The Last Embrace – The Winding Path

Publié le 27/05/2015 par Nicolas Didier Barriac
Les Frenchies de The Last Embrace ont bien évolué depuis leurs débuts. Sous l’influence de The Gathering, les voilà transformés en émulation prog’ ! Etonnante trajectoire pour un groupe qui a réussi à préserver son charme au fil des années. On discute de tout ça et du nouvel album, The Winding Path, en compagnie du guitariste Olivier.

The Winding Path semble plus ancré que jamais dans un son rock progressif. C'est quelque chose issu de l'expérience acoustique qui a duré quelques années entre le précédent disque et sa tournée ?
Olivier : Essentia notre précédent album acoustique était une envie de longue date car nous avons toujours cette facette dans notre musique. Nous avons concrétisé ce projet suite au départ d'Alexis, notre précédent ancien batteur. Réaliser cet album a été doublement important pour nous. Cela nous a permis de rester actifs en live et en studio à un moment où n'importe quel autre groupe purement « metal », au vu de l'importance de la batterie dans ce style, aurait été obligé de se mettre en stand by. De plus, Chris le nouveau batteur fraichement arrivé au milieu des sessions d'enregistrement et Anthony notre bassiste ont spontanément eu d'excellentes idées à proposer, ce qui a permis de faire parfaitement la transition et d'apprendre à se connaître. Cela a t-il contribué au caractère plus progressif de The Winding Path ? Je ne pense pas… Disons que c'était une expérience nécessaire pour arriver là où on en est aujourd'hui !

The Last Embrace a toujours été multi-facettes. Vous avez du mal à vous satisfaire d'un son ou vous êtes toujours en quête du vôtre ?
O. : Ni l'un ni l'autre en fait. Comme beaucoup de groupes existant depuis plus de quinze ans on évolue naturellement. De plus, il y a six ans d'écart entre Aerial le précédent « véritable » album et celui-ci ce qui n'est pas rien. On a pas mal vieilli et avons progressé depuis (rires) ! Après, j'estime humblement que l'on a notre propre son et qu'il y a un fil conducteur entre toutes nos productions. Un certain sens de la mélodie et ce contraste douceur / passages plus pêchus. On ne cherche ni à copier quiconque ni à avoir le son du moment. Juste à coucher sur bandes avec sincérité ce que l'on a envie d'entendre. Ceci dit, il est évident que la production de Francis Caste du studio Sainte Marthe est différente des précédentes et nous a permis de passer un cap !

Le morceau The Field Of Minds focalise forcément l'attention par sa durée imposante. Comment s'attaque-t-on à une telle bête quand ce n'est pas forcément son cœur de métier ?
O. : C'est Pierre-Henri (claviers) qui a ramené la structure de cette chanson et le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle nous a donné du fil à retordre (rires). Nous avons passé énormément de temps à travailler collectivement sur celle-ci car sur ce genre de morceaux à tiroirs, on peut vite tomber dans l'ennui ou la démonstration sans cohérence. Le gros du travail a été justement de la rendre intéressante de bout en bout tout en faisant revenir des thèmes mélodiques servant de point de repère, afin d'en faire une véritable chanson. J'ai l'impression que l’on ne s’en est pas trop mal tiré car les premières chroniques placent en général The Field Of Minds comme le point central de l'album.

A côté de cela, les cinq autres morceaux paraissent courts et pourtant ils sont tous assez ambitieux. The Winding Path est-il un disque que tu qualifierais de difficile à appréhender ?
O. : Ambitieux, je ne sais pas, mais travaillés certainement. Nous nous sommes tous beaucoup donnés pour l'élaboration de cet album et à tous les niveaux. Les morceaux on été maquettés en amont et nous avons mal cogité pour que tout soit à sa place. Ce ne fut pas facile surtout au niveau du mix car il y a beaucoup d'arrangements de cordes, de claviers sur une base guitare-basse-batterie assez dynamique. Il a donc fallu faire cohabiter tout ça tout en laissant Sandy (chant) s'exprimer. Effectivement, au premier abord The Winding Path est un album moins évident qu'Aerial ou encore Inside mais il nous semble plus riche et plus cohérent du début à la fin. D'ailleurs, les retours que l'on en a vont dans ce sens pour le moment !

Vos débuts ont été marqués par de fréquentes comparaisons à The Gathering et Antimatter. A présent, vous vous en êtes affranchis. Comment ont évolué vos préférences musicales durant ce laps de temps ? Il me semble que le vieux rock prog' comme Yes ou Genesis n'était pas vraiment ta tasse de thé...
O. : Effectivement, si on m'avait dit que j'apprécierais Yes et Genesis il y a cinq ans, je ne l'aurais pas cru (rires). Pierre Henri m'a tellement saoulé avec ça que j'ai fini par aimer ! Et effectivement, comme je le disais, on s'ouvre en vieillissant. J'ai malgré tout une petite préférence pour l'école plus récente du prog’ avec des groupe tel que Marillion ou Porcupine Tree ou encore le coté plus psyché des Pink Floyd. Je suis également très fan du groupe de prog’ instrumental suédois Änglagård qui fait une musique fantastique. Ceci dit la comparaison avec The Gathering et Antimatter ne m'a jamais dérangé outre mesure car j'apprécie toujours énormément ces artistes.

Tu es le seul membre d'origine du groupe. Comment le travail et la collaboration avec les membres ont-ils changé depuis les débuts ?
O. : La méthode a effectivement évolué avec The Winding Path. Avant, nous avions tendance à tous maquetter individuellement à la maison puis à enregistrer sans même avoir jamais répété ensemble certains morceaux. Ce fut le cas pour Aerial et on ne souhaitait pas renouveler l'expérience. Pour The Winding Path, Pierre-Henri et moi avons ramené les squelettes de compos que nous avons fait tourner collectivement en répétitions, et ce jusqu'à ce que nous soyons tous à cent pour cent satisfait de chaque morceau. Si bien que certaines chansons comme On My Own n'ont plus grand chose à voir avec les versions de départ ! A l'arrivée, l'ensemble coule mieux et a été enrichi par l'apport des autres membres du groupe.

The Winding Path a pu voir le jour grâce à une campagne de financement participatif. On s'est habitués à voir de telles démarches depuis de nombreuses années et pas mal de groupes ont encore besoin de ce modèle. Parle-nous de cette pratique et de ce qui vous pousse vers ce modèle ?
O. : En fait la production de l'album (musique et artwork) était déjà achevée et payée lorsque que nous avons lancé le financement participatif. Donc l'album aurait de toute façon vu le jour même sans. Concrètement ce crowdfunding nous aide à gérer la promotion du disque ainsi que les déplacements, locations et toute la logistique qu’impliquent nos prestations live. Honnêtement je n'étais pas chaud au départ car je n'ai jamais été fan de ce procédé. Mais Sandy notre chanteuse s'est montrée convaincante et à l'arrivée on ne regrette pas d'avoir mis cela en place. Un grand merci aux fans qui se sont montrés très généreux ! Nous avons d'ailleurs explosé le plafond ! Nous avons investi de nos propres fonds pour produire cet album. Nous voyions plus ce système de précommande de l'album (avec des cadeaux exclusifs) comme un complément. Merci également à notre label Longfellow Deeds qui a également beaucoup investi dans ce disque.


The Last Embrace – The Winding Path
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