Les guitares du Jazz (et ceux/celles qui en jouent) liens p1

Rappel du dernier message de la page précédente :
Mikka Grytviken
@ John et @ Nizam.

Très théorique et mathématique tout ceci, nan ?

Nizam, je te propose de jouer ton accompagnement de Blue Bossa (comme ça, ça va te faire bosser la grille aussi) et de chanter une mélodie improvisée dessus, c'est un premier pas vers le Scat à la Benson. Tu trouves des idées par le chant ( chose nettement plus naturelle ) et tu les appliques ensuite sur l'instrument. Tu verras, c'est une très bonne méthode aussi.

soopajeanmi
Mikka Grytviken a écrit :


Nizam, je te propose de jouer ton accompagnement de Blue Bossa...


Remarque générale d'ailleurs sur tous les samples postés ici: quid de l'accompagnement et des multiples possibiltés pour interpréter la grille en accords? J'ai l'impression que cet aspect est *très* négligé ici, alors que dans un contexte jazz avec d'autres musiciens c'est une qualité primordiale pour les gratteux.

Un exemple assez éloquent, sur une grille pourtant fort simple:

jeffroi
  • Special Supra utilisateur
Complètement d'accord avec vous deux, c'est vrai que ça ne ressort pas souvent dans les discussions;
Pourtant en ce qui me concerne, c'est un axe central d'apprentissage, dans la mesure où toutes les "positions" que je joue sur le manche son associées à un ou plusieurs positions d'accords et sub (que j'essaye de caser dans les solos d'ailleurs) On devrait en parler plus souvent, certes, c'est clé.
j'ai récemment enclenché la deuxième vitesse, en essayant de jouer certains morceaux de mon répertoire en guitare solo ... not easy ... at all ! j'essaierai de vous montrer ça si j'y arrive sans trop de casse.
Mais le compin', c'est encore autre chose ! ça ne se travail pas tous seul
John_Mac_Rigole
jeffroi a écrit :
Complètement d'accord avec vous deux, c'est vrai que ça ne ressort pas souvent dans les discussions;
Pourtant en ce qui me concerne, c'est un axe central d'apprentissage, dans la mesure où toutes les "positions" que je joue sur le manche son associées à un ou plusieurs positions d'accords et sub (que j'essaye de caser dans les solos d'ailleurs) On devrait en parler plus souvent, certes, c'est clé.


Je suis également d'accord, mais Rome ne sait pas faite en un jour. Il faut bien commencer par quelque chose.

Quant à l'aspect "mathématique" des conseils préférés à Nizam, je me mettrais sur le même plan : "il faut bien commencer par savoir dire un mot, avant de savoir dire une phrase au sens propre, puis enfin, savoir dire une phrase dans un sens figuré".

Mais le débutant (que j'étais il n'y a pas si longtemps) a tout de suite envie de parler comme les grands. Pour ceusses qui ont des enfants, c'est quelque chose de facile à comprendre.

Donc effectivement, va d'abord chatouiller les tierces... puis après, passe à quelque chose de plus élaboré... de plus naturel... de moins mécanique.
soopajeanmi
John_Mac_Rigole a écrit :
jeffroi a écrit :
Complètement d'accord avec vous deux, c'est vrai que ça ne ressort pas souvent dans les discussions;
Pourtant en ce qui me concerne, c'est un axe central d'apprentissage, dans la mesure où toutes les "positions" que je joue sur le manche son associées à un ou plusieurs positions d'accords et sub (que j'essaye de caser dans les solos d'ailleurs) On devrait en parler plus souvent, certes, c'est clé.


Je suis également d'accord, mais Rome ne sait pas faite en un jour. Il faut bien commencer par quelque chose.


Mais commencer par l'impro c'est un peu commencer par la fin non?
jeffroi
  • Special Supra utilisateur
soopajeanmi a écrit :
John_Mac_Rigole a écrit :
jeffroi a écrit :
Complètement d'accord avec vous deux, c'est vrai que ça ne ressort pas souvent dans les discussions;
Pourtant en ce qui me concerne, c'est un axe central d'apprentissage, dans la mesure où toutes les "positions" que je joue sur le manche son associées à un ou plusieurs positions d'accords et sub (que j'essaye de caser dans les solos d'ailleurs) On devrait en parler plus souvent, certes, c'est clé.

Je suis également d'accord, mais Rome ne sait pas faite en un jour. Il faut bien commencer par quelque chose.

Mais commencer par l'impro c'est un peu commencer par la fin non?

Oui pour moi aussi c'est évident que "le début" ce sont les accords.
John_Mac_Rigole
C'est ambigüe. Le début de "sonner jazz" est certainement plus proche de l'aspect "mélodique" de l'aspect "comping".

En tout cas, c'est comme ça qu'on se le représente quand on débute.

