- Le « doigté alterné trois basses »
- Cactus
- La grosse Cavalerie
- West Coast
- Le doigté alterné 3 temps (et 4 doigts)
Sur ce troisième cours dédié à la douze cordes, je vais vous montrer quelques exemples qui illustrent parfaitement l'effet rythmique dont je vous parlais auparavant.
Le « doigté alterné trois basses »
- Note
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Prenons maintenant le « De base », jouons-le deux fois en changeant de basse une fois sur deux. Sur un accord de Sol, cela nous donne ceci :
On a évoqué l'effet rythmique, voyons cela de plus près : un doigté alterné crée un effet rythmique dès que deux cordes consécutives jouent la même note. On s'en rend mieux compte en jouant plus vite.
Voici un picking bien connu sur la 6 cordes et qui est excellent sur la 12, car il favorise justement cet effet rythmique. Ici, les deux notes identiques consécutives sont le Sol aigu obtenu en pinçant la corde mi aiguë à la 3ème case, et la corde sol octave à vide :
Pour le 2ème doigté, j'ai seulement inversé les aiguës.
Cette fois, je considère la première note comme une vraie basse et je l'écris sur la portée comme je le ferais pour une six cordes. Je ne note pas son octave, qui sonne quand même, mais n'est pas prédominante.
Enlevons la 2ème note de ces doigtés alternés, en doublant la durée de leur première note (de croche, celle-ci devient noire).
En gardant leur structure, quitte à varier le choix des cordes, ces « doigtés alternés trois basses » sont intéressants sur la douze cordes.
Maintenant que vous maîtrisez un minimum les niveaux sonores, il est temps de commencer à accentuer certaines basses, avec bien sûr la modération requise pour ne pas couvrir le jeu mélodique des cordes plus aiguës.
Assez souvent sur la guitare à douze cordes avec des doigtés issus de pickings, c'est seulement la première basse qui est accentuée (la toute première note du cycle). Et c'est souvent la plus grave d'entre elles, comme c'est le cas ici. Les autres basses mises « en sourdine », ce sont leurs octaves qui prennent place pour construire avec le registre aigu des boucles mélodiques et des effets rythmiques. Cela laisse un large espace libre pour le jeu mélodique.
En général, ce jeu mélodique s'exerce au moins sur les quatre premières paires de cordes. C'est pourquoi les octaves que j'utilise le plus sont : ré et sol, comme dans l'exemple qui suit.


Cactus
- Note
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Voici un extrait de mon morceau « Cactus », uniquement des harmoniques. Celui-ci peut se jouer plus rythmé, façon picking avec les basses accentuées (et pas seulement la première).
Ce passage se travaille lentement, comme tous, mais il est fait ensuite pour être joué très vite, voire, une fois n'est pas coutume, le plus vite possible !
La pièce complète se trouve en annexe de ma méthode de guitare à douze cordes.

La grosse Cavalerie
- Note
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Une ritournelle facile à jouer où les boucles mélodiques et l'effet rythmique se conjuguent à merveille. Elle est extraite de : « La grosse cavalerie », un morceau de mon CD « Trajectoires ».
J'ai mis le tempo à 165, mais mieux vaut démarrer plus lent, et, plus tard dépasser même ce chiffre.
Ici, seule la première note de chaque mesure est accentuée, et change de corde, les autres notes tricotent une boucle mélodique sur les quatre paires de cordes les plus aiguës.
De ce point de vue, ce n'est pas un vrai picking, qui, habituellement accentue le pouce sur les deux basses. Cela dit, dès lors que l'on entend toutes les notes que l'on joue, instinctivement, l'on ajuste entre elles le niveau sonore de toutes les cordes.

West Coast
- Note
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Voici le riff de base de ce morceau tiré de mon CD « Trajectoires », un genre qui groove , avec, sur les notes ré, notre effet rythmique prédominant.
(accordage : basse en RE, c'est-à-dire : ré RE ; la LA ; ré RE ; sol SOL ; Si Si ; Mi Mi)
Cette fois, il est conseillé d'accentuer le pouce, comme dans un picking habituel.
On peut « tirer » (choke) sur la toute dernière note, cela ajoute un effet intéressant.
Ce riff est à faire tourner en boucle pendant longtemps, il a tendance à être envoûtant !

Le doigté alterné 3 temps (et 4 doigts)
- Note
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Il est très simple, et fait intervenir l'annulaire de la main droite. Pour ceux qui n'ont pas l'habitude, il est une bonne introduction à ces techniques à quatre doigts. C'est la quatrième mesure de notre exercice de base de main droite (ci-dessus) : vous pouvez donc le travailler progressivement avec lui.
Tout dépend du contexte, bien sûr, mais celui-ci, on a spontanément envie de l'accentuer sur sa première note seule. La basse alors prédomine, et je l'écris sans son octave. Ensuite, le pouce met plutôt en valeur les octaves.
Le choix des doigts de la main droite
A propos des doigtés de main droite indiqués ici, ils supposent que vous utilisiez parfois l'annulaire, donc que vous jouiez à quatre doigts. Ce n'est pas très difficile, et c'est tout de même le plus raisonnable, considérant qu'il y a plus de cordes à traiter.
On peut arriver à remplacer l'annulaire par le majeur sur un certain nombre des doigtés censés l'utiliser, mais pas à les pousser dans leurs retranchements. Et puis, il vous en manquera beaucoup. Bref, ce serait vous aliéner une partie du répertoire.
Cela dit, les deux jeux (à 3 ou à 4 doigts) sont à connaître, car ils donnent à la main droite une assise rythmique différente.

Bonus
Voici « Chamaloc », un petit exercice à faire tourner sur notre doigté alterné à trois temps.
Chaque accord : Do, Ré7, Sol7, est joué quatre fois.
Comme d'habitude, à la fin de l'exercice, on enchaîne à nouveau sur le début, et on fait tourner longtemps. On s'arrête sur une tourne en Do.
A la fin des quatrièmes Ré7 et Sol7, la dernière note anticipe l'accord suivant ; c'est donc sur elle qu'on change d'accord.

















