Interview de Nita Strauss (Alice Cooper, We Start Wars)

Laurent Reymond - Le 27 Septembre 2018
Depuis son arrivée au sein de la formation live d'Alice Cooper, Nita Strauss a vu sa cote grimper en flèche ! Cette shreddeuse biberonnée à Steve Vai est devenue en quelques années l' "égérie" de Marshall, DiMarzio et Ibanez, la firme japonaise lui ayant même offert l'honneur d'être leur première femme à disposer d'un modèle de guitare signature avec la Jiva, une guitare HSH équipée de deux humbuckers Dimarzio Pandemonium (signature Nita Strauss) et d'un micro simple True Velvet avec un manche vissé ultra plat à la manière des Super Wizard des années 90, le tout dans une finition Deep Space Blonde. L'actualité discographique de Nita est particulièrement fournie en cette rentrée avec d'un côté la parution récente de l'album live d'Alice Cooper "A Paranormal Evening At The Olympia Paris" et de l'autre la sortie de son tout premier album solo "Controlled Chaos" prévu pour novembre. Nous avions justement rencontré Nita en décembre dernier lors de la tournée d'Alice Cooper immortalisée sur ce live capté à l'Olympia, alors que la guitariste aussi douée qu'attachante bossait des titres de Judas Priest dans sa loge sur son Marshall Code 25 en vue d'une jam avec Rob Halford (et Slash!) pour le Christmas Pudding d'Alice Cooper (un concert caritatif) qui avait eu lieu quelques jours plus tard. A noter que l'Ibanez Jiva était à l'époque un secret bien gardé, dévoilé lors du NAMM 2018, d'où l'absence de questions à son sujet lors de cet entretien où nous avons malgré tout parlé de l'amour de Nita pour les Ibanez ainsi que les micros DiMarzio, les amplis Marshall, et bien évidemment Alice Cooper, Iron Maiden et bien d'autres choses encore !

Bonjour Nita! Tu as intégré le groupe d'Alice Cooper en 2014 et si l'on pourrait se focaliser sur le fait que tu sois une fille évoluant dans un environnement masculin, ta principale différence est sans doute le fait d'être une shreddeuse qui joue sur Ibanez quand traditionnellement un guitariste d'Alice Cooper joue sur Gibson avec une approche blues et rock n'roll. Comment s'est déroulée ton arrivée ?

Nita Strauss : Tu as parfaitement raison! En théorie, un guitariste d'Alice Cooper utilise une Les Paul et a un jeu bluesy ! Pour tout vous dire, j'ai immédiatement eu une discussion avec le producteur Bob Ezrin lorsque j'ai décroché le job et ce dernier  m'a dit d'emblée : "Qu'est-ce qui ne te convient pas dans une Gibson branchée sur un  JCM800 ?". Je jouais sur des amplis Blackstar à l'époque et il voulait savoir pourquoi je n'utilisais pas une combinaison classique Gibson/Marshall. Je lui ai répondu que ce n'était tout simplement pas mon son ! Il m'a alors rétorqué : "peut être, mais c'est le son d'Alice Cooper". Je lui alors demandé de m'accorder le bénéfice du doute, de me laisser utiliser le matos que je voulais et de voir ensuite comment les choses évoluaient et si jamais cela ne convenait pas, alors nous verrions à ce moment-là sur quoi nous pourrions travailler afin d'améliorer les choses. Il faut garder à l'esprit que je transpire Ibanez par tous les pores de ma peau ! Pour moi, il est hors de question de ne pas jouer sur une Ibanez. Je considère ces guitares comme une extension naturelle de mon corps et à l'inverse, j'ai l'impression de devoir faire des efforts et de forcer ma nature lorsque je joue sur une Gibson. Je n'ai rien contre Gibson évidemment, chaque type de guitare correspond à chaque type de musicien mais me concernant, les notes fusent lorsque je joue sur une Ibanez. Par chance, entre Ryan Roxie, Tommy Henriksen et moi-même, le son de guitare global est très cohérent dans Alice Cooper. Nous remplissons vraiment bien l'espace sonore à nous trois. Il y en a un qui a un son plus grave, l'autre plus medium et l'autre plus aigu. Cela nous donne un son très plein et bien épais. Tout fonctionne très bien ainsi et finalement je n'ai pas eu besoin de m'ajuster de quelque manière que ce soit!

D'ailleurs, même si beaucoup oublient cette période, il y a déjà eu plusieurs shreddeurs dans Alice Cooper pendant les années 80 et le début des années 90...