Évidemment, avec le recul, c'est tout le contraire.
Trois notes d'une gamme majeure, bien placées dans le temps, valent toutes les gammes bizarroïdes mal placées.
Avec 3 voicings d'accords bien placés, il n'y a même pas besoin de mélodie.
soopajeanmi
John_Mac_Rigole a écrit :
C'est ambigüe. Le début de "sonner jazz" est certainement plus proche de l'aspect "mélodique" de l'aspect "comping".


Question de perception individuelle, mais même lorsque j'y connaissais rien, pour moi "sonner jazz" c'était ça (ca me fascinait complètement):



Et dans une très mesure, c'et toujours cet aspect qui me semble le plus typiquement jazz, cette richesse harmonique dans le traitement des accords. Mon expérience m'a montré que dans un contexte de jeu avec des "vrais jazzmen", on se tourne en général vers le guitariste pour ce genre d'accompagnement sophistiqué, bien plus que pour lui demander un solo (car prendre un chorus interessant après un sax ou un trompettiste pro faut s'accrocher).

EDIT: le lien vers la tablature du blues de la vidéo, passionnant à bosser: http://jazzguitartabs.site88.n(...)G.pdf
jeffroi
  • Special Supra utilisateur
Miam ça à l'air d'un bon exercice he he
bullfrog
soopajeanmi a écrit :
[

Et dans une très mesure, c'et toujours cet aspect qui me semble le plus typiquement jazz, cette richesse harmonique dans le traitement des accords. Mon expérience m'a montré que dans un contexte de jeu avec des "vrais jazzmen", on se tourne en général vers le guitariste pour ce genre d'accompagnement sophistiqué, bien plus que pour lui demander un solo (car prendre un chorus interessant après un sax ou un trompettiste pro faut s'accrocher).


100 pour 100 d'accord il faut voir ce que sonny rollins dit de bobby broom à ce propos. je recherche le lien et je le mets.

sinon mon cher soopajeanmi puis que tu veux me taquinner, je te signale que j'ai déjà envoyé mon lieutenant avec l'espion pour te piquer ton drapeau. à bon entendeur.

edit voilà

Thank heavens the Ampeg doesn't sound like a Deluxe Reverb!
lgda
  • Custom Méga utilisateur
soopajeanmi a écrit :
John_Mac_Rigole a écrit :
jeffroi a écrit :
Complètement d'accord avec vous deux, c'est vrai que ça ne ressort pas souvent dans les discussions;
Pourtant en ce qui me concerne, c'est un axe central d'apprentissage, dans la mesure où toutes les "positions" que je joue sur le manche son associées à un ou plusieurs positions d'accords et sub (que j'essaye de caser dans les solos d'ailleurs) On devrait en parler plus souvent, certes, c'est clé.


Je suis également d'accord, mais Rome ne sait pas faite en un jour. Il faut bien commencer par quelque chose.


Mais commencer par l'impro c'est un peu commencer par la fin non?


100% d'accord...

Mais... ça correspond pas, mais pas du tout, au fantasme de 90 % des guitaristes, qui sont tellement attirés par la figure du guitar héro.

Il y a finalement très peu de guitaristes qui se mettent au service de la musique, du groupe, ou du soliste... le soliste, c'est eux !!!

Et pourtant, c'est tellement sympa d'être dans la section rythmique, l'une des vois du groupe, et non LA voix.
blog lutherie .::. Plus de Platon, moins de Prozac !
John_Mac_Rigole
Question du soir : la 335 rend-t-elle heureux ?

La réponse en image ici :

wouuuhoouuu !!!! Yeeeahhh !!!! Check it out !!!! Greeeaaat !!
Brigido
Je pousse les mêmes cris avec ma Tokai ES 160 (réplique exacte du modèle de la vidéo), est ce normal ? (pour remettre sur la table le sujet des Japonaises).
En ce qui concerne l'impro chez les débutants en Jazz, et bien moi je recommande fortement de passer par le blues (un blues Jazzy dans le phrasé, disons à la Tbone Walker ...). Vous pouvez vous liberez des contraintes harmoniques, apprenez juste les pentatoniques et myxo (c'est déja du boulot), et concentrez vous sur votre phrasé, votre expressivité, vous ferez ainsi de la musique assez rapidement Contrairement à un novice stressé qui a la tête emplie de gammes, et qui essaye tant bien que mal de restituter un trop plein d'informations...
Pour les plus doués et les plus aguéris, essayez de passer à l'étape supérieure avec un Kenny Burrel (un exemple parmi d'autres), qui est un adepte de la penta lui aussi, mais qui la transpose dans un veritable contexte jazz (même si le blues n'est jamais loin).
En ce qui me concerne, je suis toujours bloqué à la première étape , mais en revanche, je joue de manière assez libérée dans un contexte blues "jazzy"...Je suis plus épanoui en tant que musicien
Du Blues, de la Soul, une touche de Jazz, un zeste de Rock, une pincée de Folk, un doigt de Country...
John_Mac_Rigole
Brigido a écrit :
En ce qui me concerne, je suis toujours bloqué à la première étape , mais en revanche, je joue de manière assez libérée dans un contexte blues "jazzy"...Je suis plus épanoui en tant que musicien

Salut Brigido,
Content que tu sois épanoui avec ce que tu sais faire.

