Raphc a écrit :
C'est quoi la definition de la maladie mentale ? (c'est une vraie question hein).
C'est un brin complexe sans utiliser de termes trop techniques.
Pour faire simple, celui qui s'inscrit dans un rapport cohérent à la réalité n'est pas un malade mental.
La question judiciaire est celle de la responsabilité : si un individu n'a qu'un lien diffus avec la réalité, il ne sera pas considéré comme responsable de ses actes.
Je sens bien que je patine dans la semoule à tenter de l'expliquer de cette façon. Je vais essayer par l'exemple.
La schizophrénie, par exemple. Ce n'est pas du tout ce qu'Hollywood appelle "dédoublement de personnalité. Quand le monde tel qu'il existe est trop douloureux pour un individu déjà fragile, l'esprit "casse", perd le contact avec la réalité et en invente une nouvelle, plus supportable (mais la plupart du temps affreuse quand même). C'est ainsi que va se fabriquer un délire (scénario plus ou moins construit qui se situe dans cette néo-réalité) ou des hallucinations (intrusions d'éléments irréels dans le quotidien du sujet).
A partir de là, le grand public parle de "folie", les professionnels de la santé mentale parlent de "maladie mentale" ou "psychose" ou d'un diagnostic plus précis. Le malade, lui, ne remet pas du tout en question (en état de crise), ce qu'il croit ou ce qu'il pense percevoir. Pour lui, porter ces papillottes d'aluminium sur la tête est la seule chose raisonnable à faire pour empêcher les extra-terrestres d'avoir accès à ses pensées et il ne comprend pas qu'on critique cet état de fait. (c'est bien entendu un exemple)
A partir de là, il peut se produire (mais c'est en vérité TRES rare) que certains malades mentaux commettent des actes violents. Ils le font en général dans le cadre d'un épisode délirant (untel est envoyé par la CIA pour l'assassiner et il faut s'en protéger, par exemple).
La justice estime qu'un individu dans cet état de détresse psychique doit être soigné, mais ne peut être tenu pénalement responsable des actes qu'il a commis.
A noter qu'un malade mental n'est pas dans un état de crise permanent (heureusement pour lui), mais que ses périodes de "tranquillité" ne lui confèrent pas pour autant l'apparence de la normalité : la personnalité est marquée par ces épisodes et le handicap social que ça représente. Ces gens ont une attitude étrange, un regard particulier, une gestuelle marquée et ont peu de chance d'être capables de s'insérer dans la société de façon traditionnelle.
Le film qui permet le mieux d'appréhender cet état est à mes yeux "un homme d'exception" où on pige bien que le mec pense que tout est réel et qu'il prend un immeuble sur la tête quand il se rend compte que c'est son esprit qui a tout construit. Je te le conseille.
Dans les cas qui nous préoccupent ici, il y a peu de chances que les violeurs dont nous parlons ici soient des schizophrènes.
Violeurs, pédophiles, etc. ne sont, en général, pas du tout des psychotiques.
Pour autant, ils ont un rapport à l'autre particulier (mais j'ai déjà fait assez long pour aujourd'hui).
Ils sont donc responsables de leurs actes et ne sont pas considérés comme des malades mentaux.
J'espère que je me suis montré clair. C'est un exercice assez difficile que d'expliquer des notions très complexes en quelques lignes.
Je prie par ailleurs les gens habitués à côtoyer la maladie mentale de m'excuser pour les raccourcis que j'ai faits ici. J'ai tenté de rendre compte de quelque chose que vous savez complexe de façon accessible au profane.