Félicitations à MGMT !

Publié le 12/07/2010 par la redaction
Autrefois artiste le plus plébiscité par les publicitaires, Moby a laissé sa place aux New Yorkais extrêmement hype de MGMT. Arrivant aujourd'hui avec son second LP (si l'on excepte Climbing To New Lows), le groupe emmené par Andrew Van Wyngarden et Ben Martin Goldwasser prend le contrepied d'Oracular Spectacular et son avalanche d'hymnes surestimés. Congratulations se définit par une cohésion plus forte : aucune chanson ne prend le pas sur les autres malgré des errements de style à la hauteur des envies constantes d'expérimentations du groupe. Alors, à l'heure où tout le monde y va de son commentaire sur le disque, que vaut-il vraiment ?
Une chose est sûre : le groupe a trouvé la pochette idéale pour représenter la musique de Congratulations. Le léger vent de folie qui forme une vague animale prête à dévorer un renard cartoonesque sur fond de psychédélisme ressemble certes à l'image que l'on peut se faire des rêves de Hunter S. Thompson ou de Syd Barrett mais il convient également très bien à la pop synthétisée, entre ambient, new wave et éléments sixties, de MGMT.

En n'enregistrant pas de nouveau avec Dave Fridmann, les auteurs de Kids évitent intelligemment de devenir les meilleurs clones de The Flaming Lips. Du coup, l'album tient plus de Phil Spector, autant dans le mur de son déployé que dans les harmonies vocales qui émaillent les neuf pistes, que de l'esprit vagabond de Wayne Coyne. Il en résulte une simplicité contrastée et inattendue. MGMT cherche la maturité et celle-ci, selon eux, passe par un repli des éléments modernes au profit de sonorités surf / garage / indie comme sur « Lady Dada's Nightmare » ou « Flash Delirium », le premier single qui montre bien où se situent actuellement nos protagonistes.

De la même façon, « Siberian Breaks » paraît vouloir comprimer quarante ans de pop en une longue suite, vaguement progressive et relativement décousue, de douze minutes. Le résultat, extrêmement décevant, ennuie plus qu'il ne séduit. Même sans attendre des passages catchy comme « Time To Pretend », « Kids » ou « Electic Feel », il ne semblait pas impensable d'y trouver quelques accroches mélodiques pour survivre à douze minutes lancinantes qui ne « décollent » que lors de la partie instrumentale finale. Au lieu de cela, on a droit à ce qui ressemble un peu trop à un hippie singer-songwriter qui aurait droit à un featuring sur un album d'Air.

Congratulations contient toutefois quelques franches victoires. A en croire « It's Working », « Song For Dan Tracy » ou « Brian Eno », le salut du groupe passe par l'accélération du tempo. Plutôt que de diluer leurs idées délirantes dans dans des ballades ou des plages aérées, ces titres permettent à MGMT d'appuyer sur le champignon – hallucinogène, bien sûr – et à communiquer facilement leur entrain à qui veut bien. Assurément, Congratulations plaira à un public différent de celui d'Oracular Spectacular et au vu des changements apportés on peut imaginer que le groupe fera des surprises et
des revirements de style sa marque de fabrique pour les années à venir.


Line-up :
Andrew Van Wyngarden (chant, instruments)
Ben Martin Goldwasser (claviers)
Matt Asti (instruments)
James Richardson (instruments)
Will Berman (instruments)

Tracklist de Congratulations (en gras les morceaux essentiels)
:
1. It's Working 4:06
2. Song for Dan Treacy 4:09

3. Someone's Missing 2:29
4. Flash Delirium 4:15
5. I Found a Whistle 3:40
6. Siberian Breaks 12:09
7. Brian Eno 4:31
8. Lady Dada's Nightmare 4:31
9. Congratulations 3:55

Discographie :

Climbing to New Lows (2005) (en tant que The Management)
Oracular Spectacular (2007)
Congratulations (2010)

MGMT – Congratulations
Columbia
www.whoismgmt.com

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