En fait, il y a un gros travail qui sépare le simple "jazzy" du phrasé de type jazz. Le problème principal de ce travail, c'est probablement qu'il faut acquérir une dizaine de "petites choses" simultanément.

Puisqu'il a été question des notes "non tenues" il y a quelques pages, on peut prendre cet exemple. Apparement, tu joues du blues. Si tu te mets en tête de jouer du blues avec des notes "non tenues", c'est pas pour ça que ça sonnera jazz.

De la même manière, si tu te mets en tête de jouer du blues en déroulant des arpèges de temps en temps, c'est toujours pas pour ça que tu sonneras jazz.

Enfin, si tu joues "laid back", non tenu, avec arpèges, avec chromatismes, avec notes cibles, swingué, sans reverb/delay, en empruntant la gamme mélodique mineure de temps en temps, en empruntant la gamme diminuée de temps en temps, en faisant des petits glissés ... ça des chances que ça commence à sonner jazz.

Sauf que.... tout prendre de front, c'est extrèmement difficile à faire, d'où l'essai de segmentation qui peut parraitre mathématique et mécanique.

Voilà, j'espère que cette explication peut servir à quelqu'un pour progresser.
Brigido
John Mac,

Je dois dire que je ne partage pas entièrement ton avis sur la notion de ce qui est jazz à la guitare. J'ai étudié pendant quelques temps la guitare jazz il y a quelques années (un paquet d'années en fait ), et ce qui m'a le plus marqué finalement (avant d'oublier tout le reste ), c'est le travail sur le phrasé Jazz (d'un point de vue rythmique), j'ai eu deux bons profs, dont un qui sortait de Berkley puis du GIT à l'époque. Ce dernier était assez obsedé par l'acquisition du phrasé jazz, comme point de départ de tout (je me souviens avoir travaillé des gammes basiques avec un "chabada" dans le seul but de trouver le bon timing du "phrasé jazz" (si tenté qu'il n'y en ai qu'un seul ).
Pour moi, ce phrasé (d'un point de vue rythmique ) est la composante essentielle des musiques de Jazz (pas la seule composante, mais la plus importante). Ainsi, des pentatoniques jouées avec un phrasé jazz, pour moi c'est déja du jazz (j'inclus bien sur dans cette notion toutes les formes rythmiques qui peuvent être rattachées à un phrasé jazz). Kenny Burrel est un guitariste de Jazz pour moi, et son jeu est très centré sur les pentatoniques. Les guitaristes de Jump blues, sont très proches du Jazz aussi selon moi, de par leur phrasé.
Le fil conducteur entre un guitariste de jump, Kenny Burell et Kurt Rosenwinkel, c'est le phrasé jazz (plus ou moins réinterpreté selon les cas). Pour moi l'harmonie arrive en second plan, dans les "faisceaux d'indices" qui permettent l'identification d'une musique de jazz. Schématiquement, le swing est de le descendant quasi direct du blues, harmoniquement il reprend le blues, et rythmiquement il crée une nouvelle pulsation qui devient le jazz.
La complexification harmonique arrive àprès (mais le jazz existait déja "historiquement", dans une forme plus primitive certe, mais c'était du jazz).
Donc, en conclusion de cette démonstration brillante, que n'aurait pas démentie le célèbre théoricien du jazz Alain Gerber (Cf "Des musiques de jazz" ), le jazz peut être joué avec de simples pentatoniques (d'où la raison de mon post précedent).
Du Blues, de la Soul, une touche de Jazz, un zeste de Rock, une pincée de Folk, un doigt de Country...
jeffroi
  • Special Supra utilisateur
c'est un sophisme !! Kenny joue avec des peintes à tonique, kenny joue du jazz, donc on peu jouer du jazz avec des pains tatoniques
désolé
rien n'est faux, tout est vrais, même, mais pour moi, il manque l'essentiel
--> il faut compter 2 ou 3 ans pour arriver à jouer des enchainement d'accords, à deux accords par mesure, à une vitesse et avec une technique relativement correcte. Que vous appeliez ça du jazz ou non, n'a pas d'importance, la question c'est : Que faire de ces 2/3 ans ?
Lolo Brigido, si tu comptes passer 3 ans à bosser tes pentas, tu vas arriver au même résultat que moi avec mes arpèges ou que john, parcque chacun va retrouver avec son approche les enrichissements qui vont bien sur tel ou tel accord ....
Ce qu'il faut en revanche c'est un équilibre en travail harmonique, technique et mélodique, pentas ou pas .
Harmonique : accords, substitutions, modes, morceaux ...
Technique : coordination, propreté, vitesse, saut de cordes .....
mélodique : thèmes, arpèges, impro, gammes,
souvent en fait on bosse les 3 à la fois (repiquage par exemple, aïe, autoflagelation, , aïe)
john, tu m'arrêtes mais je crois qu'on est d'accord, hein ?

En ce moment sur guitare électrique...