Le topic du Rock Progressif

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Anaon
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Bonjour,

Voilà, suite au sujet sur Transatlantic et aux recherches infructueuses, je me permets de lancer ce sujet sur un style très riche afin de partager nos découvertes, les classiques incontournables que l'on adore et les étoiles montantes.

Des maîtres de "l'âge d'or" du style, Yes, Genesis, King Crimson, ELP, Camel, Magma et tant d'autres, aux groupes modernes qui ont soit repris le flambeau au pied de la lettre de façon impressionnante (Spock's Beard, Flower Kings, la scène Scandinave, Neal Morse, The Mars Volta) ou bien choisi au contraire une voie plus "créative" ou comtemporaine (Porcupine Tree, Oceansize, Pure Reason Revolution, The Decemberists...), les discussions peuvent être vastes

Quant au metal progressif, je pense qu'il mériterait un sujet à part entière, le rock progressif étant déjà suffisamment vaste et riche en sous-genres

Quel est le rock prog que vous préférez? Vos groupes favoris? Vos albums cultes? Jouez-vous dans un groupe de rock prog? (c'est l'occasion d'en parler ici) C'est à vous

(les critiques du genre sont les bienvenues, après si ça se limite aux clichés habituels sur le style (style pompeux, démonstratif, incohérent, etc etc) après une écoute de Pawn Hearts sur son ipod dans le métro, c'est moyen...Allez un petit lien marrant qui résume tous ces clichés : http://www.cracked.com/funny-2359-progressive-rock/ )










Trois ouvrages excellents sur le rock progressif :

Chroniques du Rock Progressif de Frédéric Delâge : Idéal pour découvrir les classiques incontournables du genre à travers des chroniques très bien écrites


Progressive Rock Vinyls : Dans le même genre en images et qui s'étend sur une période plus longue


Le rock progressif anglais (1967-1977) de Christophe Pirenne : Analyse poussée du genre (il s'agit d'une thèse), très intéressant!!

A noter également qu'il existe désormais une version prog de Classic Prog qui devrait ravir tous les amateurs du genre, les premiers numéros sont vraiment passionnants!!


Voilà pour le moment, en espérant que ce sujet soit vivant
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Anaon
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Inscrit le: 22 Nov 03
Localisation: Bretagne

Allez je me lance avec mes albums favoris du genre...



Dans le classique...
Yes - Close To The Edge
Genesis - Selling England By The Pound
King Crimson - Red
Van Der Graaf Generator - Still Life
Jethro Tull - Thich As A Brick
Harmonium - Si On Avait Besoin d'une Cinquième Saison
Magma - Udu Wudu
Emerson, Lake And Palmer - Brain Salad Surgery
Camel - Mirage
Caravan - In The Land Of Grey And Pink

Dans le plus moderne...
Porcupine Tree - In Absentia
Pure Reason Revolution - The Dark Third
Neal Morse - Sola Scriptura
The Decemberists - The Crane Wife
The Mars Volta - Deloused In The Comatorium
Oceansize - Effloresce
The Von Hertzen Brothers - Love Remains The Same
Transatlantic - SMPTe

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manrique
Inscrit le: 07 Nov 09
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Un bel article de Gilles Tordjman paru dans "Vibrations" dans lequel le cas du rock progressif est évoqué :

http://blogs.myspace.com/index.cfm?fuseaction=blog.viewcustom&friendId[...]true

L'AUTISME CRITIQUE, par Gilles Tordjman
Vibrations, 2005

C'est une question qui n'occupe pas grand monde, mais ceux qui se la posent ont au moins le plaisir de pouvoir se compter: pourquoi la critique musicale n'a jusqu'ici - à de très marginales exceptions près - jamais produit aucune critique sociale ? Pourquoi, alors que le discours sur le cinéma, la littérature, les arts plastiques ou l'architecture ont acquis sans discussion le droit de dire quelque chose du monde, le discours sur la musique reste-t-il cantonné à son pré carré; en gros: une aimable affaire de vieux garçons spécialisés, enfilant des perles tautologiques, sans jamais rien remettre en cause ? Il y a évidemment quantité de raisons, mais il y a une explication majeure: en devenant l'art le plus disséminé, et par conséquent le plus poreux au dévoiement de la marchandise, la musique a peu à peu perdu sa singularité artistique pour devenir un simple objet de consommation: on l'entend partout, tout le temps, en toute occasion. Tant et si bien qu'elle est devenue une sorte de condiment: disons ce qu'est la moutarde au steak haché de la vie quotidienne. Ce phénomène transcende les genres et l'on ne nous fera pas dire qu'il s'est aggravé avec l'essor des musiques populaires au vingtième siècle: la critique des musiques dites «savantes» s'est également montrée, et depuis plus longtemps, pareillement autiste. Et puis, comme l'a dit si justement André Hodeir (l'un des seuls critiques à avoir tenté d'amplifier l'exercice de la critique), la nuisance ne vient jamais du caractère populaire d'une musique, seulement de son caractère commercial. Encore faudrait-il que quelques voix s'élèvent contre ces nuisances. Si elles existent, elles sont inaudibles.

