Interview de Warren Haynes, guitariste/chanteur de Gov't Mule

Publié le 18/04/2018 par Laurent Reymond
Warren Haynes est un musicien on ne peut plus accompli. Sa palette musicale est aussi large que son toucher à la guitare est sublime et pour ne rien gâcher le bougre est également un excellent chanteur. Après avoir fait ses armes aux côtés de David Allan Coe et Dickey Betts, Haynes s'est principalement fait connaitre pour son rôle clé au sein de The Allman Brothers Band (de la reformation de 1989 jusqu'à la fin du groupe en 2014), en tant qu'artiste solo et bien sûr comme leader de Gov't Mule, jamband dans lequel tout est permis, qui a publié l'année dernière le très bon "Revolution Come...Revolution Go". De passage à Paris en octobre 2017 pour défendre cet album, nous avions profité de l'occasion pour causer musique et matos avec Warren après le concert de Gov’t Mule !

Gov't Mule est un groupe résolument polyvalent, capable d'aller vers le reggae, le jazz-rock, la soul, le blues, aussi bien que  le funk, le classic-rock ou le hard-rock. Comment as-tu incorporé toutes ses influences diverses et variées au sein de ta musique ?

Warren Haynes : J'aime tellement de styles différents qu'il a toujours été une priorité pour moi d'aborder et de jouer le plus de genres musicaux possible. Lorsque Gov't Mule a été formé en 1994, il s'agissait à l'origine de faire un projet parallèle (ndlr : en marge de The Allman Brothers Band) pour lequel nous comptions seulement sortir un unique album avec une petite tournée derrière et le projet devait s'arrêter là. Nous avions alors opté pour le concept du power trio capable d'improviser car plus personne ne faisait cela à l’époque. Nous aurions pu partir dans une douzaine d'autres directions, mais celle du power trio d'improvisation est celle que nous avons choisie. C’est lorsque nous avons réalisé que Gov't Mule allait en réalité devenir un véritable groupe, que nous avons commencé à incorporer d'autres influences dans notre musique et cela a donc débuté dès notre deuxième album "Dose" (1998) et à chaque album qui lui a succédé nous avons continué d'ajouter de nouveaux éléments alors que notre premier album éponyme est simplement un disque de blues-rock improvisé par un trio. Suite au décès d'Allen Woody, nous avons alors connu beaucoup de bassistes différents qui ont à chaque fois apporté de l'inspiration nouvelle grâce à leurs propres influences. Cela nous a permis de continuer d'élargir nos horizons musicaux. A chaque fois que nous collaborons avec un invité en particulier comme nous avons coutume de le faire, cela nous ouvre de nouvelles portes et je pense que nous sommes parvenus à bien nous en tirer vis à vis du public car nous avons commencé à faire cela très tôt dans notre carrière. Du coup notre public ne s'attend jamais à rien de particulier ou de prévisible quant à notre direction musicale et nous sommes chanceux en cela.

Tu excelles aussi bien à la guitare qu'au chant. Qu'as-tu commencé en premier ?

J'ai d'abord commencé par le chant lorsque j'avais 7 ou 8 ans et je me suis mis à la guitare vers 11 ans. Mes premières influences sont des chanteurs : Otis Redding, James Brown, Wilson Pickett, The Four Tops, The Temptations et Sam & Dave. Lorsque j'ai commencé à écouter du rock, j'ai découvert tout un nouveau monde avec Jimi Hendrix, Cream et Johnny Winter. C'est cette musique qui m'a donné envie de jouer de la guitare mais avant cela j'écoutais surtout de la soul. J'écoutais aussi The Beatles, mais la soul music était vraiment reine à la maison. Mon frère aîné écoutait aussi du jazz avec Sonny Rollins, Cannonball Adderley, John Coltrane et Miles Davis et du blues avec Elmore James, Howlin' Wolf, Albert King. Il écoutait aussi Traffic, Joe Cocker et Bob Dylan. J'avais donc accès à toute cette bonne musique venant de divers horizons.

Même si Gov't Mule est un nom de groupe forcément politique (ndlr : "Gov't" étant l'abréviation de "governement"), de l'extérieur j'ai l'impression que  cet aspect politique se ressent de plus en plus dans les paroles depuis quelques albums et avec un titre comme "Revolution Come...Revolution Go" (2017). On peut imaginer que votre dernier album ne déroge pas à la règle, surtout dans le contexte actuel n'est-ce pas ?

