Test du Plethora X5 de TC Electronic

- Le 23 Octobre 2020 - Note Guitariste.com : (4/5)
Depuis de nombreuses années, la société danoise TC Electronic abreuve le marché d'effets studio et de pédales de qualité pour guitaristes, bassistes et chanteurs. Après avoir aidé à populariser les mini formats, notamment avec le Polytune et le Ditto, TC s'attaque aujourd'hui au "pédalboard intégré et intelligent" conçu autour de 5 mini pédales, le Plethora X5. Bien que les sonorités proposées ne soient pas nouvelles (nous en avons couvert un certain nombre dans de précédents tests), la possibilité d'avoir désormais 13 effets dans un unique boitier aux multiples options est une offre très intéressante, que nous allons vous présenter.

Découverte

Le carton  que nous recevons est assez compacte et contient en plus du produit principal, une alimentation secteur 9V (pas de pile ici, nous sommes dans le tout numérique qui consomme), une câble USB/mini USB, un très concis guide d'utilisation ainsi qu'un autocollant. 

Le(la ?) Plethora X5 est un produit massif, ayant la forme d'une brique : avec son poids et ses deux très larges patins en caoutchouc, il tiendra bien au sol. La découverte (physique) du produit est très rapide. L'idée de TC Electronic est ici de proposer 5 effets/pédales disposées les unes à coté des autres – d'où les 5 interrupteurs pour activer/désactiver chaque effet. Il faut insister sur ce concept : vous avez sous les pieds 5 pédales dans un boitier commun. Ainsi, il faut appuyer sur 2 switches simultanément si vous souhaitez éteindre deux effets, et appuyer sur un autre pour l'allumer (lors de changement de section par exemple). Il n'y a pas de possibilité de "scène" ou "groupe" où un seul interrupteur permettra  d'activer/désactiver plusieurs effets. 

Nous trouvons donc 5 interrupteurs (silencieux), chacun associé a un écran de bonne taille pour être bien lisible. Au-dessus de chaque écran se trouve également un potentiomètre – ceux à chaque extrémité étant crantés avec une fonction "poussoir" afin de, comme nous le verrons plus tard, valider certaines commandes. Bien que leur positionnement laisse penser qu'il existe cinq trio "interrupteur/écran / potard", il n'en est rien : ces potentiomètres n'ont pas de lien direct avec l'écran/interrupteur qu'ils surplombent. Les 3 potentiomètres du milieu n'ont d'ailleurs aucune utilité en mode Play (situation de jeu) pour le moment. En plus de ces quelques contrôles, on trouve deux mini interrupteurs : un Play/Edit qui permettra de passer de la configuration jeu à celle de paramétrage, ainsi qu'une commande "Board" qui permettra de passer manuellement d'une banque à une autre.

Au dos de l'appareil, on trouve une embase pour l'alimentation, une prise USB pour raccorder à un ordinateur – un logiciel de création des sons est téléchargeable gratuitement pour commander l'appareil (disponible sur PC/Mac et également sur IOS et Android avec une liaison Bluetooth), une paire MIDI IN/OUT, une paire d'entrées stéréo ainsi qu'une paire de sorties (stéréo), une paire IN/OUT d'insert et pour finir une prise jack permettant d'accueillir une pédale d'expression. En somme une connectique très complète ! 

Le Plethora X5 ne comporte pas de bouton On/Off : on branche le cordon d'alimentation et le board s'allume. Il faudra ensuite compter 15 secondes afin qu'il soit opérationnel (attention aux accidents pendant les concerts... 15 secondes c'est long ☺).

Avant de vraiment plonger dans cet apparent puit sans fond d'effets, nous vérifions que tout est à jour sur le site de TC. Il nous a fallu mettre à jour le firmware, assez simplement : télécharger le fichier, brancher le câble USB, glisser/déposer et... chercher  sur le site comment faire un "power recycle" (en vrai, simplement débrancher et rebrancher le produit). Comme nous l'avons dit, un guide rapide de l'utilisateur et disponible, mais il est vraiment très succinct... Il faudra vous contenter de ces 2 pages, pauvres en explications il faut l'avouer. Si vous voulez avoir des explications sur chaque effet, sur le fonctionnement des menus et sous menus, sur la signification de telle icône ou encore sur la technologie Smash, il faudra passer du temps à visiter le site TC et la page produit (on apprend ainsi qu'il y a 127 banques disponibles, qu'on peut inverser deux pédales en un clin d'œil...). Nous pouvons grappiller quelques informations via les notes accompagnant la mise à disposition du nouveau firmware : correction de ci, fonction de ça... lorsque les firmwares sont accompagnés de ces notes !