L'enjeu financier et commercial des musiques actuelles est, on l'a encore constaté ces derniers mois avec les débats sur la crise du CD et le téléchargement, énorme. Mais qu'en est-il de l'enjeu esthétique et social de la musique d'aujourd'hui? Qui se pose la question de faire avancer un langage et une pratique? Où est passée l'expérimentation? On veut bien admettre, pour la forme, qu'il n'y a pas de progrès en art - encore qu'on ne voit très bien pourquoi cette affirmation ne se discuterait pas. Mais il faut également reconnaître qu'une expression qui n'avance pas se condamne à stagner, au mieux, ou à régresser. Et personne ne niera que les musiques les plus exposées à l'heure actuelle sont aussi les plus régressives. Elles ajoutent au refus de la prise de risque la réitération d'un savoir-faire roué et cynique. Ce qui a marché hier devrait logiquement marcher aujourd'hui, y'a pas de raisons. Quelques sonorités ou trucs de production apportent parfois une prétendue nouveauté, mais c'est comme dans le langage parlé: on importe des signifiants neufs, de nouveaux mots, sans jamais que la syntaxe évolue en profondeur. Il est plaisant de constater qu'une quasi-unanimité s'est faite dans la détestation du «rock progressif» des années 70. Mais si le genre a effectivement produit quelques horreurs, on s'explique pourtant mal pourquoi il a cristallisé tant de haine. Qu'est-ce qui est devenu inacceptable, au fond, si ce n'est l'esprit d'aventure, le chamboulement du format pop, le goût de la recherche (avec ses errements et ses échecs, comme dans toute recherche) que résume assez justement ce terme de «progressif»? Qu'est-ce qui fait si peur? La perspective de ne pas passer en radio? On en est là? On en est là.

Imagine-t-on que, demain, le théâtre, le cinéma, la littérature ou les arts plastiques cessent de questionner le monde: cent voix s'élèveraient d'un peu partout pour le déplorer. Or, cet abandon est devenu aujourd'hui la condition d'existence des musiques actuelles qui se satisfont assez bien du statut de pur divertissement, quand elles ne le revendiquent pas. Retrouver le jeu, l'enjeu, le risque et l'ardeur de la découverte sera la tâche agréable des musiciens de demain. Et d'une critique digne de ce nom.

■ Gilles Tordjman
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hyperfrench
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Inscrit le: 17 Dec 03
Localisation: Lille/Paris

ok pour tout, sauf les Decemberists, je vois vraiment pas où c'est prog (du moins dans The Crane Wife, parce que dans le dernier album il parait que c'est vaguement prog en effet, mais pas du tout sur les précédents à mon avis).


Sinon:

Gong - Camembert Electrique




et certains albums d'Omar Rodriguez-Lopez dont:



avec Damo Suzuki.

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lemg
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Inscrit le: 20 Aug 04
Localisation: Loin des micros actifs.

Alors...

Je constate que Genesis mis à part (pour des raisons que j'ignore) j'ai beaucoup de mal avec le prog pur et dur.
Ou plus exactement avec l'idée qu'on se fait du prog.

Exemple : je suis allé voir le Progressive Nation avec Dream Theater en tête d'affiche et j'ai remarqué que suite au concert, pas mal de gens pensaient qu'un groupe comme Unexpect n'avait pas sa place sur l'affiche.
Alors que pour moi, même si j'ai trouvé ça pas mal sans plus, ils étaient peut-être les plus progressifs, en ce sens qu'ils tordaient leur musique dans tous les sens pour les faire ressembler à...
A quoi je ne sais pas mais ils ont l'air d'essayer.