Effectivement même si nous avions déjà un petit côté politique dès le début, notre dernier album est sans l'ombre d'un doute le plus politique de toute notre carrière et pour cause, la situation actuelle aux Etats-Unis est complètement dingue. Il n'y a jamais eu autant de division entre les gens depuis que je suis né, ou alors il faut vraiment remonter à ma petite enfance où certaines choses devaient être similaires. Ce qui est sûr, c'est que les gens n'ont jamais été aussi opposés les uns aux autres depuis que je suis adulte. Beaucoup de ces nouvelles chansons parlent de la situation actuelle. "Stone Cold Rage" évoque justement cette division entre différents groupes de gens. "Pressure Under Fire" parle du fait de trouver des solutions sans avoir à compter sur le monde politique. "Revolution Come, Revolution Go" parle du fait de constater que certaines choses censées être du progrès ne le sont pas en réalité ou bien encore du fait qu'une administration débarque et fait des choses, et le gouvernement d'après change tout cela et revient en arrière comme si tout recommençait à zéro à chaque fois.

Côté guitare, tu as un modèle Les Paul signature chez Gibson. Il possède un switch entre tes deux potards de tonalité, à quoi sert-il ?

Le circuit que le switch active a été conçu par Peter Miller et John Cutler, deux anciens collaborateurs réguliers de Jerry Garcia (Grateful Dead). A l'origine ils m'avaient contacté pour me proposer un potentiomètre de volume pour Les Paul qui ne souffrait d'aucune perte d'aigus lorsque l'on baissait le volume. Je leur ai dit que c'était une bonne idée mais le problème est que j'aime aussi le son obtenu lorsque l'on perd les aigus en baissant le volume sur une guitare. C'est pour cela que je leur ai demandé d'avoir un switch me permettant de choisir entre les deux options. Ainsi lorsque je baisse mon potard de volume, je peux à l'envi avoir soit le son standard d'une Les Paul avec la perte d'aigus ou à l'inverse un son qui conserve les aigus. J'aime les deux possibilités et le fait de pouvoir avoir les deux options rend ma Les Paul encore plus polyvalente.

Peux-tu nous parler du reste des spécifications de tes deux Les Paul signature qui se prénomment "Lester" et "Chester" ?

Pour la couleur, Gibson m'avait fourni un catalogue avec absolument toutes les teintes qu'ils peuvent faire. Je leur avais demandé quelque chose entre l’Iced Tea et le Honey Burst et ils m'ont donc fait une finition située quelque part entre les deux. Ce modèle de Les Paul a le manche d'une Standard de 1959 et le corps d'une Standard de 1958. J'utilise les micros Burstbucker 1 et 2, un chevalet Tonepro et ce fameux switch dont nous venons de parler.

Ton son est super et très fin et je trouve intéressant que tu utilises de "vulgaires" Burstbuckers de Gibson, la marque étant parfois critiquée quant à la qualité actuelle de sa production de micro par rapport à ceux d’autres compagnies spécialisées et on pourrait bien volontiers t‘imaginer utiliser des micros boutique ou custom shop.

Je pense que les Burstbucker 1 et 2 sont de très bons micros, je les utilise même sur certaines Firebird. Evidemment il y a plein de petites boites qui fabriquent de très bons micros mais je suis pleinement satisfait par mes Burstbuckers. J'ai quelques Les Paul où sont installés des Classic 57 que j'aime aussi, mais la plupart de mes guitares sont montées en Burstbuckers. Bien sur, les P.A.F d'origine sur ma Les Paul datant de 1959 sonnent extrêmement bien aussi, mais ce n'est pas pour cela que ces micros d'époque sont forcément meilleurs que les Burstbuckers. Ils sont différents et peuvent servir pour différentes choses.

Tu utilises ce soir deux Firebird, une montée en humbucker et l'autre avec des mini-humbucker.

