Lâg T218 DCE et ACE : la guerre des tailles

Publié le 13/05/2026 par Julien Bitoun
On pourra vous expliquer à longueur d'article l'influence de la taille sur le caractère sonore de votre acoustique, mais rien ne vaut un vrai comparatif entre deux instruments aux caractéristiques parfaitement égales par ailleurs. Pour ce faire, nous avons donc choisi deux guitares chinoises de milieu de gamme, des Lâg qui forment à elles deux la gamme T218 : à ma gauche, la dreadnought DCE et à ma droite, sa petite sœur l'Auditorium ACE. C'est parti pour le match.

Pour ceux qui n'ont pas suivi, Lâg est une marque française montée au début des années 80 par le guitariste Michel Chavarria. Au début spécialisée dans l'électrique, elle a progressivement évolué vers l'acoustique, en particulier depuis le rachat par le géant de la distribution Algam en 2003. En 2011, un grand pas est franchi avec l'ouverture de l'usine Lâg chinoise, qui permet de contrôler pleinement la manufacture délocalisée de la marque. Là où la plupart des grands noms (Epiphone, Squier ou PRS SE par exemple) font appel à l'usine Cort, le fait d'avoir sa propre usine permet d'instaurer ses méthodes de fabrication et surtout de garantir un meilleur contrôle qualité.

Ce contrôle qualité est évident lorsque l'on déballe les deux T218 de leur carton (dommage, pas de housse). Aucun à-peu-près n'est à déplorer dans la finition, le confort de jeu est impeccable, les bords de frettes ne coupent pas… On échappe à beaucoup des écueils qui peuvent gâcher les instruments dans cette gamme de prix très accessible. Au contraire, Les T218 sont plutôt bien équipées, avec un préampli Stage Lâg très complet dans ses réglages (médium semi-paramétrique et notch filter), un accordeur intégré qui a le mérite d'être là même s'il ne vous fera pas oublier votre Polytune, et un choix de bois impeccable. La table fait dans le luxe avec de l'épicéa Engelmann massif, un choix que l'on retrouve plus souvent sur du haut de gamme, et pour le corps, c'est du palissandre indien laminé. Les choix sont plus originaux pour le manche (Kayah) et la touche (Brown BrankoWood), des matières dont le côté durable est un argument non-négligeable à l'heure actuelle.

Aperçu du modèle Dreadnought T218 DCE de Lâg

Les 218 sont le haut de la gamme Tramontane, dont le nom est évidemment une référence aux origines du Sud de la France de la marque. La T70 a un corps en Khaya avec une finition satinée et une table en épicéa Sitka avec vernis satiné, la T88 passe à l'Engelmann avec un corps Khaya et une finition brillante, la T98 est toute en Khaya et la T118 a aussi un corps en Khaya, mais une table en cèdre rouge. Les 218 sont donc les seules à avoir du palissandre, et le CE de leur référence fait allusion à leur pan coupé (cutaway) et à leur électronique embarquée.

Aperçu du modèle Auditorium T218 ACE de Lâg

Le choix cornélien

La recette des Lâg T218 est un grand classique qui a fait ses preuves depuis plus d'une centaine d'années, puisque c'est l'alliance de l'épicéa et du palissandre qui a donné à la Martin D-28 ses lettres de noblesse. On peut donc s'attendre à un son bien riche harmoniquement, avec un creux dans les médiums qui met en valeur l'épaisseur et la définition, le tout avec une bonne dynamique. Avec les deux modèles, on retrouve effectivement le son bien plein aux informations sonores nombreuses du palissandre, et la table en Engelmann massif apporte une belle réactivité dynamique, du strumming le plus nerveux au fingerpicking le plus délicat. En revanche, le creux dans les médiums n'est pas spécialement marqué et la réponse en fréquences est plus uniforme que sur les grandes américaines. Ça donne un son moins chaud, un peu plus droit qui pourra sonner de façon presque agressive si l'on attaque trop fort (surtout sur la ACE).

Tête et micros de la Lâg T218 DCE et ACE

La forme Auditorium est évidemment plus confortable à jouer puisque le corps est moins encombrant, et c'est elle qui propose le meilleur équilibre entre les fréquences. Les amateurs de jeu aux doigts ou d'accompagnement doux avec un médiator pas trop épais y trouveront une partenaire tout à fait réceptive. La dreadnought DCE ramène les graves qui manquent à la ACE, mais au prix d'un corps plus encombrant et de basses qui peuvent prendre trop de places dans certains contextes. Si l'on attaque très fort, ça fait bien ronronner le tout, mais c'est aussi prendre le risque de cacher les autres instruments dans un mix.

Bien sûr, le choix entre les deux est une affaire purement personnelle, mais s'il fallait se mouiller, je dirais que la T218 ACE a un meilleur équilibre sonore et que son format plus compact en fait une meilleure voyageuse. Si vous cherchez une guitare pas trop chère pour jouer facilement sur scène (avec un système électro déjà installé donc), ou une première acoustique pour vous y mettre après avoir commencé à l'électrique, vous devriez vous pencher sur ces Tramontane.

Les plus

Les moins

 

Distribution Algam

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