TC annonce un produit ici évolutif – vous pouvez d'ailleurs envoyer vos idées – et je suppose que c'est dans cette perspective qu'ils n'ont pas mis à disposition de manuel d'utilisateur (encore une fois, les deux pages sont les seules choses que vous aurez sous la main). Tandis que certaines choses sont ici instinctives,  d'autres auraient nécessité d'être expliquées (pour gagner du temps) ou même juste annoncées. Même si les manuels d'utilisations ne sont pas des documents très souvent consultés, il est dommage que sur un produit apparemment très complet, il n'y ait pas de guide des fonctions de base - comme sur par exemple le H9 d'Eventide qui , même si évolutif, propose 2 gros manuels.  Il faut prendre ça un peu comme un smartphone : plus vous l'utiliserez et passerez du temps dans les menus et les effets, à bidouiller et chercher, plus vous découvrirez ce que le produit propose et est capable de faire.

Bref, le produit démarre et nous commençons la visite : chaque couple écran / interrupteur est rattaché à un effet que vous allez pouvoir activer ou non. Pour modifier un effet, cela se fait assez instinctivement. Le mini interrupteur PLAY/EDIT permet d'alterner entre le mode de jeu et les différents menus de réglages. Les afficionados du triturage de pédales en live s'écarteront rapidement de ce produit. Il faut plutôt penser à un outils compact et passe partout qui se règle avant les repètes et les lives, afin d'avoir tout clé en main au moment voulu.

 

Mode EDIT

Pour modifier tel ou tel effet, il faut avant tout le sélectionner via le footswitch associé. Attention, il est ici TRÈS facile de se tromper, dans la mesure ou en mode EDIT, vous ne voyez plus quel effet est assigné à tel ou tel footswitch. 

L'écran n°1 va ainsi afficher l'effet associé à ce switch, et le potentiomètre numéro 1 permettre de sélectionner une des 15 possibilités (et on découvre ainsi les 13 effets disponibles, issus de la gamme de mini pédale TC existante). Nous avons donc le choix entre compresseur, chorus, flanger, harmoniseur, noise gate, octaver, pitch shifter,  reverb, tremolo, vibrato, delay, doubleur, ainsi qu'un slot vide et un permettant de sélectionner la pédale qui sera dans la bouche d'insert, judicieusement une pédale de drive, cette famille n'étant pas (encore ???) proposée dans le Plethora X5. Au passage, on note donc que l'on peut placer notre "pédale d'insert" sur n'importe lequel des 5 emplacements, que l'on pourra activer/désactiver via le Plethora X5, et ainsi moduler la chaine d'effet comme on le souhaite. 

Une fois l'effet sélectionné, les différents paramètres disponibles s'affichent sur les écrans 2 à 4 – paramètres que l'on peut ainsi modifier grâce aux potentiomètres associés. On note qu'un potentiomètre peut ainsi modifier plusieurs paramètres (jusqu'à 3), assignables via l'application mobile ou le logiciel. Le potard le plus à droite permet de sélectionner la sous-famille d'effet (par exemple, dans les chorus, on aura le choix entre Warm Chorus, Rich chorus, Lush, Liquid...) et les TonePrints, à savoir des presets crées par des artistes de renom : Steve Vai, Paul Gilbert, Devin Townsend...

Attention, ici  aucune action de sauvegarde n'est requise : lorsque vous modifiez un paramètre d'un effet et revenez dans le mode play, il est enregistré. Ce qui en soit n'est pas une bonne chose si vous ne vous souvenez pas d'ou vous partez ou que vous regrettez une modification – et c'est sans doute la raison pour laquelle les potentiomètres n'ont pas d'action en mode Play.

Très important ici : vous n'aurez pas accès à l'intégralité des paramètres – loin de là. Il faudra passer par l'appli sur Smartphone ou le logiciel desktop pour pouvoir modifier les dizaines de caractéristiques de chaque effet, assigner les potentiomètres, régler les courbes SMASH...

