Perfect Tömmy a écrit :
Je pense, sauf ton respect, que tu n'as pas assez réfléchi à ce que j'ai écrit plus haut, et il est donc normal que tu estimes que croyance et foi sont deux idées opposées. Mais c'est une erreur, vraiment. et d'autant plus persistante qu'elle est répandue.
Je pense comprendre d'où vient cette erreur : elle vient du fait que tu es athée et que tu l'as peut être plus ou moins toujours été (du moins, permets-moi de le supposer). De ce fait, tu as sans doute du mal à vraiment comprendre où se situent les différences entre croyance et déisme, et donc à suivre mon raisonnement.
Pour ma part j'ai été croyant. J'ai perdu la foi, et suis devenu athée. Mais avant de la retrouver, mon hostilité au religieux et au spirituel avait bien sûr diminuée, et je suis passé à une forme d'agnosticisme, voire justement de déisme sur la fin. J'identifie bien ces différentes étapes et ces différentes attitudes parce que je les ai toutes vécues sincèrement et analysées.
La différence entre foi/croyance et déisme était évidente pour les philosophes du XVIIème siècle et leurs adversaires ; ces derniers avaient raison de qualifier les premiers d'incroyants, puisqu'il ne croyait pas en un Dieu révélé, c'est-à-dire en un Dieu qui se manifeste aux hommes, qui veut faire alliance avec eux, et auquel ont peut faire confiance pour trouver sens à sa vie. En revanche, ils admettaient qu'un Principe (pour parler de manière abstraite) était à l'origine de l'univers. Ils l'ont appelé Dieu ou Etre suprême parce que ces termes appartenaient au fond à leur culture et parce qu'ils avaient une puissance imagée évidente. D'ailleurs, ce que tu dis sur le fait que cette idée leur permet d'ordonner le chaos du monde est vrai, mais ce n'est pas de la foi puisqu'ils ne placent aucune espérance en ce Dieu. Peut-être étaient-ils déistes parce qu'ils n'avaient pas encore pour la plupart les moyens conceptuels d'être athées ?...
Voilà ! Foi = croyance = espérance. Tu saisis mieux ?
Elle ne parait plus évidente aujourd'hui, sans doute parce que sous nos latitudes le fait religieux ou spirituel est de plus en plus mal connu et donc mal compris. Moi même, je n'ai compris cela que récemment, bien après avoir retrouvé la foi. Donc si tu as vraiment du mal à saisir, c'est normal, et je dis ça sans ironie aucune.
Je peux expliquer le fondement de ma foi, mais pas sur ce topic parce que
je ne veux pas prêter le flanc à l'accusation de prosélytisme, non que cette activité soit mauvaise à mes yeux, mais pour ne pas échauffer des esprits déjà tatillons. En revanche, je veux bien t'expliquer ma vision des choses en MP. Je l'ai déjà fait autrefois avec Redstein, si je ne m'abuse. Il n'a pas changé d'opinion suite à cela, mais au moins m'a-t-il mieux compris.
Tu pourrais comprendre pourquoi je pense, contrairement à toi, que toutes les religions se ressemblent fondamentalement, ont la même origine ; pourquoi le christianisme leur ressemble, et pourquoi je suis redevenu chrétien. Car contrairement à ce que tu penses un peu rapidement, "qu'entre le shinto japonais, l'animisme africain, le shamanisme des steppes, les religions ameridiennes, les dieux egyptiens ou rommains et grecques" il y a quelque chose de fondamentalement commun. Et j'ajoute volontiers à la liste le christianisme...
Citation:
Allez, fais toi une raison: la seule réponse qui tienne c'est: dieu c'est comme le père Noël mais pour les adultes.
Mais je suis d'accord, et je me tue à l'expliquer depuis le début ! Je me tue à essayer de vous faire comprendre que croire en Dieu ou en quelqu'un d'autre (le Père Noël, un homme politique, ta copine quand elle te jure qu'elle est fidèle), c'est le même
geste de pensée : un acte de confiance.
Et c'est un croyant qui l'admet ! de manière complètement décomplexée !
Mais le fait que l'on ait tort de croire en une personne ne signifie pas que l'ont ait tort de croire en une autre.
Merci pour ce partage et ce témoignage courageux Perfect Tömmy ; ceux qui sur ce site, par extraordinaire
, le considéreraient comme du prosélytisme, ne seraient que des ennemis du pluralisme et des partisans du monolithisme.
Certes tu viens d'employer ce mot prosélytisme, mais cela ne te donne bien sûr pas du tout droit à un point Godwin ; bien plutôt à une très amicale comparaison, dans une certaine mesure, avec le syndrome de Stockolm, compte tenu de la bénignité traditionnelle sur ce sujet dans Backstage.
Ceci dit, je trouve, sans ironie cette fois, que l'ambiance s'est un peu adoucie dans ce domaine sur Backstage.