • [Interviews] [Scène Ouverte] We Are Milk
  • [Interviews] [Scène Ouverte] Strakelin - Escaping Sheeple Nation
  • [Interviews] [Scène Ouverte] Chiendent - Perdre sa chair
  • [Interviews] [Scène Ouverte] So Was the Sun - Plastic Gun Fight
  • [Interviews] [Scène Ouverte] Lonely Longhorn - Beast But Class
  • [Interviews] [Scène Ouverte] Blake Diamond & the Pearls. Get what you deserve !
  • [Interviews] [Scène Ouverte] TESKA - Primal Scream
  • [Interviews] [Scène Ouverte] The Foolproof Chameleons - Time to Shine
  • [Interviews] [Scène Ouverte] Teleferik : Lune Electric
  • [Interviews] [Scène Ouverte] Kirin Dosha – Recovery (Démo)
  • [Interviews] [Scène Ouverte] Shake the Deaf
  • [Interviews] [Scène Ouverte] Holispark - The Harvest
  • [Interviews] [Scène Ouverte] Soulfakers - Where the lights dance
  • [Interviews] [Scène Ouverte] DoctoR DooM - This seed we have sown
  • [Interviews] [Scène Ouverte] Moosy - L'Orignal
  • DISCUSSIONS SUR LES FORUMS

    COMMENTER l'ARTICLE

    Laisser un commentaire à propos de cet article :
    Nom d'utilisateur :
    Mot de passe :
    Créer un compte gratuitement