Ad Rock a écrit :
Moi je crois que c'est bien plus subtil et pervers que ça, le problème étant plutôt que ces deux mondes ont de plus en plus tendance à s'interpénétrer (à Bruxelles on est bien placé pour le voir avec le lobbying acharné qui se joue auprès des institutions européennes).
C'est à peu près ce que je disais: c'est devenu tellement flou qu'on ne sait plus où est le pouvoir - il n'est en tout cas pas centralisé, c'est une sorte d'hydre diffuse et un peu vague, irrationelle et passablement incontrôlable à mon avis, qui est, je le concède, passablement défaitiste actuellement.
Citation:
Par contre, je ne supporte plus ce discours de plus en plus courru qui veut que de toute façon c'est joué d'avance, que les politiques n'ont plus l'once d'un pouvoir et qu'il n'y a plus rien à attendre de leur part. Ceci pour les raisons que j'ai évoquées précédemment. A titre personnel, je suis loin d'être prêt à leur accorder un tel dédouanement et j'attend d'eux qu'ils rendent des comptes quant à leur action.
Mais où vois-tu que j'essayerais de "dédouaner" les politiques? Je pense au contraire qu'eux ont bien compris la situation depuis longtemps, que leur agitation n'est que de façade (sauver la face - et accessoirement garder son poste) et qu'ils sont passablement aussi perdus que le vulgus pecum, soumis qu'ils sont aux avis d'"experts" aussi fiables que des voyantes de fête foraine, tellement la situation économico-sociale est devenue trop compliquée pour être maîtrisée par un homme - ou une femme - seul(e). Je pense que les seuls là-dedans qui s'imaginent encore pouvoir réellement influer sur le cours des choses sont soit bouffis d'orgueil jusqu'à la moëlle, soit débutants et profondément naïfs (ils ne le restent pas longtemps). Mais que la grande majorité est réaliste et sait qu'ils ne sont que des fétus de paille dans le vent de l'Histoire - qui elle s'écrit depuis un moment (plusieurs décennies au moins) de façon quasi incontrôlable. Loin de les dédouaner, je leur reproche au contraire de ne pas jouer cartes sur tables et d'avouer leur impuissance pourtant manifeste.
A la limite, la seule politique qui peut encore un tant soit peu influer sur le cours des choses est la politique locale, à son petit niveau ponctuel. Et encore, même elle offre en général un tableau lamentable (je sais de quoi je parle crois-moi).
In rod we truss.
"Quelle opulence" - themidnighter
"It's sink or swim - shut up!"