Quand je parlais de l'opposition, je parlais bien sûr du mal-nommé parti "socialiste". En effet, il existe toujours une gauche radicale dans ce pays qui a les instruments pour critiquer dans le fond la politique de Sarkozy. Quand on accepte l'économie de marché, on se retrouve dans l'entre-deux, on perd en clarté, parce que dans le fond, la logique du profit ne peut pas être transcendée par un impératif jugé moralement supérieur dans le cadre du capitalisme, c'est faire défaut à la "concurrence libre et non faussée".
La gauche social-démocrate pouvait encore critiquer la droite quand l'optique keynesienne demeurait envisageable, c'est à dire dans le cadre de la parenthèse qu'a constitué l'après guerre dans l'histoire du capitalisme. Penser aujourd'hui que l'on peut concilier la logique du profit et la logique de l'appropriation collective, de l'enrichissement mutuel, et du partage des richesses, c'est se carrer un doigt dans l'oeil bien profond. Le seul avenir qui attend la gauche capitaliste, c'est d'accepter la logique des réformes entreprises par la droite, même en émettant des réserves, et c'est au final son discrédit par les couches populaires. Je vous laisse imaginer ce que ça donne à long terme : si, un indice, remember 21 avril 2002...
«L'humanité est devenue assez étrangère à elle-même pour réussir à vivre sa propre destruction comme une jouissance esthétique de premier ordre.» Walter Benjamin