Carrément ! Kane Roberts, Red Beach, Al Pitrelli...je veux dire, difficile de trouver mieux en matière de shreddeurs! Ces mecs sont de grosses influences personnelles avec évidemment Steve Vai, Joe Satriani et Paul Gilbert qui restent mes influences principales! 

J'ai lu quelque part que tu es censée avoir un lien de parenté avec la famille Strauss, qui a connu plusieurs illustres compositeurs de musique classique. Est-ce vrai ?

C'est amusant car j'ai grandi toute ma vie en le croyant et mes parents m'ont toujours dit que nous avions un lien de parenté et que nous avons de la famille en Autriche. Mais j'ai justement été contactée le mois dernier (ndlr : interview réalisée en décembre 2017) par quelqu'un qui souhaitait que je me soumette à un test d'ADN car il est persuadé que je n'ai aucun lien de parentalité avec la famille Strauss. Je me suis alors dit : "Merde! Si ca se trouve il a raison et j'ai grandi dans une illusion!". Mais quoiqu'il en soit, je suis reconnaissante, que cela soit vrai ou faux, d'avoir pensé toute ma vie que j'avais un lien de parenté avec Strauss car cela m'a inspirée à être à la hauteur de ce nom et je me suis efforcée de faire en sorte que ma génération de Strauss fasse honneur aux précédentes. Peut être que ce type sur Internet en sait davantage que mon propre père, qui sait, mais quoi qu'il en soit, je pense que cela a joué un rôle essentiel afin que je parvienne à devenir la musicienne que je suis aujourd'hui!

Quels sont tes moments préférés lors d'un concert d'Alice Cooper ?

"Feed My Frankenstein" est toujours un moment spécial pour moi car j'ai grandi en écoutant Steve Vai et Joe Satriani et beaucoup de gens l'ignorent mais ce sont eux qui ont joué les solos sur ce titre en studio. D'avoir l'opportunité de jouer un solo de Steve Vai dans un concert d'Alice Cooper est vraiment un moment génial pour moi car cela me permet au passage de rendre hommage à mon plus grand héro ! Sur cette tournée nous jouons également "The World Needs Guts", qui est une chanson de Kane Roberts, et c'est également un de mes moments favoris du show ! Il y a aussi "Woman Of Mass Destruction" où nous jouons un peu au chat et à la souris avec Alice ! De manière  globale, il se passe toujours quelque chose sur scène dans un show d'Alice Cooper et ça rend l'expérience beaucoup plus fun et intéressante qu'un concert plus conventionnel!

Vous êtes actuellement trois guitaristes au sein d'Alice Cooper. Comment vous répartissez-vous les différentes parties ?

Tout se passe très naturellement à vrai dire car avec Ryan et Tommy, nos styles respectifs sont si différents que la plupart du temps cela tombe sous le sens de savoir quelle partie revient à quel guitariste. Tommy est un très bon soliste mais la plupart du temps c'est lui qui va s'occuper des rythmiques tandis qu'avec Ryan nous nous chargeons davantage des harmonies par-dessus. Mais Tommy a commencé à prendre davantage de solo récemment et c'est vraiment cool car il nous arrive d'avoir un solo chacun sur certaines chansons et ainsi d'en enchainer trois ! C'est bien car ça casse la routine qui s'était installée quand c'était soit Ryan soit moi qui prenions le solo. Je préfère l'équilibre actuel où ils sont mieux répartis entre Ryan, Tommy et moi, ne serait-ce que pour la répercussion que cela a sur l'occupation de l'espace scénique. Lorsque nous apprenons des nouvelles chansons à incorporer dans le set, je me mets généralement en retrait et je les laisse décider. Je leur laisse être les capitaines du navire et je leur demande juste quelles parties ils souhaitent que je joue car après tout, cela fait toujours plus de temps qu'ils sont dans le groupe que moi. Ils ont joué tous les deux avec Orianthi qui me précédait et je suis déjà très contente d'être à bord du bateau (rires) ! Je leur demande simplement quel solo je dois prendre et tout se passe très facilement entre nous, d'autant que nous sommes devenus de très bons amis! Il n'y a aucune compétition entre nous pour la simple et bonne raison que ce groupe tourne autour d'Alice ! Mais il y avait déjà le même genre d'ambiance dans The Iron Maidens, le groupe de reprise d'Iron Maiden dont je faisais partie. Il n'y avait là non plus aucune compétition car je jouais les parties de Dave Murray et Courtney Cox celles d'Adrian Smith. Il ne pouvait pas y avoir d'attitude du genre : "je veux plus de solo!". Après bien sûr, les solos d'Adrian Smith sont plus plaisants à jouer (rires) ! Mais nous avions chacune un rôle bien défini et il en est de même au sein d'Alice Cooper. Notre objectif est de jouer du mieux que nous pouvons et de faire en sorte de mettre Alice le plus en valeur possible !

