Faits d'actualité graves/choquants/...

Rappel du dernier message de la page précédente :
Jimmy W
Neorossi a écrit :
Beurp's a écrit :
on pourrait d'ailleurs aussi y caser les gros, les chauves avec des boucs, le lectorat de Beigbeder, les fans de prog etc...)

Tout le monde, sauf toi, si j'ai bien compris ?

Hé, ho, ne prend pas ton cas pour une généralité, tout le monde n'est pas un petit gros chauve avec un bouc qui lit Beigbeder en écoutant du prog !
"I'm a rock'n'roll clown, I do a lot of cocaine"
Dr Rockzo.
Invité
le problème du lycée à la carte c'est que cette idée ne prend en compte l'immaturité et le manque d'autonomie des gamins de 15 ans, et qu'il n'y a plus la notion de "groupe classe" et donc plus de construction de relations avec un groupe . D'autre part, les profs font parfois du social (on va me reprocher de faire du Zola mais quand vous découvrez que certains de vos élèves sont battus vous relativisez l'importance des contenus enseignés) mais pour ça il faut arriver à bâtir une relation de confiance avec les élèves, ce qui n'est pas possible avec le programme "à la carte".

(je suis prof au cas où personne ne l'aurait deviné)
Neorossi
Ah oui, j'avais pas pensé à ça aussi. C'est vrai que j'étais assez proche de certains profs, et c'est assez important... Ca m'aurait fait chier de changer tous les 6 mois. Enfin bon, là c'est plus personnel qu'autre chose...
Shine On You Crazy Diamond...
Kunde
  • Custom Total utilisateur
La relation avec le prof c'est a double tranchant.
T'oublies le cas ou les 2 parties se déteste copieusement (testé et approuvé).

Ensuite pour en revenir a la spécialisation je ne dirais pas non plus qu'elle n'est pas necessaire, de part la complexité du monde dans lequel nous vivons avec toute la variété de savoir que ca induit (fait chier jdeviens pompeux).
Je réagissais juste a l'hypothese du non enseignement de l'histoire dans les sections technique/pro ce qui m'aurait été complètement préjudiciable pour rejoindre mon cursus actuel (de Term STT compta gestion vers un M1 AES en management).

Quand a cette mesure, en l'état elle ne me scandalise pas outre mesure, il ne s'agit pas d'un démantelement, mais d'un choix que l'élève devra prendre.
Tant pis pour ceux qui ne le prendront pas, tant mieux pour les autres.
D'ailleurs au niveau de la relation ca limite le risque pour le prof de se retrouver avec des branleurs.

Apres il est vrai que administrativement ca risque d'etre insurmontable.

Et ici on ne parle pas des gamins de 15 ans qui viennent de débarquer, mais d'élève en terminale qui sont censé être légèrement plus mature et autonome (dit il du haut de ses 24 ans).
J'irai cracher sur vos tongs !
Dr.Stein
Neorossi a écrit :
Sinon, ce qui serait pas mal, c'est d'accélerer un peu le rythme, parce que quand je vois qu'en maths, en TS, on passe facile 1 mois voire plus sur chaque chapitre... Le rythme ralentit de plus en plus, le problème c'est que celui du supérieur ne ralentit pas, lui... Et le fossé se creuse, de plus en plus...


Accélérer le rythme... C'est déjà galère pour pas mal d'élèves en terminale, on arrivera plus aux 80% de réussite au bac (avec souvent pas mal de recus au rattrapage) en accélérant le rythme en maths en TS.

Moi je ne suis pas contre augmenter le nombre d'heures d'histoire en 1ère S et l'enlever en TS, déjà qu'on nous imposait la philo (qui en S sert surtout à préparer tes DM de maths ou a jouer à la belotte).