Bref, si la définition du prog est morceaux longs + structures complexes + solos virtuoses + mise à mort du 4/4 alors je maintiens, je ne suis pas un farouche défenseur de la chose.

Yes, je peux aimer ou détester selon les morceaux et Wakeman (le père) m'indiffère.
King Crimson, j'aime surtout Larks' tongues in aspic, où la période Belew. Red est quand même bon. En revanche je n'accroche pas plus que ça aux premiers.
De ce que j'en connais, ELP me sort par les trous de nez.
Magma, Gong, tout ça, ce n'est pas mon truc.

Dans les récents, je n'ai par exemple jamais pu accrocher à Spock's beard. Que ce soit sur scène ou sur disque.
Mars Volta, c'est comme Yes, ça va dépendre des morceaux.

Non, je vais préférer un Marillion qui dans sa période Hogarth (les débuts) va violenter une pop glacée pour arriver à quelque chose de jouissif.
Ou le Porcupine Tree dernière période.
Où encore Tool.

Et puis reste LE cas.
Rush.
Vais avoir du mal à dire que je n'aime pas.
Toutefois, pour moi ce groupe n'a jamais été vraiment prog. Ils ont eu une période, très courte, où ils ont flirté avec les codes du genre (qui se voulait les briser en permanence, bravo, c'est réussi ). La deuxième période du groupe, de 76 à 79 dirons-nous. Et encore, on n'est ni chez Yes, ni chez King Crimson.
Et de toute façon, ma période préférée du groupe est celle qui suit. L'enchaînement Permanent waves/Moving pictures/Signals/Grace under pressure (et même Power windows tiens !) obtient toutes mes faveurs.

Bon, encore deux choses après ce pavé indigeste (cohérent au vu du sujet diront certains).

J'ignore si vous considérez Pink Floyd comme du prog mais j'adore ce groupe.

Le metal progressif se résume chez moi à un groupe : Dream Theater. Pour le reste, c'est un genre qui m'ennuie profondément. De Symphony X à Fates Warning (considérés comme des précurseurs si j'ai bien tout suivi), ça me laisse froid.
En revanche, DT fait partie des groupes que je suis depuis des années sans me lasser, et avec toujours autant d'intérêt.
Allez savoir pourquoi. (J'ai ma petite idée.)

Ouf, c'est fini.

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Loann
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Inscrit le: 13 Jun 09
Localisation: Genève (Suisse)

Le problème de séparer le rock progressif du metal progressif, c'est que la frontière est très subjective (en plus, certains groupes s'amusent à sauter de l'un à l'autre parfois en plein milieu d'un morceau). D'ailleurs j'écoute plein de trucs qui sont à la limite. Quelques-uns de mes préférés :

Pain of Salvation - Remedy Lane
Porcupine Tree - Deadwing
Riverside - Rapid Eye Movement
Beyond Twilight - For the Love of Art and the Making
King Crimson - Eyes Wide Open (DVD live)
Lazuli - En avant doute
Tool - Lateralus
The Flower Kings - Paradox Hotel
Marillion - Script for a Jester's Tears
Queensrÿche - Promised Land
Opeth - Blackwater park
Ayreon - 01011001


Et puis sinon, dernièrement j'ai joué de la batterie pendant une année avec un p'tit groupe local qui s'appelle Silesie (et qui doit sortir son 2ème album, auquel j'ai modestement contribué, tout prochainement)
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skysurf51
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Inscrit le: 29 Apr 04
Localisation: Washington DC

Je n'ecoute pas beaucoup de rock prog, mais j'ai decouvert Marillion a l'age de 9 ans, et je ne m'en suis pas remis depuis. "Misplaced Childhood", "Clutching at straws", "Fugazi" sont leurs albums qui m'ont le plus marque.
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Anaon
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Inscrit le: 22 Nov 03
Localisation: Bretagne

Je suis d'accord que la limite metal/rock prog est parfois difficile à cerner mais globalement avec des groupes comme Vanden Plas, Pagan's Mind, Shadow Gallery ou Fates Warning par exemple, je pense surtout à ce genre de groupes clairement orienté metal déjà au niveau du son, la différence est bien marquée.