Je vais rebondir sur ce que tu viens de dire au sujet des solos d'Iron Maiden. Il est clair que la plupart des gens préfèrent ceux d'Adrian Smith mais je m'inscris à contre courant sur le sujet en ayant pour ma part toujours préféré ceux de Dave Murray, ne serait-ce que pour le son qu'il a avec son micro manche !

Je suis complètement d'accord, le son de Dave en position manche est excellent ! Jouer le rôle de Dave Murray au sein de The Iron Maidens m'a donné une toute nouvelle appréciation pour son jeu car à la base j'étais davantage branchée par Adrian Smith, son style collant plus avec le mien avec son legato et tout le reste. Mais lorsque j'ai commencé à me plonger dans les parties de Dave, j'ai alors réalisé qu'il employait un choix de notes vraiment génial, il n'est clairement pas le genre de soliste qui se contente de jouer sur sa gamme blues et pourtant de prime abord, on pourrait avoir l'impression que Dave est le guitariste bluesy et Adrian le shreddeur. Mais lorsque tu te plonges en profondeur dans les parties de Dave, tu réalises qu'il ne se limite pas du tout à cela. De toutes les qualités de son jeu, ce que je préfère est vraiment son choix des notes. 

J'imagine que tu aimes jouer sur des manches fins et rapides n'est-ce pas ? 

Absolument! Tous les manches de mes Ibanez sont fabriqués avec le profil de manche Super Wizard de 1991. Un manche ultra plat, presque aussi plat qu'une feuille de papier, il y a un tout petit peu de rondeur, mais vraiment très peu. Je suis tellement habituée à ces manches super rapides et plats, que lorsque je joue sur un manche plus traditionnel, j'ai l'impression d'avoir une batte de baseball entre les mains (rires) ! C'est presque comme s'il ne s'agissait plus du même instrument. Ryan joue sur de splendides Gibson vintage sur cette tournée, tout comme Tommy qui utilise également des Duesenberg et des BC Rich. J'aime jouer sur leurs guitares et à la maison je possède également quelques Gibson, une Washburn, une SG Special, mais pour être tout à fait honnête, je ne les joue jamais. Je finis toujours sur mes Ibanez! 

 

Tu n'es pas seulement une fan absolue des guitares Ibanez mais également une fervente amatrice des micros DiMarzio, comme beaucoup de shreddeurs d'ailleurs, et tu sembles privilégier la configuration HSH n'est ce pas ?

Absolument, la config HSH est ma favorite et les micros DiMarzio sont ceux que je préfère. Il y a beaucoup de très bonnes compagnies qui fabriquent des micros guitare et elles ont chacune un son qui leur est propre. Il y a tellement d'éléments différents qui peuvent influer sur le son mais le micro est l'élément dont provient la véritable nature de la guitare. Il y a l'ampli, les pédales, les cordes, les baffles et tout le reste qui influent sur le son, mais la véritable voix d'une guitare, le son qui émane vraiment d'elle est capturé par le micro. DiMarzio fabrique selon moi les micros qui possèdent le plus de clarté. Avec les micros DiMarzio, en tant que musicien, tu peux exprimer tes émotions et tes pensées via l'instrument avec le plus de transparence et de clarté possible.      

Et pourquoi selon toi la plupart des shreddeurs se tournent souvent sur cette marque ? 

Ce sont des micros très précis et lorsque tu joues avec des DiMarzio tu te dois de jouer de manière plus propre. J'ai évidemment joué sur tout un tas de micros différents avant et lorsque j'ai commencé à utiliser les DiMarzio, j'ai commencé à entendre mes erreurs plus nettement et cela m'a fait devenir une meilleure guitariste. A ce sujet, je trouve qu'il est toujours préférable de s'entrainer sur le canal clair d'un ampli au lieu d'utiliser beaucoup de distorsion et de delay par exemple, car si tu fais cela, tu vas assurément masquer beaucoup d'erreurs dans ton jeu dont tu ne te rendras même pas compte. C'est pareil lorsque tu utilises un micro DiMarzio, tu entends chaque note et du coup chaque erreur plus distinctement, ce qui sur le long terme fera de toi un bien meilleur guitariste à mon humble avis. 