Ensuite comme le disait notre compère, ca permettrait peut-être d'arriver avec un niveau plus béton dans les matières scientifiques pour les études sup'. (parce qu'il ne faut pas se leurrer, en général en S, on bosse surtout la Bio, la physique et les maths).
"J'aime faire les choses à moitié, ne jamais aller au bout de mes idées. J'aime faire les choses à moitié car j'ai la flemme... Car j'ai la... Bwarff"

A tous les Proximo en herbe, ouvrez votre école de gladiateurs:

[url]http://mygladiators.com/?ref=18792[/url]
JadedHeart
Dr.Stein a écrit :

Moi je ne suis pas contre augmenter le nombre d'heures d'histoire en 1ère S et l'enlever en TS, déjà qu'on nous imposait la philo (qui en S sert surtout à préparer tes DM de maths ou a jouer à la belotte).



La philo pourrait être utile en S si la méthode changeait: La philo en S se résume à gratter gratter et gratter.
Si on l'enseignait de manière interactive en amenant des débats plutôt que de faire intervenir l'élève tous les36 du mois peut être son présence en S serait plus utile
Without women Blues would not exist" John Lee Hooker

http://www.myspace.com/neurothing

http://www.myspace.com/kryotribe

http://www.myspace.com/silentdescent1

http://www.myspace.com/sunlessrisemetal

http://www.myspace.com/scarsymmetry

"Just as a blues player can play 20 blues songs in a row but find a way to make each one different, ... I always want to find different ways to do something" - Joe Satriani
GuitarBizNess
Heu... avec tous ces débats sur les programmes de l'éducation nationale....
A force d'utiliser tous vos petits doigts sur ces petites touches pour en parler... histoire ou pas histoire ? en quelle section ou combien d'heures ?...

Vous aurez au moins le diplôme de Sténo-Dactylo !

Sinon... en relisant un peu... j'ai bien l'impression qu'on est tous plus ou moins d'accord pour dire que le but de toutes ces magouilles c'est de former des troupeaux non ?
Adepte des théories Shadoks.
Doc Loco
GuitarBizNess a écrit :


Sinon... en relisant un peu... j'ai bien l'impression qu'on est tous plus ou moins d'accord pour dire que le but de toutes ces magouilles c'est de former des troupeaux non ?


Meeeeuuuuux non.
In rod we truss.

"It's sink or swim - shut up!"

Mon best of 2025 de la scène rock japonaise et coréenne
https://www.guitariste.com/for(...)47681
GuitarBizNess
Bêeêêêêeêêh... je croyêhéhéhéhéhéhéhhé...

On a le droit de zapper l'histoire alors ?... on oublie tout ?

Pfffff... et c'est maintenant qu'on me le dit ?!... c'est trop tard !

Pour moi c'est déjà de l'histoire ancienne.
Adepte des théories Shadoks.
JHEX
  • Special Méga utilisateur
D'après ce que j'ai entendu il ne s'agirait que d'étudier EN PLUS de celui de première le programme de terminale. Dans ce cas si c'est réellement faisable sur le terrain (je me souviens toujours du prof d'histoire qui avait déja peur de ne pas pouvoir finir le programme en janvier..), pourquoi pas.


