Slipknot et la violence des notes de Jim Root

Guitare Live - Le 05 Septembre 2008

Entre Slipknot et Stone Sour, Jim Root est un homme fort occupé depuis près de dix ans. Ce fut d’ailleurs assez difficile de lui mettre la main dessus pour avoir quelques informations sur le quatrième album de Slipknot, All Hope Is Gone. Celui-ci s’apprête à connaître un succès aussi important que les précédents en revenant à des ambiances proches d’Iowa tout en continuant dans l’ouverture d’esprit de Vol. 3 – Subliminal Verses…

Entre Slipknot et Stone Sour, Jim Root est un homme fort occupé depuis près de dix ans. Ce fut d’ailleurs assez difficile de lui mettre la main dessus pour avoir quelques informations sur le quatrième album de Slipknot, All Hope Is Gone. Celui-ci s’apprête à connaître un succès aussi important que les précédents en revenant à des ambiances proches d’Iowa tout en continuant dans l’ouverture d’esprit de Vol. 3 – Subliminal Verses…
Par Nicolas Didier Barriac

Pendant quelque temps, les gens ont pensé qu’il n’y aurait peut-être plus d’albums de Slipknot après Vol. 3 – The Subliminal Verses. Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis et vous mettre à bosser sur All Hope Is Gone ?
Jim Root : Lorsque Corey Taylor et moi étions en tournée avec Stone Sour, nous nous doutions que nous ferions un nouvel album. En parlant à certains autres membres, nous nous sommes vite aperçus qu’il serait bon de voir ce dont nous étions capables. Le truc avec Slipknot, c’est que rien n’est vraiment prévu à l’avance (rires). Ça se passe ou ne se passe pas du tout !

En tout cas, il faut attendre de plus en plus longtemps entre chaque album…
J. R. : Oui et cela signifie simplement que ce que Corey et moi faisons avec Stone Sour marche plutôt bien (rires) ! Franchement, c’est la seule explication. Je n’ai pas un moment de libre et j’aimerai bien pouvoir faire autre chose de temps en temps. Je suis tout le temps occupé avec Stone Sour et Slipknot, sans relâche. Je passe d’un studio à un tourbus puis à un autre studio et ainsi de suite… Voilà ma vie depuis 1999 résumée en une phrase !

Depuis que l’album est annoncé, vous avez fait beaucoup de « teasing » sur Internet avec des photos notamment. C’est un passage obligé de l’industrie du disque de nos jours pour vendre ses albums ?
J. R. : Peut-être… Nous essayons avant tout de trouver des moyens originaux de faire parler de nous et de mettre un peu d’Art dans ce que nous faisons, car personne ne nous prend très au sérieux depuis que nous existons. Avec Vol. 3 – The Subliminal Verses nous avons commencé à gagner un peu de crédibilité en tant que compositeurs, mais avant nous n’étions qu’une bande de connards avec des masques qui sautaient dans tous les sens. Personne ne s’intéressait à nos chansons et à leur construction et je ne comprenais pas pourquoi. Peut-être que c’était simplement trop heavy ? Après, devons-nous faire ce teasing ? Internet rend les choses très accessibles et je ne serai pas surpris de me voir un jour sur Youtube en train de préparer du café (rires). Tu peux tout savoir sur n’importe qui par le biais d’Internet. Donc autant contrôler un minimum ce qu’on y diffuse.

All Hope Is Gone est un titre à la signification très forte. Tu y adhères ?
J. R. : Franchement, pas du tout (rires). Je n’ai pas trouvé ce nom. Je ne suis même plus très sûr qui l’a nommé ainsi même si j’ai ma petite idée… Nous faisons souvent les choses par pure provocation même si j’y adhère quand même en partie. Du point de vue des médias, il semblerait effectivement que tout espoir soit perdu. La guerre en Irak, la hausse du pétrole, les élections qui arrivent, le réchauffement climatique, etc. : où est l’espoir dans tout ça ? Mais c’est le point de vue des médias. En ce moment, je suis dans ma voiture et je reviens du Nebraska : l’herbe est verte, le ciel est bleu, les nuages sont magnifiques et les collines me rappellent le sud de la France. Tout ça est en opposition avec le discours des médias. Tout est donc une question de point de vue. J’essaie de garder un point de vue optimiste (rires).

Et dans le disque, trouve-t-on aussi une part d’optimisme ?
J. R. : Peut-être… Malgré la violence, il y aura forcément qui va renaître derrière. Peut-être que nous prenons cette voie et que l’optimisme de All Hope Is Gone réside là.

