Fozzie a écrit :
Redstein a écrit :
Monsieur M a écrit :
étaler de la viande féminine à l'envi sur des affiches dans la rue - dans un souci de rentabilité - ça ne me semble rien d'autre que traiter la femme en question "comme du bétail".
Pourquoi veux-tu qu'un écrivain joue les journalistes "objectifs" (chose que tu serais le premier à dire impossible) ?
Il s'est trouvé dans une situation donnée, il en tire des conclusions qui décrivent en grande partie le monde où nous vivons - où est le problème ?
Et où as-tu pris que je faisais l'apologie de la pub ?
Y'a de l'idée, quand même, non ?
Le fait que nous, "occidentaux" (pour le dire vite) on mette des femmes aux trois quarts nues en étalage dans nos rues, sur nos bus, à la télé, en permanence et pour vendre des yaourts, des bagnoles ou du shampoing, ça nous rend vachement mal placés pour donner des leçons à quiconque sur la façon dont on est supposé traiter les femmes, non ?
D'ailleurs avec l'aliénation qu'exercent les sociétés occidentales sur les femmes; le culte de la minceur, de la bonne-humeur et de l'apparence en général qui rejaillissent sur ce qu'on peut voir a tous les coins de rue, finalement, est-ce que celles-ci disposent réellement d'elles-mêmes ? Combien de :
Il faut que je fasse un régime, il faut que je sois performante, il faut que je rentre dans mes pantalons, que je me pierce le nombril, que je montre mon nombril, etc. .
Je ne vois pas en quoi ces pressions sont bien différents de celles qu'exercent les sociétés islamiques sur les femmes. Bien souvent - bien evidemment les statistiques sont impossibles à définir - les musulmanes choisissent elles-mêmes de porter le voile. Souvent même et cela peut sembler étonnant, elles se sentent mieux dans leur peau, plus en connivence avec leur foi.
Pour choisir un exemple familial; Le père de mon père était imam, un jour que je parcourais les photos de famille, je tombe sur une série de clichés d'une virée en R8 que mon père venait d'acheter au milieu des années 60 et qui l'étrennait sur je ne sais quelle corniche de la baie d'Alger, mon grand-pere et ma grand-mere étaient donc a bord, "dehors", et qu'elle ne fut pas ma surprise de voir ma grand-mere intégralement voilée (la plupart des clichés d'elles étaient en interieur et donc dans un environnement familial ou le voile n'est pas de mise) donc, ce que je vois ce n'est pas un voile malsain noir et lugubre, mais blanc, brodé, magnifique. Je demande alors à mon père si c'était normal vu qu'on m'a toujours mis dans la tête que le voile était l'ennemi du progressisme et de l'émancipation de la femme, et il m'a simplement répondu ceci : "C'était sa pudeur".
Je suis l'exemple de l'éducation que m'ont offert mes parents et j'ai eu l'entière liberté de pratiquer ou non ma religion, mais je n'en suis pas plus devenu musulman. Mon père, fils d'imam, lui même exemple de tolérance et d'ouverture, a fait peut-être plus de conneries (au sens religieux) que moi, et mangeait déjà du jambon (pour reprendre un gimmick qui doit représenter 1% de l'interet de l'islam) du haut de ses vingt-ans, dans une société algérienne qui malgré ses structures mentales encore fragiles et ses nombreux tabous, laissait tout de même, une certaine liberté d'action, dans la mesure de la discrétion de l'intéressé. A l'époque avec un pedigree comme ca fallait avoir des couilles.
Bref, pour en revenir au texte de Ben Jelloun, il me dérange également car il glisse sur la surface des choses d'une façon épidermique. Ce n'est pas le meilleur moyen de dénoncer, s'il y a lieu ou encore la nécessité de le faire, une réalité qui est bien présente, mais ici caricaturée jusqu'à sa plus vulgaire dichotomie. Néanmoins le fond qui est soulevé par ce texte demeure grave et réel, mais le procédé pour le mettre en épingle est tout simplement raté, ou du moins, pas efficace. C'est aussi ca le journalisme.
"J'allais toucher l'anti-accord absolu, vous entendez : ABSOLU. La musique des sphères ... Mais qu'est ce que j'essaie de vous faire comprendre, homme singe!"