Taylor est LA marque qui va de l'avant par excellence. Grâce à son histoire plus récente que celle de ses vénérables concurrents acoustiques, la marque californienne a réussi à imposer un modèle commercial dans lequel le meilleur reste toujours à venir. Cette logique demeure valable, même pour les modèles les mieux installés de la gamme, comme la fameuse Grand Concert qui est ici représentée par le modèle 812ce. Mais ce n'est pas la même 812ce que vous auriez achetée dans un magasin il y a quelques années, et c'est tant mieux !

Dès les débuts de la marque dans la deuxième moitié des années 70, Taylor s'est fait connaître pour son approche disruptive de la guitare acoustique. À une époque où la norme était de faire la meilleure version possible de la sempiternelle D-28 de Martin, Taylor a décidé de fabriquer des guitares avec des manches bien plus faciles d'accès pour les musiciens électriques qui ne voulaient pas complètement réapprendre à jouer. Le succès a été immédiat.

À l'heure actuelle, Andy Powers a repris le flambeau laissé par le fondateur Bob Taylor et c'est désormais ce luthier et inventeur de génie qui se charge de trouver de nouveaux moyens d'améliorer le son, la fiabilité et les sensations du catalogue de la marque. C'est, par exemple, dans cette logique qu'il a inventé le barrage V-Class en 2018 pour permettre une meilleure expressivité de ses instruments.

Puis, au NAMM 2026, la marque a révélé les nouveaux modèles Grand Auditorium. Ce format, qui correspond à l'entre-deux du format OM chez Martin (mais en plus ergonomique), a été le premier à passer à la nouvelle génération. Mais les amateurs de plus petits formats ne voulaient pas être en reste, et voici désormais la Grand Concert Next Generation.

Le format Grand Concert, à peu près l'équivalent du 00, est bien compact, ce qui se traduit par un son très équilibré, sans graves envahissants. C'est l'arme secrète des fingerpickers, mais aussi la guitare ultime de canapé tant elle se laisse jouer sans même y penser. Lorsqu'en plus, dans le cas de cette 812ce Next Generation, on ajoute un chanfrein de confort "armrest" pour l'avant-bras, le manche ultra-accueillant qui est la marque de fabrique Taylor et le diapason court de 24 7/8”, on obtient un instrument qui donne l'impression de se jouer tout seul, sans aucun effort. Je l'ai prise en main au sortir de l'étui juste pour l'accorder, mais vu qu'elle était déjà parfaitement accordée je me suis laissé aller à jouer quelques notes aux doigts. Vingt minutes plus tard, j'étais encore assis au même endroit, à égrener des arpèges qui sonnaient aussi bien qu'un disque déjà produit.

Le choix de la nouvelle génération ?

Du côté des bois, La Taylor 812ce Next Generation reste dans la grande tradition du genre, avec une table en épicéa Sitka, un corps en palissandre indien (très joli soit dit en passant), un manche en acajou et une touche en ébène. Les décorations sont de très bon goût et ne prennent pas toute la place, se limitant à une incrustation de tête qui fait écho aux repères de touche modernes dans leur côté épuré. On apprécie l'effet noir fumé sur le nickel des mécaniques, discret mais très classe, et on ne serait pas fâchés de le voir plus souvent. Comme d'habitude chez Taylor, le niveau de finition est au sommet et il n'y a absolument rien à redire.

Jusque-là, on se trouve face à une très belle 812ce. Quels sont donc les attributs qui justifient l'appellation Next Generation ? Ils sont au nombre de trois. D'une part, il y a le manche Action Control Neck, qui rend le réglage de manche bien plus simple qu'avec un dovetail classique et permet même un neck reset en quelques secondes. Ensuite, il y a la version scalopée du barrage V-Class, pour encore plus d'expressivité et des graves plus riches. Sur un petit format comme la 812ce, cette amélioration a de vraies conséquences, et on l'entend très vite, surtout avec un médiator. Auparavant, le format Grand Concert ne se prêtait pas vraiment au strumming, alors qu'on s'imagine sans mal sortir cette Next Generation pour une rythmique en studio. Bien sûr, il n'y a pas la rondeur et la chaleur grasse d'une dreadnought, mais on a un son de rythmique déjà équilibré qui trouvera sans aucun problème sa place dans un mix. Enfin, la nouvelle génération marque aussi l'arrivée du système électroacoustique Clara qui vient remplacer le Expression System 2. La nouveauté la plus visible est que les réglages sont désormais cachés dans la rosace plutôt que de devoir percer l'éclisse supérieure, mais il y a aussi le réglage de contour des médiums pour jouer sur cette plage de fréquences à l'importance critique. Le résultat fonctionne très bien. Ce n'est pas le système le plus réaliste du marché (par rapport à un L.R. Baggs Anthem par exemple), mais le rapport son/simplicité/résistance au feedback est excellent. Ça fonctionnera dans la plupart des contextes, et votre ingé son saura parfaitement traiter ce style de son pour l'intégrer dans son mix live.

On retrouve aussi ces trois nouveautés sur les trois autres modèles Grand Concert Next Generation : par ordre de prix, la 233ce, la 213ce et la 412ce. Mais la Taylor 812ce Next Generation reste le haut de gamme des Grand Concert de la marque, et ne fait pas mentir sa réputation d'excellence. Plus que jamais, c'est un superbe outil pour le studio, pour le live et pour se faire plaisir à la maison.

Les plus

 • Finition irréprochable
 • Ultra agréable à jouer
 • Son très équilibré

Les moins

 • Prix élevé

 Distribution Taylor

Taylor 812ce Next Generation : la relève est assurée !