J'ai vu une news super drôle !
Ça se passe près de chez moi :
Teknival de Chambley : des riverains résignés et équipés de boules Quies
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"Pour le bruit, tout dépendra du sens du vent", assène, philosophe, Mme le maire d'Hagéville, petit village aux premières loges du grand rassemblement techno Teknival qui démarre jeudi soir pour quatre jours sur l'ancienne base aérienne de Chambley (Meurthe-et-Moselle).
A quelques centaines de mètres à vol d'oiseau de la piste où se dressent les murs de sons techno, les habitants d'Hagéville et du hameau de Champs attendent avec une certaine méfiance l'arrivée des "teufeurs".
On en prévoit entre 40.000 et 100.000 jusqu'à dimanche pour ce grand rassemblement encadré par les autorités.
Punaisée sur la porte de la mairie d'Hagéville, à côté de l'affiche du concours de quilles local, une note du maire invite les administrés à s'adresser à la secrétaire de mairie "pour la livraison des bouchons d'oreilles".
La préfecture a fourni des "boules Quies" aux riverains, compte tenu des décibels à prévoir. "La seule chose qu'on a pu nous dire c'est que médicalement, on ne craindrait rien pour nos oreilles", explique Françoise Hitzel, maire d'Hagéville.
Ce n'est pas l'avis du patron du centre équestre de Champs, Johnny Divry, qui dès mercredi a placé en pension sa trentaine de chevaux, loin des décibels stressants pour les oreilles animales.
"La légende dit qu'en Bretagne lors d'un festival techno Astropolis un cheval est mort à cause du bruit. Mais c'est une légende", confie, rigolard, Michael, un des seuls raveurs arrivé de Haute-Savoie sous la pluie à Chambley dès mercredi soir.
A Hagéville, un autre éleveur s'interroge sur l'effet du son techno sur ses vaches mais a préféré laisser sa "quarantaine de mères avec les veaux" dans un champ voisin. "On verra bien. On ne peut rien dire avant. On n'a encore jamais vécu ça", explique cet agriculteur.
L'ancienne base aérienne, abandonnée par l'OTAN en 1967, a déjà accueilli d'autres grandes manifestations comme les rassemblements oecuméniques des gens du voyage, les courses de roadsters ou encore le "Mondial Air Ballons" , la biennale mondiale de l'aérostation. "Ce que les gens craignent, ce sont les éventuels débordements, mais les gendarmes devraient contenir les participants dans la base", explique la maire.
Six cents gendarmes ont été mobilisés, ainsi que deux hélicoptères de la gendarmerie et de la sécurité civile, et des équipes de secours.
Des contrôles anti-drogues en amont des accès au festival sont prévus et les parquets de Nancy, Metz, Briey, Thionville et Verdun ont renforcé leurs permanences pour ce week-end.
Parmi les riverains, personne ne se dit curieux d'aller voir le Teknival de près : "Ah ! Si seulement c'était un concert de Johnny", se prend à rêver une agricultrice, les mains sur les hanches.
© 2004 AFP