Étant Nîmois et guitariste depuis 45 ans, je suis retourné au Flamenco sur le tard.
Un façon de retourner au cœur des férias où nous faisions les couillons.
Le flamenco étant aux coin des rues, je me souviens d’un paquet de joueurs de rue et de bodegas et aussi de spectacle de danse au quai de la fontaine avec six guitares en escadrille qui déboîtaient un rythme d’enfer.
Et aussi le Paso doble des corridas et des fêtes votives dans les villages, avec les vioques qui valsaient là-dessus.
Musique espagnole ou flamenco, pour moi c’était tout pareil, exotique.
Sans parler des descentes en Camargue et aux saintes où il y avait toujours des guitaristes de Flamenco, des gitanos purs et durs.
Putain leur virtuosité me fascinait.
Ca nous arrivait de prendre le bus pour Barcelone juste pour deux jours de fiesta et je me souviens de danseuses flamenco dans des boui-boui du barrio chino avec guitare et rhythmique à la mano.
Authentique avec la mauvaise vie qui allait avec…
J’ai quitté tout ca avec le décès des anciens et la revente de la maison à Nîmes.
Plus jamais foutu un pied.
J’ai pas fait gaffe, j’étais à Paris et j’ai joué du blues-rock et du jazz blues et le temps passe Amigo.
Et voilà que cela me rattrape à 60 piges, une sorte de blues flamenco; j’ai acheté une guitare flamenca et j’ai un prof, un barcelonais disciple de Sabicas qui a connu Paco de Lucia.
Quand je vais chez lui c’est merveilleux d’apprendre toutes ces techniques et cette musique incroyable.
Je repars à zéro en guitare; exit la zone de confort…
J’ai trouvé cette video sur YT; elle me rappelle justement Nîmes et ma jeunesse de façon frappante.
Bon j’adore ce morceau; l’eau vive et la source
Pour moi le Flamenco c’est un truc de musiciens de rue, j’ai du mal à envisager cela ailleurs, parce que cette musique me tombait dessus par hasard et que je l’aimais avec une sorte de dédain de jeunesse.
J’aime bien ces deux bandits clopeurs, assis sur la muraille avec les cyprès de l’alhambra derrière.
Ils me rappellent les mecs des saintes au début de 80’.
Faudrait que je redescende un jour.
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Recuerdos 1986