Hassan Hajdi, un homme de l'ombre

Nicolas Didier Barriac - Le 18 Mars 2015

Partenaire depuis vingt ans de Christian Décamps, Hassan Hajdi est l'homme de l’ombre par excellence. Mais ce professeur au MAI, qui a joué aux côtés des plus grands, est avant tout un guitariste remarquable dont le style se prête aussi bien aux compositions alambiquées et tortueuses qu'aux pépites pop. Alors qu'il est occupé par son projet-hommage à Jimi Hendrix et la sortie à venir du second volet de Gilded Cage, Hassan Hajdi fait un détour par Guitariste.com pour quelques confessions.

Tu as partagé la scène avec un nombre incroyablement diversifié d'artistes, allant piocher dans la pop, le rock, la variété, le prog'... Comment expliques-tu ce côté touche à tout ?
Hassan Hajdi : Par nature, j’ai des goûts très éclectiques, j’aime beaucoup de styles très variés allant des Beatles à Miles Davis, de Stevie Wonder à Allan Holdsworth, de ZZ Top à Jean Sébastien Bach, etc.

Tu mènes aussi une carrière solo en parallèle : est-ce que c'est dans ce cadre que tu trouves le plus de satisfaction artistiques ?
H. H. : J’aime tous les projets auxquels je participe, j’ai la chance de pouvoirs les sélectionner la plupart de temps. La satisfaction de jouer mon projet artistique est différente de celle vécue dans les autres projets, pour autant, je ne peux pas dire que j’éprouve plus ou moins de plaisir. Pour moi c’est un nouveau challenge à relever, à savoir, gérer une aventure de A à Z, ce qui ne m’était jamais arrivé !

Beaucoup de gens te connaissent pour ton implication dans Ange depuis le milieu des années 90. Comment t'es-tu retrouvé dans ce groupe mythique ?
H. H. : J’ai collaboré à la composition d’un album (En un instant damné) avec Pierre Hanot en 94-95, artiste qui à cette époque était professeur tout comme moi au CMCN, l’ancêtre de la Music Academy International. Il y donnait des cours d’écriture (chansons) et avait comme élève, entre autres, Tristan Décamps.
Dans la même période Christian Décamps, fondateur du groupe Ange, se séparait du guitariste de son groupe qui s’appelait alors Décamps et fils. Tristan a eu l’album de Pierre Hanot en main et après l’avoir fait écouter à son père a décidé de me contacter. C’est une bonne idée qu’il a eue là (rires). S’en est suivi un tournant artistique majeur dans ma petite carrière !

Il est assez difficile de rester créatif, même avec des changements de line-up, dans un groupe qui existe depuis si longtemps. Pourtant Ange y parvient. Quel est le secret ?
H. H. : Je pense que le secret réside dans le fait que Christian ne cherche à suivre aucune mode, même s’il écoute toujours des nouveaux artistes, très variés.

On retrouve dans ton jeu une alliance permanente de technique et de légèreté. Comment es-tu arrivé à cet équilibre ? As-tu une admiration particulière pour les artistes polyvalents ?
H. H. : J’aime les guitaristes qui ont un style très marqué, je pense à Holdsworth, Zappa, Steve Vaï, Hendrix, Metheny… Je ne les trouve pas particulièrement polyvalents… J’ai travaillé et douté durant des années et aujourd’hui, quand je joue je ne me pose plus de questions, je m’amuse. Je ne cherche ni à être technique, léger ou quoi que ce soit !

Tu vas rendre hommage à Jimi Hendrix à travers un disque entier. En matière d'alliances de styles, a-t-on beaucoup mieux que lui ?
H. H. : Je ne sais pas comparer mes maîtres entre eux, si c’est bien le sujet de la question… Chacune de mes influences m’a apporté un bagage artistique particulier !

J'ai lu que Jimi Hendrix t'avait amené vers la guitare électrique à un jeune âge. Quels sont les guitaristes qui ont confirmé cet intérêt pour l'instrument et qui t'ont poussé à donner le meilleur de toi-même ?
H. H. : Il y a Hendrix, Johnny Winter, Van Halen, Malmsteen Paul Gilbert, Holdsworth, Robben Ford, Larry Carlton, Michel Cusson, Mike Stern, Scofield, Zappa, Steve Vaï, Pat Metheny, Georges Benson, Oscar Peterson, Tommy Flannagan, Keith Jarret… La liste est encore longue

Quel équipement utilises-tu en studio ? Et sur scène avec Ange, par exemple ?
H. H. : En studio, j’utilise un preamp Brunetti Mille, l’ampli de puissance Silver Bullet Brunetti, le Torpedo Live pour les simulations micros et cabines… Sur scène, c’est pareil sans l’ampli de puissance qui est simulé par le Torpedo et j’utilise quelques effets et pédales… J’ai pas mal changé de configurations ces derniers temps et suis en mode rénovation ces temps-ci.

Tu es un prof reconnu de guitare. Entre ces obligations professionnelles, ta carrière ou projet solo et les participations diverses, t'arrive-t-il de faire une overdose de guitare ?
H. H. : Non pas du tout, par contre, je peux très vite faire une overdose d’absence de guitare (rires) !

Tu es un grand amoureux et défenseur de l'impro. Quels conseils donnerais-tu aux guitaristes qui n'osent pas se lancer ?
H. H. : Je conseille de prendre des cours, étant autodidacte, je me rends compte aujourd’hui, de l’incroyable raccourci que représente un bon prof de musique ! Ne surtout pas hésiter. Et également : reprendre toutes les impro des maitres qui nous touchent profondément ! Ce sont les deux piliers de l’apprentissage en la matière !

Quels sont tes projets pour 2015 ?
H. H. : Pour 2015, je veux et je dois finaliser les projets commencés en 2014, à savoir : un DVD live où je joue mon album Gilded Cage, un EP hommage à Jimi Hendrix, un album dans lequel je déconne totalement en jouant des mash-ups de mon cru et le deuxième volet de Gilded Cage. Tout cela est déjà en route…

Hassan Hajdi
www.hassanhajdi.com

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