[Scène Ouverte] Lloyd Project – Last Train to Babylon

Maritta Calvez - Le 15 Octobre 2014

« Avec Greg T. Walker à la basse pour quelques morceaux avec nous, on va faire trembler les murs du Bus Palladium ». Post du 26 juillet sur le mur Facebook des Lloyd Project. Promesse tenue. Une atmosphère captivante, des mélodies libres, des envolées instrumentales riches et pleines de surprises, une voix rocailleuse bouleversante, le trio nous replonge dans le monde de l’Art Rock tristement délaissé depuis quelques décennies, injustement jugé trop prétentieux. Quand une musique vous enivre d’entrée de jeu comme ont pu le faire les Pink Floyd en leur temps –l’une des influences clairement marquée du groupe- soyons sérieux, qui y’a-t-il de prétentieux là-dedans ? Et tout en cohérence avec leur univers, Lloyd Project nous offre également du grand blues avec Soul Man notamment (j’insiste : voix bouleversante !), et de l’ambiance orientalisante avec Black Haze (grandiose, pas peur de le dire). C’est une traversée qui va vous saisir au vif que l’écoute de ce Last Train to Babylon. Les Lloyd Project ont « ça » dans le sang, que voulez-vous… Il existe tellement de bons groupes si tant est qu’on veuille se donner la peine de sortir de la prise médiatique et des buzz de la toile aussi furtifs qu’attendus. Osez la curiosité !

Quelle est la genèse du groupe ?
Le groupe existe véritablement depuis 2009 en tant que projet formé autour de deux frères, Alexis et Loris, même s’ils ont toujours fait de la musique ensemble depuis leur plus jeune âge. En 2011, Loris rencontre Antoine lors d’un concert où ils partagent tous les deux la scène au sein d’autres groupes. Antoine émet à l’époque le souhait de monter un groupe de reprise de Pink Floyd, mais les emplois du temps des uns et des autres ne le permet pas. Quelques mois plus tard, Lloyd Project perd son batteur d’alors et Antoine fait un essai en répétition…  essai plus que concluant : le groupe naît vraiment à ce moment-là. Au départ accompagné d’un bassiste, le groupe finit par se recentrer autour de cette formation en trio qui fait aujourd’hui sa force.

Le mieux, c’est de l’écouter, on est tous d’accord, mais avec quels mots définiriez-vous votre musique ? Quelles sont vos influences à chacun ?
Nous définissons notre musique comme de l’Art Rock. C’est un style apparu à la fin des années 60/70 et dans lequel ont peut ranger pas mal de choses. C’est un champ libre en fait. On y trouve des groupes de référence comme Supertramp, David Bowie, Pink Floyd, Electric Light Orchestra et d’autres artistes dans cet esprit. C’est un style ouvert où l’importance est donnée à la mélodie et au travail sur le son. Nous y voyons aussi un rapport fort avec d’autres formes d’art, d’où nos collaborations avec Ludovic Winterstan (styliste), Dedalus (photographe), Vincent Tangy (graphiste 3D) qui sont tous trois de véritables artistes, chacun dans leur domaine, et qui "servent" notre musique tout en apportant leur univers et leur façon de faire. Et c’est ce qui fait la force de ces différentes collaborations.

Qui fait quoi ? Comment s’organise votre travail ?
Dans le groupe, les rôles sont assez variables. Pour parler des compos postérieures à la formation actuelle, souvent, Alexis et Loris ont une ébauche de compo et nous travaillons cela en groupe, pour peaufiner la structure du morceau, le son, etc. Pour tout ce qui est com’, on fait tout ensemble également (réseaux sociaux, montage vidéo des concerts, démarchages de salles…).

Où et dans quelles conditions a été enregistré l’EP ; avec qui ?
L’EP Last Train To Babylon a été enregistré en home studio pour la majeure partie. En janvier dernier, nous sommes allés aux Sweet Basement Studios à Pantin pour réenregistrer les parties de batterie… et la basse avec un invité de marque : Greg T. Walker du groupe de rock sudiste Blackfoot. C’est Jérôme Jouanard (de Sweet Basement) qui a ensuite mixé l’EP ; il a fait un travail superbe dessus. Il a vraiment saisi l’univers du groupe et apporté au mix un côté très propre et épuré, mais en même temps très brut et vintage. Le mastering a ensuite été réalisé par Jeremy Levy à Londres, qui a lui aussi apporté de la puissance et de la chaleur au son. Ça a été une bonne combinaison de talents, une très bonne équipe.