La marron ("Moe Lester") est montée en Burstbucker tandis que la bleue ("Dead Bird") a effectivement des mini-humbuckers. Cette Firebird bleue a été pensée par Brian Farmer, mon ancien guitar-tech qui est décédé. Il a demandé à Gibson de me fabriquer cette guitare en vue de ma tournée avec The Dead (ndlr : nom sous lequel se produisent en tournée des membres de Grateful Dead) en 2009. Cette guitare a été pensée avec la musique de Grateful Dead à l'esprit et ces mini-humbuckers donnent un côté plus pointu et twangy au son de la guitare. Elle marchait bien dans ce contexte et j'aime également l'utiliser dans ma musique pour conserver ce son Gibson tout en bénéficiant du tranchant plus propre à celui d'une Telecaster.

 

En parlant de ça, tu n'as jamais été attiré par l'univers de Fender ?

J'ai justement joué sur une Telecaster pour deux ou trois chansons de ce nouvel album mais il ne s'agissait pas d'une Fender. C’était une guitare fabriquée par Charles Whitfill, un très bon fabricant de guitare du Kentucky. J'ai utilisé sa Telecaster personnelle et j'en ai parlé à Fender qui m'a envoyé une Stratocaster et une Telecaster dans la foulée pour que je puisse expérimenter avec ces guitares et voir ce que je peux en faire. Je jouais sur une Strat au début des années 90, c'est d'ailleurs ce que j'ai utilisé sur mon premier album solo "Tales Of Ordinary Madness" (1993) mais aussi sur "Seven Turns" (1990) de The Allman Brothers Band. Mais j'ai fini par me la faire voler et je ne l'ai jamais remplacée. J'ai donc délaissé le son Fender pendant toutes ces années et c'est plaisant de me replonger un peu dedans aujourd'hui, même si je resterai toujours plus attaché au son de Gibson que je préfère dans 90% des situations même si certaines chansons demandent parfois le son d'une Strat ou d'une Tele.

Tu as aussi une SG sur cette tournée, peux-tu m'en parler ?

Cette SG est une Les Paul 1962 reissue. Je ne sais absolument pas quels sont les micros installés dessus (ndlr : des P-90 en format humbucker). Il ne s'agit pas des Burstbuckers, j'ai laissé en place les micros qui équipaient la guitare quand je l'ai eue car je trouvais qu'elle sonnait très bien comme ça !

J'ai déjà lu quelque part que tu privilégies les grandes longueurs de câbles, ce qui est plutôt rare, afin d'obtenir un son plus smooth. Est-ce vrai ?

C'est mon regretté guitar-tech Brian Farmer qui aimait ce procédé et qui me l'a fait adopter. Je n'aime pas avoir une tonne d'aigus dans mon son et si parfois il y en a trop et que le fait d'utiliser un très long câble peut adoucir cela, alors je ne me prive pas. C'est une habitude que nous avions prise tous les deux pour atténuer les aigus, nous ne le faisions pas forcément en studio, même si cela pouvait nous arriver, mais notre approche a toujours été de voir ce qui sonnait le mieux dans chaque environnement avec le matériel à disposition. Pour les concerts, le son varie chaque soir. Parfois mon ampli peut avoir un son plus brillant dans certaines salles ou à l'inverse plus terne dans d'autres. Nous expérimentons toujours avec quelques astuces de ce genre pour ajuster les choses et il est donc vrai qu'il nous est arrivé d'utiliser volontairement de grandes longueurs de câble pour atténuer les aigus.

C'est intéressant en tout cas, car il est généralement prôné d'utiliser les longueurs de câble les plus courtes possible.

Oui c'est vrai, la plupart des guitaristes veulent avoir un son le plus immédiat possible et avec le plus d'aigus et utilisent des câbles les plus courts possible. Mais cette approche ne m'a jamais rien apporté personnellement et j'aime expérimenter et voir ce qui sonne bien sur le moment. J'essaie des choses chaque jour, si ça sonne bien, tant mieux. Sinon, j'essaie encore autre chose et ainsi de suite.

Tu te fies véritablement à tes oreilles en somme et absolument pas aux règles "établies".

