Transit A, le Preamp guitare acoustique de Trace Acoustic

Chris Martins - Le 01 Février 2019 - Note Guitariste.com : (5/5)
La marque britannique Trace Elliot, fondée en 1979, est probablement une des plus grandes références d'amplification pour les bassistes. La réduire à cela serait un peu vite oublier sa petite soeur, Trace Acoustic, qui est également à compter parmi les labels les plus prestigieux dans sa catégorie. Les amplis pour basse et instruments acoustiques de la marque ont trouvé résidence sur les plus grandes scènes de par le monde et accompagné quelques uns des musiciens les plus respectés. Alors quand un constructeur de ce niveau d'expérience se penche sur une solution de direct compacte pour musicien acoustique, on est forcément curieux de voir ce qu'il a dans sa manche.

Du ramage, du plumage, et un gig bag

A l'ouverture de la boite, on est surpris d'entrée de jeu par la présence d'une petite sacoche de transport qui n'est pas du tout ridicule, avec une très large poche avant qui permettra de ranger à peu près tout ce dont on pourrait avoir besoin en extra. Attention notable et louable, et un peu trop rare. On se surprend également à chercher le préampli, bien caché sous une mousse, et on se dit immédiatement à sa vue que c'est assez fou d'avoir collé autant de trucs dans un boîtier aussi compact... En effet, le petit monstre ne mesure qu'une trentaine de centimètres de large sur une grosse douzaine de profondeur, ce n'est pas lui qui prendra de la place dans l'Austin Mini du batteur dans laquelle tout le groupe voyage avec délectation... 

Par contre, il alourdira pas mal votre bagage en soute en cas de déplacement en avion, car le préampli respire la qualité de fabrication et pèse son poids... Et c'est normal vu tout ce qu'il embarque en termes de fonctions dans un format aussi compact : préampli, compresseur, boost, EQ, chorus, delay, reverb, sélecteur d'impédance d'entrée, de phase, de coupure de fréquence, accordeur, des entrées/sorties multiples... il y a de quoi faire et il trouvera facilement sa place dans quasiment n'importe quelle configuration, sauf en cas de besoin de programmation. Il n'est en effet pas programmable, ou pilotable en MIDI, et donc les réglages de façade sont "les" réglages. Pas de presets, pas de contrôle à distance. Pour certains ce sera rédhibitoire, pour d'autres une qualité. Pour ce type de produit, je ne vois pas spécialement cela comme un problème en soi, mais qui peut le plus peut le moins et avoir un mode "presets", quitte à ce qu'il soit limité à une dizaine aurait pu être inclus. On ne peut pas tout avoir, et on a déjà de quoi faire, comme nous allons le voir. 

Avant de passer aux fonctions, penchons-nous rapidement sur les entrées/sorties,  nombreuses et très bien pensées. Une entrée, avec impédance switchable via le bouton "piezo" en surface, un dry out pour attaquer éventuellement une amplification secondaire, un auxiliaire qui renvoie directement aux différentes sorties sans traitement, et 4 sorties : 2 sur XLR et 2 sur jack 6.35. Les deux XLR sont respectivement Pre ou Post EQ, et les deux sorties jack sont post traitement et fonctionnent comme des sorties gauche/droite, la sortie gauche étant le signal mono en cas d'utilisation exclusive. La plage d'utilisation est donc extrêmement large, et le gain et l'impédance d'entrée étant réglables, les possibilités d'utilisation en studio sont également une option. Une fois la machine branchée, elle s'illumine d'un vert typique de la marque, et les switches sont cerclés d'une couleur unique pour chacun d'entre eux. Pratique sur une scène sombre et pour le coup très lumineux, impossible à rater. 

Et avec tout ça, le son ? 

Alors, vu tout ce que le préampli propose, on va y aller fonction par fonction, histoire de ne rien oublier, car ce qui est en façade cache parfois quelques petites surprises bienvenues et la compacité de l'engin implique parfois aussi quelques concessions. 