Pour rester dans les clichés du shreddeur, laisse-moi deviner, tu utilises un médiator Jazz III  n'est-ce pas ?

Ahah ! Non ! Mais effectivement les guitaristes comme moi utilisent souvent des Jazz III avec un ampli Peavey 6505 ou quelque chose dans le genre (rires) ! J'utilise des médiators souples en 0.60mm. Si j'utilisais des Dunlop Tortex ce serait ceux de couleur orange pour donner une idée. J'utilise des médiators fabriqués par Grover Allman. Je les aime beaucoup car au lieu d'imprimer un visuel personnalisé plat sur le médiator comme la plupart des autres compagnies, leur impression du visuel est un léger relief ce qui donne une bonne prise avec le médiator. C'est forcément sympa d'avoir son visuel personnalisé mais les autres compagnies te proposent souvent de te l'imprimer à plat, et j'ai tendance à laisser filer entre mes doigts ce genre de médiators. Ce léger relief me donne vraiment une très bonne accroche.

Pour rester dans les préférences des shreddeurs, bien souvent ils préfèrent des manches à la finition la plus brute possible, est-ce également ton cas ?

Complètement ! J'aime que mes manches soient sans finition, simplement huilés. 

C'est l'inverse pour moi, habitué au manche typique d'une Gibson, j'aime le vernis nitrocellulose gloss, sans quoi je me sens à poil !

Justement, c'est plutôt cool d'être à poil (rires) ! Moi il me faut le dos de mes manches nus et huilés...comme mon propre dos en fait (rires) ! Un dos nu et huilé, il n'y a que ça de vrai (rires) !

Qu'utilises-tu pour tes effets ? 

Tous mes effets sont montés en rack. Je n'ai jamais été vraiment passionnée par les pédales d'effet ni les pedalboards car j'ai toujours considéré que cela me donnait trop à penser en dehors de mon jeu et de ma performance scénique. Je suis vraiment à fond sur scène et je me donne entièrement sur mon instrument et je ne veux vraiment pas avoir à penser avant de jouer un solo : "ok, dans 4 mesures, j'enlève le compresseur et j'enclenche la reverb et le delay". C'est trop pour moi, je veux être libre sur scène sans avoir à jongler avec différentes pédales. J'ai donc toujours utilisé des effets en rack et des multi-effets. J'ai longtemps eu recours au Boss GT-100 mais j'utilise désormais le Rocktron Prophesy II comme multi-effets en rack avec le Rocktron All Access comme contrôleur Midi sur scène et je n'ai plus ensuite qu'à appuyer sur un seul bouton pour enclencher et désenclencher tout ce que je mentionnais avant. Cela fonctionne mieux pour moi de pouvoir mémoriser différents presets et de les appeler ainsi. 

Niveau amplification tu jouais sur des amplis Blackstar mais il me semble que tu utilises désormais du Marshall n'est-ce pas ?

Effectivement, j'utilise des Marshall JVM 410 HJS, le modèle signature de Joe Satriani, depuis 2016. Cela fait une très grande différence depuis que j'utilise ce modèle et il n'y a plus que du Marshall sur scène avec Alice Cooper en ce moment : Ryan utilise le JCM800, Tommy le JCM900 et moi le JVM 410HJS. Nous couvrons ainsi une plage de sons différents et nous sommes très complémentaires. De toute manière, je serai toujours dans ce groupe le guitariste qui aura recours aux amplis les plus modernes et qui utilisera le plus de gain. Je me souviens lorsque j'ai reçu les JVM, les autres mecs du groupe m'ont regardée en me disant : "il y a trop de boutons sur ces amplis!". Moi je suis plutôt du genre à en vouloir encore plus (rires) ! J'ai vraiment un réglage très "Hi Gain", beaucoup plus que ce que tout le monde peut penser venant de quelqu'un qui joue dans un groupe de classic rock. Mais je serai toujours une guitariste au style moderne quel que  soit le contexte, j'utilise donc beaucoup de gain. J'aime souvent raconter cette anecdote : au départ, quand je suis arrivée dans Alice Cooper, on m'a dit très clairement : "écoute, Alice n'a pas besoin d'un shreddeur avec lui, il a besoin d'un guitariste de rock". Mais si tu lis des interviews d'Alice aujourd'hui, lorsqu'il parle de moi il dit souvent : "j'avais besoin d'un shreddeur et je l'ai trouvé avec Nita !". C'est cool qu'il m'ait laissée être moi-même et que je puisse toujours utiliser mes Ibanez, mon vibrato et mon haut niveau de gain et continuer d'être qui je suis ! Et ça colle bien au final car les trois guitaristes du groupe sont différents au lieu d'être des clones et d'avoir l'air d'être des Stormtroopers sur scène (rires) ! 