Tout à fait. Je ne reste jamais campé sur des idées prédéfinies. Nous évoquions par exemple les micros. Si le son d'une guitare me plait d'emblée, comme pour la SG que nous évoquions, je ne cherche pas à aller plus loin. Je change des choses jusqu'à ce que le son me plaise, tout simplement, et je ne peux jamais savoir quand et comment j'arriverai à ce résultat à l'avance. C'est tellement dépendant, non seulement des combinaisons entre bois, électroniques, etc. mais aussi du jeu de chacun et la manière de régler un ampli. Si quelqu'un obtient un super son avec tel ampli et tel micro, il se peut très bien que si je me branche sur le même matériel cela sonne très mal.

Sur scène j'ai été surpris de voir que tu n'utilises pas de pedalboard et qu'il y a simplement à la place un contrôleur au sol. Peux-tu nous en dire plus ?

C'est seulement pour l'Europe. Aux Etats-Unis j'utilise le système de Bob Bradshaw (Custom Audio Electronics ou CAE) où mes pédales sont mises dans des tiroirs et je dispose juste d'un contrôleur sur scène, le tout en true bypass. Le problème est que ce système est volumineux et très lourd. Pas vraiment pratique pour prendre l'avion. Du coup lorsque nous tournons en Europe ou que nous jouons un concert en one-off aux Etats-Unis, j'utilise un appareil de Fractal dans lequel tous mes effets ont été clonés (ndlr : piloté par un contrôleur RJM Music Mastermind GT). La qualité n'est pas tout à fait aussi bonne, cela dépend des effets. Certains ont été modélisés à la perfection et d'autres moins. C'est le cas de mon simulateur Leslie par exemple. J'utilise normalement le Rotosphere de Hughes & Kettner et je dois bien admettre que la modélisation que Fractal m'a faite ne sonne pas aussi bien à mon sens. Cela sonne comme une très bonne pédale de chorus, mais pas vraiment comme un effet Leslie. Cet effet cloné n'est donc pas aussi bon que l'original. En revanche le tremolo est très bon, les delay aussi sont assez bons.

S'agit-il d'un multi-effet de Fractal disponible dans le commerce ou est-ce du sur mesure pour toi ?

C'est du sur mesure. Fractal a littéralement cloné tous mes effets présents dans mon rig américain. Il ne s'agit que de mes sons, mais comme je le disais, certaines copies sont très bonnes et d'autres le sont moins malheureusement.

Tu parlais de l'effet Leslie qui est à mon sens ton effet de modulation le plus important. C’est dommage que tu ne sois finalement pas satisfait de l'effet Leslie que tu utilises en Europe.

Oui le son du Leslie que tu as entendu ce soir est pour moi assez loin en terme de qualité du Rotosphere, mais le son est bon, malgré tout. C'est juste qu'il est moins bon que l'original et que je le remarque, mais ça sonne quand même bien, suffisamment pour ne pas emmener mon système Bradshaw en Europe en tout cas, mais il serait faux de dire que cela sonne aussi bien car ce n'est pas le cas. Le Rotosphere a beau être un simulateur, il sonne comme un véritable Leslie pour moi. J'ai déjà comparé avec un vrai, le Rotosphere est vraiment très convaincant. Mais je ne suis pas malheureux ou frustré par le son de cet effet en Europe non plus, il est juste moins bon, mais cela fait l’affaire malgré tout.

Pour rester sur l'effet Leslie, sur le dernier album "Revolution Come...Revolution Go", tu l’utilises encore à bon escient sur le titre "Thorns Of Life".

J'ai effectivement eu recours à cet effet sur "Thorns Of Life" et je l'ai justement fait via mon Rotosphere alors que j'aurais pu utiliser une véritable cabine Leslie en studio. Pourquoi je préfère dans ce cas précis utiliser le Rotosphere ? Parce qu’ il n'altère pas le son de la guitare, il lui rajoute simplement un effet Leslie dessus tandis qu'une véritable cabine Leslie rajoute des mediums au son. J'ai souvent à l'esprit la transparence du Rotosphere lorsque je me pose la question entre utiliser cette pédale ou une véritable cabine.

Quels autres effets notables utilises-tu en ce moment ?

