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Le hipster : Instagram, viande bio et commerce équitable
C’est la version mondialisée, ultraconnectée et entrepreneuriale du bobo. En somme, sa version 2015 : il vit dans un quartier gentrifié et, de Pigalle, à Paris, à Shoreditch, à Londres, en passant par Brooklyn, a un mode de vie totalement mercantile et uniformisé : même cappuccino au lait de soja (à 5 euros), même vélo à pignon fixe (avec une selle en cuir Brooks), même ourlet retroussé sur son jean, même barbe (taillée par un barbier). Il a hérité de l’esprit néolibéral américain et mêle éthique alternative (il recycle, consomme bio, achète local) et désir d’entreprendre. Moins politisé, plus hédoniste, il est très narcissique et dans une quête de raffinement esthétique poussée – jusqu’à sa pince à barbecue pour griller sa viande bio. Il est exhibitionniste et met sa vie entière sur Instagram. Sa culture s’est construite sur Internet plutôt que dans les petites salles de concert. Il mange sans gluten, sans lactose (ce qui alimente beaucoup sa conversation) et boit du Red Bull.