Côté guitares, amplis, effets, quel matériel a été utilisé ?
Alexis : Côté guitare, le son est à la fois riche et extrêmement simple. J’utilise une Epiphone Sheraton II que je branche sur un ampli à lampes The Valve de 60 watts : tout lampes, tout fait à la main… une merveille. L’ampli donne un son très chaud, une disto plus proche d’un crunch ; ça donne un son très blues anglais 70’s. Pour ce qui est des effets, je n’ai pas beaucoup de choses :
• une pédale de delay Boss DD6 (que j’utilise énormément, souvent calée à la noire pointée d’ailleurs),
• une réverb, soit celle de l’ampli, soit ajoutée au mix, 
• une pédale UniVibe de Dunlop, qui apporte un côté plus "tournant" et chaud au son, moins brut aussi. A utiliser avec parcimonie.
• une pédale de trémolo Pulsar de Electro Harmonix
.

Comment avez-vous fait cette rencontre -géniale on peut le dire !- avec le bassiste Greg T. Walker, qui a notamment joué avec vous au Bus Palladium ? Racontez-nous ça !
On a rencontré Greg via notre éditrice, Géraldine Nadal, dont la meilleure amie est la femme de Greg. Tout simplement ! C’est un très beau concours de circonstances. Ça a été un honneur et un plaisir de travailler avec lui et les choses se sont faites de manière super naturelle. On est devenus très proches pendant les séances d’enregistrement de l’EP. Et on a fini par faire deux concerts avec lui, l’un en janvier au 114, juste après les sessions, l’autre en juillet au Bus Palladium. 

Quels sont les actus et projets ?
Pour le moment, le projet principal est l’enregistrement d’un premier album dans les mois à venir. Nous avons de nombreux morceaux composés qui méritent vraiment un enregistrement pour être présentés au public. Nous avons hâte de pouvoir sortir tout ça, et nous sommes très excités à l’idée de pouvoir retourner en studio pour s’y mettre. Côté live, nous jouons le 5 décembre au Centre Barbara Fleury Goutte d’Or, où nous sommes dans le circuit d’accompagnement, puis début 2015 au Bus Palladium avant d’attaquer quelques dates en province et, on l’espère, en Europe. Et à côté de ça, nous sommes proches de Mathieu Sommet de l’émission web "Salut Les Geeks" avec lequel collabore maintenant Alexis, et qui aime beaucoup notre travail : il a notamment utilisé dans son émission nos titres Moon Rise et Reborn (qui a d’ailleurs été composé spécialement pour son épisode de rentrée en septembre).

De qui, de quoi auriez-vous besoin pour le bon développement du groupe ? Comment êtes-vous accompagnés ?
Pour le bon développement du groupe, nous aurions avant tout besoin d’un manager/booker, qui prenne en charge toute cette partie d’organisation, de démarchage et de gestion de l’image du groupe, afin que nous puissions nous concentrer sur la musique. Nous voulons vraiment travailler sur notre performance live afin de proposer au public plus qu’un simple concert, mais une vraie expérience sonore et visuelle (projection de vidéos, décors, mises en scène…).

Pas de question, la voie est libre pour dire ce que vous voulez !
Nous sommes convaincus qu’il y a, même en France, un public pour de la musique un peu plus "sophistiquée". Actuellement, le Rock Progressif ou tous les styles qui s’y rattachent ou s’en approchent (comme l’Art Rock) ne sont pas du tout médiatisés. Et c’est bien dommage parce que qui dit "riche musicalement" ne dit pas "barbant" ou "compliqué à écouter". Il n’y a pas besoin d’être musicien pour être touché par ces musiques, simplement d’être curieux et de se laisser aller en écoutant. Avec Lloyd Project, nous tâchons d’axer notre travail sur la mélodie et les textures sonores, de ne pas jouer ce que l’on attend, de provoquer la surprise pour créer notre propre son et notre propre univers.  

Dates de concert :
5/ 12 : Centre Barbara Fleury Goutte d’Or, Paris.
Dates à confirmer - début 2015 : Bus Palladium, Paris, avant d’attaquer quelques dates en province et, on l’espère, en Europe.

Liens Internet :
www.lloydproject.com
www.facebook.com/lloydproject

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