Citation:
Exemple : je suis allé voir le Progressive Nation avec Dream Theater en tête d'affiche et j'ai remarqué que suite au concert, pas mal de gens pensaient qu'un groupe comme Unexpect n'avait pas sa place sur l'affiche.
Alors que pour moi, même si j'ai trouvé ça pas mal sans plus, ils étaient peut-être les plus progressifs, en ce sens qu'ils tordaient leur musique dans tous les sens pour les faire ressembler à...
A quoi je ne sais pas mais ils ont l'air d'essayer.


Justement c'est ce pourquoi le metal prog m'intéresse moins... Même si y'avait Bigelf (qui fait pas partie des groupes prog qui innovent, c'est tout l'inverse), Progressive Nation c'était plutôt metal globalement et Unexpect était sans doute le groupe le plus intéressant d'un point de vue progressif.

Citation:
Toutefois, pour moi ce groupe n'a jamais été vraiment prog. Ils ont eu une période, très courte, où ils ont flirté avec les codes du genre

Tu trouves vraiment qu'ils n'ont que flirter? Pourquoi en fait? Entre Caress Of Steel, 2112, A Farewell To Kings, Hemispheres, Permanent Waves et Moving Pictures sont considérés comme des classiques du genre... (je suis fan de cette période perso)

Citation:

ok pour tout, sauf les Decemberists, je vois vraiment pas où c'est prog (du moins dans The Crane Wife, parce que dans le dernier album il parait que c'est vaguement prog en effet, mais pas du tout sur les précédents à mon avis).


Ils se sont montrés plus progressifs à partir de l'ep The Tain et son titre unique de 18 minutes, ils ont poursuivi sur cette voie avec les deux albums suivants qui sont très appréciés (voire bien plus) dans le "cercle prog". Après s'il faut que la musique soit technique ou que tous les titres soient longs pour faire du progressif, je comprends ta réserve, d'ailleurs c'est sûrement trop pop pour être prog pour les puristes. Mais ça va au-delà de ça... Les 12 minutes de "The Island" sur The Crane Wife, avec ses différents mouvements, c'est un pur bijou progressif pour moi, sans aucun doute!
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lemg
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Inscrit le: 20 Aug 04
Localisation: Loin des micros actifs.

Anaon a écrit :

Citation:
Toutefois, pour moi ce groupe n'a jamais été vraiment prog. Ils ont eu une période, très courte, où ils ont flirté avec les codes du genre

Tu trouves vraiment qu'ils n'ont que flirter? Pourquoi en fait? Entre Caress Of Steel, 2112, A Farewell To Kings, Hemispheres, Permanent Waves et Moving Pictures sont considérés comme des classiques du genre... (je suis fan de cette période perso)


En fait, on en revient à la définition du genre.
Qu'est-ce donc en fait ?
Est-ce que faire long et coller des mesures en 7/8 suffit à rendre prog ?

Si c'est le cas, alors je reconnais sans peine que Rush a été un groupe prog, mais pendant peu de temps. En prenant large, je dirais que ça commence avec 2112 et ça se termine avec Hemispheres, voire Permanent waves (parce que Jacob's ladder et Natural science). Moving pictures ne l'est déjà plus.
Tu vas me dire, et The camera eye ?
Et je vais te répondre qu'à part dépasser les dix minutes je ne vois pas en quoi il se réfère aux codes prog. Avec son côté répétitif, lancinant, ses sonorités de synthé, j'ai plus l'impression d'être du côté de Kraftwerk que chez Yes.
Et si je m'attarde sur 2112, j'y vois plus un enchaînement de morceaux brefs pouvant pour nombre d'entre eux exister individuellement.
Un peu comme le dernier Porcupine Tree.
Rien en tout cas qui ne me le fasse ranger dans la même catégorie qu'un Close to the edge, ou Echoes, ou Atom heart mother qui pour moi sont des unités.

Intéressante discussion, pour le moins. (Oui, surtout pour le moins. )

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Henry Spencer
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Inscrit le: 05 Jan 07
Localisation: Paris

Peut-on considérer Archive comme du prog ? Avec des morceaux comme Again, j'aurais du mal à les considérer autrement, même si à la base c'est du trip-hop.

Perso, je trouve que le rock prog est un des meilleurs aboutissement du rock. Ça en fait sans doute mon style préféré.
En revanche, c'est aussi un des concept les plus maltraités. Ce qui me pousse à profondément exécrer pas mal de groupes de prog pour le massacre de leurs propres idées.

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Your mother is so fat, the escape velocity at her surface exceeds 3*10^8 M/S.
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