Mode PLAY

Sur chaque écran, nous trouvons le type d'effet affiché en gros (chorus, delay...) associé a une couleur (on peut d'ailleurs choisir l'affichage de cette couleur : soit en bande, avec les écritures de part et d'autre, soit via un cercle de couleur avec les informations par dessus – moins lisible à mon sens). Juste au dessus, nous trouvons le nom de la pédale TC originelle dont est tiré l'effet (HOF 2, CORONA...). En plus petit, nous lisons la typologie de chaque effet : par exemple Tape  pour le delay ou Lush Chorus... Chez vous, cela peut être utile pour faire vos réglages, mais oubliez la lecture en live. Hormis ce détail, les écrans sont très agréables, larges et visibles pour les informations vitales.

On note dans le coin supérieur gauche le logo SMASH, de la technologie propriétaire très intelligente. Via l'application ou le logiciel de contrôle, il vous est possible d'assigner jusqu'à 3 paramètres au footswitch (contrôlant l'effet), afin qu'ils évoluent selon la pression exercée sur ce dernier. Plus concrètement, comme nous en faisons la démonstration dans la vidéo, plus vous appuyez fortement sur le switch, plus la vitesse du tremolo (par exemple) va augmenter. Lorsque vous relâchez, la vitesse va revenir à son point de départ. Le réglage se fait sous forme de courbe, dont vous décidez du minimum et du maximum. Avec de l'entrainement, cela pourra remplacer une pédale d'expression pour certaines fonctions. Il est également possible de paramétrer un tap tempo sur le footwitch de l'effet. Dans le mode Play, il est possible d'intervertir deux "pédales" en appuyant quelques secondes simultanément sur leur footswitch respectifs, ce qui peut être très pratique pour comparer rapidement le rendu de tel ou tel placement.

Il est possible de sauvegarder jusqu'à 127  banques (de 5 pédales donc). On y accède en utilisant le mini togggle switch comme précisé précédemment, ou alors le Plethora X5 peut être paramétré pour passer d'une banque à une autre en appuyant 3 fois de suite sur les footswitches un ou deux qui vont ainsi permettre d'augmenter ou décrémenter en affichant le nom de chaque banque. Evitez de passer d'une banque à l'autre lors d'un même morceau, le changement n'étant pas instantané et l'intégralité des effets étant désactivé lors de la transition. Il est d'ailleurs dommage de n'avoir nulle part un affichage en temps réel du numéro/nom de la banque utilisée (ces informations s'affichent uniquement lorsque nous avons débuté le passage vers une nouvelle banque). Un paramétrage similaire est possible avec l'interrupteur n°5 afin d'accéder à l'accordeur. L'affichage de l'accordeur est large, visible et agréable, même s'il faut s'habituer au rendu de certaines lettres. Etonnamment de la part de TC, il s'agit ici d'un accordeur "standard", a savoir corde à corde : pas de mode Polychord du PolyTune, où l'on gratte toutes les cordes à vide  simultanément et la machine indique ce qui est accordé ou non.

Comment l'utiliser ? 

Il y a de multiples branchements et utilisations possibles avec cette intelligente plateforme. 

Utilisé conjointement avec un ampli, le Plethora X5 peut se brancher avant l'ampli ou  dans sa boucle d'effets, et selon les utilisations et les besoins, être parfaitement à sa place. Cependant, dans ces deux situations, certains effets pourraient ne pas avoir un emplacement optimisé et ne donneraient pas leur maximum (un compresseur dans une boucle d'effet n'aurait pas d'intérêt par exemple, tandis qu'un delay est le plus souvent utilisé dans cette même boucle – bien que ce soit un affaire de goût). Grâce à la boucle d'insert, vous allez ainsi pouvoir mettre en application la méthode dite "des 4 câbles" : l'instrument se branche dans le Input du Plethora X5, le SEND de l'Insert attaque le IN de l'ampli (étage de préamplification) puis le signal ressort par le SEND de la boucle d'effet de l'ampli pour ensuite retourner dans le Plethora X5. Enfin, le Plethora attaque la section d'amplification de votre ampli, via le RETURN de la boucle d'effet. Avec ce branchement, vous pouvez ainsi disposez comme vous le souhaitez les effets avant et après l'étage de préamplification et vous avez sous les pieds une solution (presque) globale : il manque juste le contrôle des canaux de l'ampli par le Plethora X5.  Comme discuté précédemment, il est possible d'attribuer un slot au contenu de la boucle d'insert, et d'activer/désactiver cela. Cependant, dans cette configuration, si vous désactivez l'étage de préamplification, votre signal ne passe plus par le preamp, et perd sa couleur, ses corrections (et son gain) et attaque directement l'étage d'amplification... Bref, à ne pas faire. Cependant, en parcourant les banques d'usine, nous avons noté la présence ici et la d'une petite icône de jack sur les écrans. Il faut ainsi comprendre que l'insert se situe alors ENTRE les pédales = le matériel au sein de la boucle d'insert n'est pas débrayable – et donc perpétuellement utilisé, ce qui est la meilleure solution pour un préamp, via le Plethora X5 – et ne gaspille ainsi pas la place d'un effet. 