Sinon, j'ai toujours eu du mal avec toutes ces histoires et considérations sur les filières du lycée. Je suis loin d'être un génie ni meme un "intello" et encore moins un élève assidu mais je me suis royalement fait chier au lycée. Ennuyé, tellement je trouvais qu'on tournait en rond, que les profs passaient dix fois trop de temps sur un même sujet pourtant tout con. Je trouvais qu'on avait quand meme enormément d'heures pour ce qu'on en tirait.
Et déjà à l'époque je trouvais con toutes ces comparaisons du style "en S tu vas en chier en math et ça ne te servira à rien si tu veux pas faire des sciences plus tard; en L tu vas en chier niveau lectures redac' et cie mais pour etre scientifique on s'en fou; en STI, STT, STL et cie c'est bien si tu veux faire un bts mais tu galèrerais si tu veux aller à la fac, etc." Il faut pas exagérer, on fait pas grand chose au lycéé qui nous servira plus tard. Ca reste quand même très très peu poussé quelque soit le domaine. Et toute cette panique autour du bac (que les profs alimentent sans arret).
Voilà ce n'est que mon avis et mon expérience. L'importance du lycée selon moi serait plus de construire une culture générale, de créer des vocations, ou élargir ses horizons (plus que ses connaissances). Quelque soit le domaine on peut y découvrir de nouvelles idées, de nouvelles manières de penser, de nouvelles dimensions.
Le bac tel qu'il est aujourd'hui (comme je viens de le décrire et qu'on "donne" de plus en plus d'année en année) n'a pour moi plus lieu d'etre en tant que diplome.
Je comprends le soucis statistique, politique et économique du bac. C'est pourquoi on fait en sorte qu'un maximum de jeunes l'aient (et non puissent l'avoir). Le problème c'est qu'aujourd'hui on voit de plus en plus de jeunes débarquer en études supérieures et qui ne comprennent pas pourquoi ils sont largués (et pourtant "ils ont fait S!!!"), jusque là ils avaient l'habitude (élèves sérieux ou pas du tout) de se laisser trainer et de suivre le mouvement en s'imaginant qu'on pouvait apprendre quelque chose de poussé au lycée et qu'en ayant choisit le bon chemin ils ne pourraient jamais avoir plus de mal qu'ils n'en avaient rencontré en math-physique en S ou en philo-francais en L.

Pour symboliser le bac est au lycée ce que le brevet est au collège: un genre de certificat de fin d'études qui atteste plus du passage par ses classes et qu'on a plus ou moins (j'vais un prof qui disait que d'avoir 10/20 au bac c'était pas avoir le bac, mais la moitié du bac, ça m'a toujours fait marrer et c'est pas faux dans un sens) assimilé et su raisonner avec certaines notions, mais en aucun cas un énorme palier qualifiant ou qui nous prépare à quoi que ce soit comme il est encore présenté.

Une dernière chose puis j'arrete mes conneries. Ce serait pas mal aussi de plus valoriser les travaux manuels comme je sais plus qui l'a dit, c'est pas plus con et moins constructif d'apprendre à faire un mur, de comprendre une installation électrique ou de changer un chiotte que de faire des tours de cour en trottinant, de la corde à sauter, du ping pong ou de jouer à la baballe sur du groudron.
"Aucune idée sur terre est digne d'un trépas
Il faut laisser ce rôle à ceux qui n'en ont pas"
Invité
@GuitarBizness: en ce qui concerne le "but de ces magouilles", voici le discours tenu par mes collègues syndicalistes:
le but c'est de rendre inefficace l'éducation nationale pour légitimer la passage vers une éducation privée en disant "vous voyez, le système public ne marche pas".
Au début je trouvais ce point de vue légèrement paranoïaque et "diaboliste" mais maintenant je me pose quelques questions
jabadaho
jjloco a écrit :
@GuitarBizness: en ce qui concerne le "but de ces magouilles", voici le discours tenu par mes collègues syndicalistes:
le but c'est de rendre inefficace l'éducation nationale pour légitimer la passage vers une éducation privée en disant "vous voyez, le système public ne marche pas".
Au début je trouvais ce point de vue légèrement paranoïaque et "diaboliste" mais maintenant je me pose quelques questions


IL n'y aura pas plus d'histoire dans le public que dans le privé. Donc j'avoue pas trop bien comprendre là.

Edit : Mais je ne demande qu'a comprendre !!
Neorossi
Dr.Stein a écrit :
Neorossi a écrit :
Sinon, ce qui serait pas mal, c'est d'accélerer un peu le rythme, parce que quand je vois qu'en maths, en TS, on passe facile 1 mois voire plus sur chaque chapitre... Le rythme ralentit de plus en plus, le problème c'est que celui du supérieur ne ralentit pas, lui... Et le fossé se creuse, de plus en plus...


Accélérer le rythme... C'est déjà galère pour pas mal d'élèves en terminale, on arrivera plus aux 80% de réussite au bac (avec souvent pas mal de recus au rattrapage) en accélérant le rythme en maths en TS.