Commençons par l'entrée. Le potentiomètre de gain gère en réalité une double fonction : le gain et la compression. Plus on monte le gain, plus le compresseur agit. Afin de trouver son "grain" et son niveau idéal, il faudra donc jouer sur le niveau de sortie comme sur le niveau de gain d'entrée, selon que l'on désire plus ou moins de compression. Trace Acoustic a eu le bon réflexe d'inclure un indicateur visuel de l'entrée en fonction du compresseur. Tant que l'indicateur lumineux du bouton de gain reste dans le vert, pas de compression, lorsqu'il tourne à l'orange, la compression est engagée, et lorsqu'il vire au rouge on est en saturation, le tout de manière progressive selon la position du potentiomètre, évidemment. Le compresseur est assez transparent dans l'ensemble, et il faut vraiment rentrer dedans pour commencer à cruncher et salir le son. Le fait que la gestion de tous les paramètres du compresseur soit gérée automatiquement est une bonne idée et peut éviter les ennuis en cas de réglage "atypique". On monte le gain jusqu'à obtenir le grain désiré, et point. Rien de plus simple. Evidemment, monter le gain au delà du raisonnable induit du souffle, mais il faut déjà pousser fort pour que ça devienne gênant et le préampli est très clean d'une manière générale. Le bouton "Piezo" modifie l'impédance d'entrée pour l'adapter à des instruments passifs sans préampli afin d'ajuster le niveau d'entrée. C'est un cas relativement rare au final, mais c'est une bonne idée d'y avoir pensé quand même. 

La fonction boost remplit son office, en analogique, et donc induit du volume (beaucoup) et du souffle ( un peu ), mais rien de franchement gênant. 

La section EQ est efficace, bien adaptée aux instruments acoustiques, et par conséquent facile à utiliser. La bande grave notamment permet de donner du corps mais sans tomber dans le baveux, et les aigus ne deviennent pas trop agressifs, même assez haut dans la course du potentiomètre. L'EQ est un bon outil pour combattre le côté un peu raide des micros piezo et retrouver un peu de naturel. Mission accomplie ici. On notera que l'EQ ne dispose pas de switch On/Off, ce qui aurait pu être une option pratique. 

Le chorus est conçu autour d'une approche "bouton unique". Tous les paramètres sont affectés par un seul réglage, donc on a intérêt à ce qu'il sonne bien de base, sinon ça risque de poser rapidement un problème... Ici pas de souci, le chorus est, encore une fois, réussi. On peut aller d'une subtile coloration avec un peu de largeur à un effet nettement plus "sound design", et une utilisation en stéréo est recommandée pour bénéficier à plein de cet effet. 

Le delay a droit à 3 réglages : le niveau, le feedback et le réglage du tempo par fonction Tap sur le switch d'activation. Il est très propre, remplit sa fonction, ne respire pas la personnalité, mais ce n'est pas forcément ce qu'on lui demande dans ce type de machine.  

La reverb est, comme le chorus, limitée à un unique réglage en façade mais qui affecte tous les paramètres de la fonction, et donc est plus riche et plus complexe que le simple réglage disponible ne pourrait le laisser paraître de prime abord. J'aurais aimé avoir un réglage de couleur sur cette fonction, mais la couleur d'origine est plutôt agréable et ne sera pas un point faible dans cette longue liste de qualités.

On accède à l'accordeur en maintenant le switch d'activation de la reverb enclenché quelques secondes, et cela coupe les sorties pour un accordage silencieux. Là encore, classique, mais pratique. 

Alors, on achète ou pas ? 

Il est assez incroyable de constater que de nos jours, pour le prix de 3 pédales de gamme moyenne, on peut avoir accès à un système très complet de ce niveau de qualité, tant physique que sonore. Rien dans ce préampli n'est moyen, tout y est bien pensé, et tout sonne. On peut regretter l'absence de quelques options, comme un mode preset, ou le pilotage MIDI, mais cela aurait probablement alourdi la facture, et n'aurait sans doute pas été dans la philosophie de la bête qui semble être "qualitative et simplissime". 

Conclusions

Il est en effet difficile de prendre le préampli en défaut. La section d'entrée/gain/compression est très bien pensée, l'EQ est efficace, les effets adaptés à la destination et les entrées/sorties assurent une compatibilité maximale avec la majorité des situations que va rencontrer un guitariste acoustique. Au delà de ça, on peut même le penser comme un multi-effets plus généraliste que ça, car la qualité des effets est là, et rien n'est gadget. Il existe d'ailleurs une version pour bassistes, que je serais curieux de tester. 

À 399€ (Prix Public généralement constaté), et au vu des qualités de construction, d'équipement (merci pour le gig-bag de très bonne qualité) et de son, on n'a pas grand chose à lui reprocher. Un grand bravo. 

Les plus : 

 - La construction en mode "tank"
 - La connectique complète
 - Le détrompage des switches par couleur
 - Le son
 - La facilité d'utilisation

Les moins : 

 - Un mode preset aurait été pratique, mais c'est vraiment pour trouver quelque chose.

 

Distribution
Produit Trace Elliot distribué par Face BVA.

COMMENTAIRES (1)


mancocapac
# Publié par mancocapac le 01/02/2019 à 21:56   Répondre
Superbe outil et la présentation en français est la bien venue :)
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