Si vous avez un ampli ayant uniquement un canal clean, par exemple, et que vous avez l'habitude de jouer avec une pédales de gain en amont, il suffira de mettre cette pédale dans la boucle d'insert – vous pourrez l'activer via le Plethora – et envoyer le tout sur l'ampli. 

Si vous souhaitez ne pas utilisez votre baffle,  vous pouvez simplement brancher le Plethora dans une table de mixage ou une carte son et activer le simulateur de cab intégré – attention, ici pas de volume de sortie. Il s'agit d'une enceinte de type 4x12 anglais (un baffle Marshall 1960 donc...). Ici, aucune possibilité de réglages mais le rendu est très correct, comme vous pourrez l'entendre dans la démo. Pour le moment, seul ce modèle de cabinet existe, mais peut-être que TC élargira les modèles (sachant que ce board est également proposé aux bassistes). 

A noter que comme souvent, TC a pensé a beaucoup de choses... Le Plethorax5 comporte un buffer qu'il est possible de débrayer – paramétrage différent pour chaque  "board/scène".

Conclusion

Nous l'avions annoncé dans l'introduction de cette longue visite : coté sonorités, il n'y a pas de surprises ou de nouveautés. Il s'agit ‘du son' TC et de choses que nous avons découvertes ces dernières années : rien de superflu, les effets sont de qualité - les reverb et les délais sont magnifiques, surtout en stéréo. Nous avons sous les pieds 13 "pédales" de grande qualité – dommage cependant que l'intégralité des effets ne soit pas présente, comme la phaser par exemple (sans doute car il n'existe pas en format une mini pédale) – mais cela sera peut être résolu dans l'avenir. Nous bénéficions également d'un buffer, d'une grande flexibilité, de différentes options d'utilisation, d'un simulateur de cab faisant illusion... Le tout dans un planche compacte, bien pensée et intelligente. Nous regrettons cependant énormément qu'aucun manuel de soit présent pour aiguiller. Ce type de matériel est extrêmement complet, et nécessite de passer temps certain sur un ordi ou un appli (qui ne sont pas toujours très intuitives non plus) pour paramétrer l'outils – même si tout sonne super bien à la sortie du carton. Il est cependant très frustrant de ne pas savoir exactement de quoi le matériel est capable, et de découvrir quelques jours, semaines ou mois plus tard, que la fonction dont vous rêviez était disponible depuis le début !

Le TC Electronic Plethora X5 est aujourd'hui disponible pour environ 450€. Nous avons 13 effets de qualité sous le pied (vendus individuellement autour des 70€) et de nombreuses fonctions, qui font de cette machine le compagnon idéal d'un ampli ou d'une pédale de préamp (parfait pour ceux qui cherchent la compacité et la légèreté lors des transports). Notons que sur ce marché compétitif, on trouve dans ces tarifs (et bien sur au delà) des systèmes plus ou moins similaires ayant en plus des simulations de pédale de drive et d'amplis, et acceptant les IR. Sachant qu'il est évolutif, TC proposera peut-être par la suite d'autres effets (par exemple le looper, le booster, un eq ou des drive...).

Les plus 

 - 13 effets (pour le moment) sous le pied
 - Les reverbs et delay TC, toujours extraordinaires
 - Une interface extrêmement flexible
 - Une boucle d'insert pour votre ampli ou pédale de drive préférée

Les moins

 - Pas de manuel... et l'obligation de chercher, fouiller, tester, deviner pour un produit qui n'est pas toujours intuitif
 - Le prix, un peu élevé.

NDLR : Voir l'annonce de la sortie du TC Electronic Plethora X5

Distribution
Produit TC Electronic distribué par Adagio Group.

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