Sur Vol. 3 – The Subliminal Verses, la majorité du groupe, et toi en particulier, n’a pas été content du travail (ou plutôt du non-travail) de Rick Rubin (Slayer, System Of A Down, Metallica, Linkin Park, etc.). Est-ce que cela s’est mieux passé avec Dave Fortman, un ex-Ugly Kid Joe, qui est connu pour ses réalisations aux côtés de Simple Plan et d’Evanescence ?
J. R. : Tu sais quoi ? Je préfère ne rien dire à propos de Dave Fortman. Ma mère m’a dit de plutôt ne rien dire si je n’avais rien de gentil à dire. Disons simplement que j’aurais préféré avoir le plaisir de travailler avec un vrai producteur. En tout cas, c’est un ingénieur du son incroyable, car le disque sonne terriblement bien. Voilà : Dave Fortman est un très bon ingénieur du son (rires) !

Est-ce que le groupe a expérimenté de nouvelles façons d’écrire ses chansons sur All Hope Is Gone ?
J. R. : Non, pas vraiment. Cet album a été assemblé de bric et de broc (rires). J’aimerais dire que nous avons expérimenté et fait des trucs inédits, mais la vérité est que… en fait, non je retire ce que je viens de dire ! All Hope Is Gone est notre album le plus varié. Et pour en revenir à ce que je disais tout à l’heure, je pense qu’il fallait en passer par là. Nous n’avons jamais enregistré un album de cette façon et que le résultat soit bon ou mauvais nous n’y pouvons plus rien. Généralement Joey enregistre ses parties de batterie avec le reste du groupe qui l’accompagne dans une pièce à côté. Ce coup-ci il a presque tout joué sans nous et le disque s’est construit en couches à partir de là. C’était nouveau.

Est-ce que vous écoutiez beaucoup de musique tout en enregistrant cet album, pour vous inspirer ?
J. R. : Non, pas spécialement. Nous étions tellement à fond dans l’écriture que nous n’avions pas le temps de nous inspirer des autres ! Nous avons oublié de ce qui se passait autour de nous durant ces sessions.

Avec neuf membres dans un groupe, on peut s’attendre à neuf personnalités. Quand on voit certaines grosses formations comme Metallica qui ont du mal à ne pas se taper dessus, on est en droit de se demander si les membres de Slipknot s’entendent bien… À titre personnel et humainement, avec quel membre du groupe t’entends-tu le mieux ?
J. R. : Il y en a trois avec lesquels je m’entends super bien. Mais je pense que ça serait Clown ou Sid.

Quel genre de chansons de Slipknot préfères-tu ?
J. R. : En règle générale je préfère les titres cérébraux qui ont une ambiance pesante. J’aime le progressif, mais plus dans le genre Pink Floyd que Rush. Quand nous arrivons à incorporer ce son dans notre mixture de métal, je trouve le résultat vraiment intéressant. Du coup j’adore des morceaux comme Danger ou Iowa. Ils font vraiment peur !

Quand une tournée de Slipknot passe par Paris, qu’est-ce que tu aimes faire pendant ton temps libre dans notre belle capitale (rires) ?
J. R. : J’aime me balader de mon hôtel jusqu’à un café sympathique, glander et regarder les gens. La dernière fois que j’étais à Paris, mon roady et moi avons marché de la Place de la Concorde jusqu’aux Champs-Élysées. Se balader dans cette ville est incroyable. Il y a tellement d’Histoire à chaque coin de rue. Parfois j’aimerai mieux faire ça que jouer (rires) ! Je ne suis jamais allé à la Tour Eiffel ou à l’Arc de triomphe, mais il faudra que je le fasse. Pour le moment, j’étais plus occupé à trouver des restaurants et des cafés sympas. Je prends des centaines et des centaines de photos aussi de mes pérégrinations parisiennes (rires).

Tu as visité d’autres endroits en France que Paris ?
J. R. : Tout à fait. D'ailleurs, une de mes villes françaises préférées est Lyon. C’est un endroit superbe. Malheureusement, nous ne passons pas suffisamment de temps dans le sud de la France... J’aimerai bien aller à la plage un de ces quatre, car nous ne sommes passés par là qu’une seule fois, rapidement. Nous avons joué dans plusieurs villes françaises et aucune ne m’a déplu.

Pour finir, qu’est-ce qui tourne en boucle dans ton iPod récemment ?
J. R. : Je viens d’acheter l’album de MGMT et je l’écoute pas mal. Sinon j’écoute surtout du Pink Floyd et pas mal de vieilleries, des trucs que je connais bien. Clown et moi avons également écrit de la musique et j’aime bien écouter ça, tout comme notre nouvel album, à faible dose. En règle générale les nouvelles sorties ne m’intéressent pas beaucoup.


Slipknot – All Hope Is Gone
Roadrunner - Warner
www.slipknot1.com