J'ai aussi un octaver (ndlr : le Boss OC-2) et un Emma Discumbobulator qui est une pédale de filtre d'enveloppe. Une sorte d'auto-wah en somme, le genre d’effet qui te fait un peu jouer en fonction de lui. C'est d'ailleurs un conseil que je donnerais aux jeunes musiciens : n'essayez pas forcément d'obtenir un son parfait et millimétré chaque soir. Essayez de vous adapter à de nouveaux éléments et de jouer en fonction. Si vous jouez sur un nouvel ampli ou une nouvelle guitare, cela va vous donner un son différent, et si vous parvenez à exprimer votre jeu en vous adaptant à ce changement, c'est bon pour votre développement.

Tu es également un des nombreux amateurs du Klon Centaur n'est-ce pas ?

Tout à fait, et mon Centaur est également cloné dans mon système Fractal.

Cette pédale d'overdrive jouit d'une très bonne réputation si bien que sa côte en occasion est très élevée. Qu'est-ce qui la rend selon toi tellement meilleure qu'une Tube Screamer par exemple ?

Je trouve effectivement que le Klon Centaur sonne beaucoup mieux qu'une Tube Screamer mais je ne saurais expliquer pourquoi. Steve Ray Vaughan utilisait des Tube Screamer. Il en utilisait une juste pour augmenter son volume sonore pendant ses solos ou lorsque le batteur tapait plus fort pour se faire davantage entendre. Lorsque j'ai discuté avec le concepteur du Klon Centaur (ndlr : Bill Finnegan) la première fois que nous nous sommes rencontrés, il m'a dit qu'il avait passé la première année et demie de son travail sur la création de la pédale, à s'assurer qu'avec le gain à 0, le son de guitare resterait absolument identique au fur et à mesure que l'on monte le volume de la pédale (ndlr : ce qui n'est pas le cas d'une Tube Screamer, qui même avec le gain à 0 donne une bosse dans les mediums, appréciée par ses amateurs d’ailleurs). Il voulait que la pédale soit totalement transparente lorsqu'elle est utilisée en clean boost et j'ai d'ailleurs longtemps utilisé le Klon Centaur de la sorte. Mais au bout d'un moment, je me suis dit que c'était du gâchis car c'est une pédale qui sonne tellement bien et je me suis depuis mis à utiliser également le gain provenant de cette pédale. La majorité de ma distorsion vient de mes amplis, mais lorsque je veux un peu plus de gain, j'en ajoute alors un peu avec celui du Klon Centaur. Steve Ray Vaughan faisait du super boulot avec sa Tube Screamer en clean boost, cela allait bien avec son jeu, mais le Klon Centaur est clairement plus transparent réglé en clean boost.

Tu utilises depuis des lustres un Soldano SLO-100, un ampli souvent assimilé au son high gain, alors que ce n'est clairement pas ton son. Pourquoi ce choix ?

J'utilise des Soldano SLO-100 depuis 1989 et les miens sont justement modifiés par Mike Soldano à tel point qu'ils ne sonnent absolument plus comme des SLO-100 d'origine. A la base, le SLO-100 est un ampli qui est conçu pour donner le meilleur de lui même avec un réglage high gain et comme je ne veux pas de ce type de son, Mike a modifié les miens de telle sorte que le son de mes SLO-100 soit très épais lorsqu'ils sont réglés avec très peu de gain. Cela rend l'ampli tellement meilleur pour moi. Mike m'a d'ailleurs confié qu'il y a de plus en plus de personnes qui l'appellent en demandant cette modification. En gros mes SLO modifiés sont similaires au son des très bons Marshall.

Quel est cet ampli signature de marque Homestead que tu utilises sur cette tournée ?

Homestead est la continuité des amplis Diaz que j'utilisais avant. C'est Peter McMahon qui est derrière la marque et c'est lui qui travaillait avec Cesar Diaz sur ses amplis. L'ampli Homestead est une sorte d'ampli Fender dans lequel on aurait mis un peu de l’ADN Marshall dedans. C'est un ampli assez différent. Je n'utilise jamais le Homestead et le Soldano en même temps, sauf en studio. Mais sur scène, j'utilise généralement le Homestead pour les sons les plus clean et le Soldano pour les sons les plus sales.

Quels baffles utilises-tu ?

En Europe c'est de la location. Juste de simples baffles Marshall. J'en utilise deux : un monté avec des Celestion V30 et l'autre avec des Celestion G12T-75. Ce sont des baffles droits car je n’aime pas trop les baffles à pan coupé.

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