Moi je ne suis pas contre augmenter le nombre d'heures d'histoire en 1ère S et l'enlever en TS, déjà qu'on nous imposait la philo (qui en S sert surtout à préparer tes DM de maths ou a jouer à la belotte).

Ensuite comme le disait notre compère, ca permettrait peut-être d'arriver avec un niveau plus béton dans les matières scientifiques pour les études sup'. (parce qu'il ne faut pas se leurrer, en général en S, on bosse surtout la Bio, la physique et les maths).

Oui, enfin on veut en venir au même point en fait... Accélerer le rythme, ou augmenter le nombre d'heures, mais dans tous les cas faire quelque chose pour les matières scientifiques... Mais sinon, franchement, je pense que le rythme n'est pas très très élevé, quand je vois qu'on passait des fois en maths 3 heures sur un exo, et qu'avec ça on avait fini le programme un bon mois à l'avance (après tout dépend du lycée, bien sûr)... Bon j'ai pas dit qu'il fallait instaurer le rythme prépa non plus, mais peut-être augmenter un peu la cadence de façon à pouvoir rajouter deux ou trois chapitres au programme qui pourraient être utiles dans le sup (par exemple, en maths, je pense que ça ne serait pas inutile de commencer à voir des éléments de logique, par exemple sur les quantificateurs, en TS, surtout que ça servirait pour cette classe en plus).
Shine On You Crazy Diamond...
Perfect Tömmy
Ce qui me frappe dans cette réforme, et surtout dans la polémique concernant l'enseignement de l'histoire-géo en terminale S, c'est le fait que vouloir faire en sorte que la filière S ne soit plus la voie d'excellence et une sorte de voie générale qui ne dit pas son nom (une bonne chose en soi, à mon avis) en s'y prenant ainsi est absolument improductif : étant donné que l'enseignement de l'HG restera possible de manière optionnelle, les élèves qui voudront suivre cette filière dans un autre but que pour faire des études scientifiques post-bac pourront toujours le faire : ils prendront l'option HG, et voilà !

J'aurais compris que l'on fonde en un les filières L et ES (avec math obligatoires), quitte à permettre aux lycées de prendre un enseignement de spécialité philo ou SES en term, par exemple, comme le font déjà les S avec les maths, les SVT ou la physique-chimie... On aurait un un bac scientifique et un bac "humaniste" (disons), avec des effectifs plus équilibrés, je pense...
Redstein
Pour en revenir à l'Islam et aux raisons pour lesquelles l'indignation face au rejet de la burqa (et des minarets) fait le jeu des extrémistes :

Citation:
Wassyla Tamzali : "Désormais, l'islamisation des moeurs triomphe"

Née en 1941, Wassyla Tamzali a été avocate à Alger puis directrice des droits des femmes à l'Unesco. Elle milite dans le mouvement féministe maghrébin. Elle a publié, en 2007, chez Gallimard, Une éducation algérienne. Là elle publie Une femme en colère - Lettre d'Alger aux Européens désabusés (Gallimard 150 p., 9,50 euros).

Dans "Une femme en colère", vous vous demandez si le féminisme laïc a rempli son rôle historique.

Depuis plus d'un siècle des penseurs, des intellectuels, des féministes tentent de montrer que, sans renier l'islam, on peut arriver à des attitudes différentes de celles qui ont cours. Un constat de mon livre, c'est que ce travail n'a pas eu de prise sur l'intérieur même du problème. D'où mon intérêt pour l'apparition en force de ces femmes qui se battent en restant dans le giron de la religion, et ma question : "Le féminisme laïc a-t-il fait son temps ?" Mais c'est une figure de style.

Je suis, et je reste, ancrée dans une culture universaliste. Le féminisme maghrébin auquel j'appartiens a été porté par les mouvements de décolonisation avec la participation massive des femmes, et, quels que soient les résultats, ces mouvements parlaient de liberté et d'égalité.

Vous êtes pessimiste sur la situation des femmes aujourd'hui. Croyez-vous vraiment que les avancées sociales soient de simples réaménagements du système patriarcal ?