Et ce n'est pas parce que le JVM possède 4 canaux avec 3 modes sur chacun qu'il est obligatoire de tous les utiliser !

Absolument et c'est d'ailleurs ce que je fais. Une fois que j'ai trouvé le son qui me convient le mieux, je reste dessus. Puis on peut approcher le son de beaucoup d'amplis Marshall avec le JVM, un peu comme avec le Marshall Code d'ailleurs. J'ai fait beaucoup de clinics pour présenter cet ampli d'entrainement de Marshall (Nita se réfère au Marshall Code 25 présent dans sa loge) et je n'arrive pas à croire que ce petit objet parvient aussi bien à émuler le son d'autant d'amplis Marshall ! Pendant mes clinics, je demande aux gens de lever la main et de me donner le nom d'un ampli Marshall : "Silver Jubilee!". Je prends mon Ipad et je transforme ce petit ampli en Silver Jubilee ! On peut vraiment taper dans n'importe quelle série d'amplis Marshall avec le Code. Je vois cette série d'amplis comme l'évolution du pré-ampli JMP-1 en quelque sorte. Si on y réfléchit bien, Marshall était en fait très en avance sur la modélisation, ils le faisaient bien avant tout le monde avec le JMP-1 et les voici de retour pour rattraper leur retard en la matière maintenant que tout le monde fait ça ! Ils étaient les premiers et sont ensuite devenus retardataires, mais c'est cool que Marshall se soit penché sur ce créneau. Dommage que la tête Code 100H ne soit pas disponible en version rackable d'ailleurs, sinon il y en aurait déjà une dans mon matos de scène !

Tu serais prête à passer d'un ampli à lampe comme le JVM410HJS à un ampli de modélisation comme le Code 100H dans Alice Cooper ? 

Absolument car le Code 100H contient absolument tout ce dont j'ai vraiment besoin pour me produire sur scène ! Mon seul problème est que le footswitch du Code n'a que 3 boutons. Mais si jamais le Code 100H était équipé d'un footswitch Midi plus complet, je pense que je ferais le changement sans hésiter !

Niveau cordes, quelle est ta préférence ? 

J'utilise des D'Addario NYXL en 10-46 et nous sommes accordés en Mi bémol (Eb) et en Drop de Do# (Drop C#) pour quelques chansons. Le tirant 10-46 est tout ce qu'il y a de plus standard évidemment, mais la gamme NYXL est vraiment excellente ! Je trouve magique à quel point ces cordes parviennent à garder leur fraicheur si longtemps ! La plupart des guitaristes de tournée vont changer leurs cordes à chaque concert, en ce qui me concerne, si je change les cordes de mes guitares deux fois par semaine, c'est un maximum ! C'est souvent moins que ça avec les NYXL ! Ces cordes ont toujours tellement de vie après un concert que je me demande même si elles ne sonnent pas mieux le lendemain, si bien que j'ai vite ressenti moins de besoin de changer mes cordes. 

En dehors d'Alice Cooper tu t'apprêtes à publier ton premier album solo "Controlled Chaos". Peux-tu nous en parler ?

Je voulais vraiment concentrer toute mon énergie en dehors d'Alice Cooper sur mon propre groupe We Start Wars. J'étais prête à entrer en studio et mettre en boite notre album mais Steve Vai m'a demandé personnellement de lui fournir un titre solo, qui a fini par être "Pandemonium", pour la compilation "She Rocks" (2017) qui est sortie sur son label Favored Nations et il était bien évidemment impossible pour moi de décliner une proposition directe de Steve Vai ! Cela a eu pour effet d'insuffler un feu nouveau en moi et de me donner envie de poursuivre dans une voie instrumentale en solo et c'est mon projet principal pour 2018 même si je vais continuer également à faire avancer We Start Wars ! Je suis très occupée en ce moment entre mon groupe, ma musique solo, Alice Cooper, mes chiens et mon petit ami (rires) ! Tout cela est très prenant mais j'ai la chance d'être passionnée par tous mes projets et tous les individus qui font partie de ma vie ! 

Crédits photos : Laurent Reymond, Larry Dimarzio, Renee Robyn, Robert Downs, Sethckal et Spencer Collins.

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