Si les réformes sociales sont la seule solution, oui. Que penser du travail si les femmes sont de plus en plus obligées de se voiler pour aller travailler ? La culture du harem a pris possession de la rue, ce n'est pas la modernité qui est entrée dans les maisons ! Prenons l'éducation, qui est la panacée des réformateurs. A travers l'éducation religieuse dans les écoles on enfonce dans la tête des petits que la domination des femmes est voulue par Dieu.

Notre tradition méditerranéenne n'a peut-être pas inventé la domination des femmes, mais le système familial le plus efficace pour la maintenir vivante assurément. Les Etats modernes postcoloniaux ne nous ont pas libérées de la "République des cousins", pour reprendre Germaine Tillion. Même le texte coranique n'est pas arrivé à bout de la morale sexuelle méditerranéenne. Le Prophète de l'islam avait pourtant ouvert une brèche dans la domination masculine séculaire. L'homme et la femme, créés en même temps, sont chassés du paradis pour une faute commune : "Vous continuerez à vous battre jusqu'à la fin des temps." Ça n'a pas duré longtemps, avec le temps les exégètes ont rétabli l'idée d'une femme diabolique et dangereuse, d'où l'idée de l'enfermer.

Aujourd'hui nous sommes confrontés à un vaste chantier d'endoctrinement sur l'infériorité des femmes mené par des savants, par l'école, les télévisions par satellite, les cassettes audio, les prêches des mosquées, les milliers d'imams autodidactes, et des stars médiatiques. Alors quand, ici, à Paris, on me parle de liberté et de choix de se voiler, je souris.

La question de l'égalité est une question éthique ; elle doit être abordée sur le plan des principes et pas par des réformes sociales. D'où la nécessité de la laïcité, elle seule peut renverser les rapports d'oppression dont souffrent les femmes et les hommes dans les sociétés musulmanes ; seule la laïcité peut conduire à l'émergence d'une conscience moderne musulmane.

La manière dont ce débat est posé en France fait, selon vous, que les féministes elles-mêmes ne mettent plus l'égalité au centre de leurs préoccupations.

Certaines féministes, dont les discours confortent les antiféministes. Elles rejoignent une frange de l'intelligentsia de gauche qui pense qu'on ne peut plus changer le monde et qu'il faut l'accepter comme il est. Aujourd'hui on veut dialoguer avec tout le monde, on balaye toutes les difficultés et on cache la poussière sous le tapis pour avoir la paix. On ne veut pas aborder les questions de fond. On semble tout accepter dans un mouvement de fraternité retrouvée mais, en réalité, c'est pour mieux contrôler la planète.

Notre époque est celle du dérapage contrôlé. Ce sont les femmes qui payent, et les féministes que l'on envoie au casse-pipe se battre contre des bouts de chiffon. Le voile, la burqa sont des leurres sur lesquels nous nous épuisons. Nous sommes réduites à des combats ridicules, alors que le fond est grave. Qui s'intéresse au fond des choses ?

Qu'avez-vous envie de dire aux filles, qui, en France, revendiquent le port du voile ?

Qu'elles sont tombées dans un piège. Certaines se sont voilées par jeu, par provocation, mais aussi par rébellion contre l'ordre dominant, trouvant là une définition de la liberté. J'ai envie de leur dire qu'on ne peut pas exprimer sa liberté en se jetant pieds et poings liés dans une culture dont l'objectif est la domination des femmes.

Les mouvements des années 1970 ont été le rejet de toute identification. Aujourd'hui, on ne se lève que pour revendiquer son identité et, en général, une identité de victime ; exemple, les Indigènes de la République, les prostituées... Face à quoi on nous demande d'abandonner l'idée que l'histoire va dans le sens de l'émancipation des femmes et de l'égalité pour tous.

Nous serions des ringardes, et les femmes voilées représenteraient le futur né des couches de la liberté, et de la décolonisation. Elles aident à la démocratie réelle et nous entretenons des conflits de culture entre les peuples !

Vous êtes également critique à l'égard de l'islam modéré.

L'islam modéré est un concept politique. Il concerne les appareils politiques, il relève de la tactique politicienne et ne m'est d'aucune aide, je dirais même qu'il est dangereux. Ce qui m'intéresse, c'est de m'interroger avec ceux qui partagent mon histoire, mes inquiétudes comme mes espoirs, sur ce qui fait peur aujourd'hui dans l'islam. Et d'abord en parler avec les musulmans.

Ils sont nombreux à rejeter l'islamisme sous toutes ses formes. Je voudrais leur dire qu'au lieu de voir dans le débat sur la burqa les signes du racisme, ils devraient dire qu'ils refusent la burqa et que c'est abject de vouloir mettre les femmes dans cette posture. Une grande manifestation dans ce sens aurait changé la face du problème, dont la clé est entre les mains des musulmans silencieux, et de leur courage de dire ce qu'ils pensent. Ces musulmans existent, ils sont très nombreux, mais pour l'heure leur musique est ténue, faible, elle n'intéresse pas les médias.

Comment expliquez-vous qu'au Maroc, en Algérie, en Tunisie, des femmes intellectuelles décident de se voiler ?

On évoque plusieurs raisons, et j'en vois plusieurs, comme la recherche d'une honorabilité, une bonne conduite, l'affichage de sa soumission pour attirer les hommes, etc. Mais je veux dire ici que l'explication religieuse ne me convainc pas, j'ai vécu l'islam dans ma famille où les femmes et les hommes pratiquaient leur religion sans avoir besoin de tous ces signes. Je crois plutôt que la raison principale est que le voile est vécu comme un rempart contre la violence sexiste, symbolique ou exprimée.

Il y a des écoles et des universités, des lieux, en Algérie, où l'on ne peut plus être dévoilée. En arabe algérien on dit qu'une femme dévoilée est nue, ce qui en dit long. C'est un rempart illusoire ; dans mon livre je montre l'escalade de la violence dans les rues arabes où il y a de plus en plus de femmes voilées.

Vous dites que même où l'islamisme politique n'a pas triomphé, l'islamisation des moeurs est en train de gagner.

Oui. Désormais, l'islamisation des moeurs triomphe, elle s'étend sous la bonne garde de la violence islamique qui n'est qu'endormie. Je ne me fais pas d'illusion. Mais je suis une irréductible optimiste. Les "bonnes musulmanes" qui se battent dans le giron de la religion sont la preuve que le phénomène d'oppression ne peut durer éternellement. Et aussi parce que de notre côté, nous, féministes laïques, nous sommes toujours mobilisées, avec les hommes et les femmes de nos pays qui ont, malgré tout, le goût de la liberté.

Propos recueillis par Josyane Savigneau
Article paru dans l'édition du 12.12.09


http://www.lemonde.fr/opinions(...).html
'Human beings. You always manage to find the boring alternative, don't you?'


http://fermons-les-abattoirs.org

- Quand Redstein montre l'abattoir, l'imbécile regarde Redstein - (©Masha)
Jimmy W
JadedHeart a écrit :
Dr.Stein a écrit :

Moi je ne suis pas contre augmenter le nombre d'heures d'histoire en 1ère S et l'enlever en TS, déjà qu'on nous imposait la philo (qui en S sert surtout à préparer tes DM de maths ou a jouer à la belotte).



La philo pourrait être utile en S si la méthode changeait: La philo en S se résume à gratter gratter et gratter.
Si on l'enseignait de manière interactive en amenant des débats plutôt que de faire intervenir l'élève tous les36 du mois peut être son présence en S serait plus utile

Surtout que la philo pour un type qui se destine à faire des sciences, c'est juste ultra utile... La philosophie et la science ont toujours été intimement liés (d'ailleurs, en fac de philo -dominée grandement par des littéraires- il y a un cours "philosophie pour scientifiques).
Mais va expliquer à un adolescent qui pense faire des maths toute sa vie que oui, la philo, ça va lui être utile...
(bon en même temps, aller expliquer quoi que ce soit à un ado)
"I'm a rock'n'roll clown, I do a lot of cocaine"
Dr Rockzo.

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