Born to run a écrit :
Un fois n'est pas coutume, je rajoute un gros +1 à tous ce qui a été dit (et expliqué) par Biz et Bobba.
Finalement cette grève, n'est qu'un autre épisode du fameux
« On ne touche pas aux acquis sociaux ».
Il y a bien longtemps, dans galaxie très lointaine…
De valeureux guerriers se sont battus pour de nobles causes, pour une société plus juste.
Et ils ont obtenu chèrement gain de cause pour que leurs enfants en profitent.
Pour nous, leurs enfants, nés avec la Sécu, l’école égalitaire ( ?) gratuite, l’assurance chômage, le RMI, les allocations, les retraites… quoi de plus naturel que de ce battre pour les conserver ?
C’est là, que je pense qu’on se goure d’époque et de combat.
Les temps ont changé et ça saute aux yeux de tous. La mondialisation, le chômage, la croissance faible, l’allongement de la durée de vie qui augmente de façon dramatique le ratio retraités/travailleurs (pensions à verser/cotisants)…
Tous ça, ça ébranle terriblement notre système si beau et si juste.
Et ce sont nos voisins qui nous le disent, parce eux, ils ont aménagés le leur.
La plupart des acquis sociaux ont été acquis à une époque économique bénie, où plein-emploi (voire pénurie de main d’œuvre et donc appel à l’immigration) et croissance (à 2 chiffres parfois !) étaient naturels. Tout était à (re)bâtir. Tout était porteur d’espoir.
Bien sûr qu’on voudrait tous garder tous ces acquis sociaux. Bien sûr qu’on voudrait tous un alignement par le haut.
Faut aussi être sérieux 2 minutes. Comment qu’on fait pour payer tout ça ?
On fait marcher la planche à billet ? On peut même pas, elle n’est pas à nous.
Si un acquis social, même le meilleur qui soit, met en danger économique toute la société, nous avons le devoir moral d’accepter sa remise en cause.
Le plus frappant pour moi étant les régimes spéciaux.
Je suis bien placé pour en parler, je suis le fruit de 2 fonctionnaires, et un frangin a même eu la bonne idée de reprendre le flambeau.
Mon père, après une belle carrière dans les RG, a pris sa retraite à, tenez-vous bien, 51 ans.
Grâce à un régime spécial de retraite avantageux ajoutée à un jeu subtil d’annuités doubles passées en Outre-mer, il aura travaillé, en tout et pour tout, un peu plus de 31 ans.
Le père de ma femme, lui, est plombier-électricien-chauffagiste. Longtemps patron, il s’est résolu a abandonné un statut peu avantageux pour finir sa longue carrière débutée à 14 ans comme apprenti pour bénéficier du « statut doré » de salarié. Il sait qu’il devra continuer de cotiser jusqu’à 58 ans, bien qu’il ait déjà largement « fait ses années ». S’il décide d’aller jusqu’au bout, il aura bossé 44 ans, en dépit de problèmes de dos.
13 ans de plus que mon père fonctionnaire.
Invoquer la « pénibilité » du travail est une malhonnêteté intellectuelle.
Il y a des travaux éminemment pénibles dans le domaine privé, au même titre que dans le public.
Alors de quel droit défend-on ces acquis sociaux là ?
Parce qu’ils devraient être la norme ?
OK. Dans un monde parfait, on devrait tous se battre pour que seul subsiste le cas de mon père.
On n’est pas dans un monde parfait.
La France ne créé pas assez de richesses pour offrir des « régimes spéciaux » à tous ses citoyens.
Pire, le nombre de bénéficiaires de ces régimes est tellement important, qu’il remet en cause tout le système des retraites.
Il n’y a pas de miracle, un actif ne peut pas financer 2 retraites.
Un peu de réalisme économique.
Une génération aurait pu (dû ?) anticiper. Celle qui a conquis les acquis sociaux justement.
Elle en avait le moyen, le ratio retraités/actifs était à l’inverse de celui de maintenant.
Maintenant, c’est à nous de d’être responsables.
Je suis de ceux qui pensent que des acquis sociaux peuvent devenir injustes :
- Parce qu’ils ont été fixés à une époque où la pénibilité du travail l’exigeait, mais l’évolution positive des conditions de travail ne justifie plus leur maintien.
- Parce qu’ils ne bénéficient qu’à des catégories bien particulière de personnes.
- Parce que leur maintien mais en péril économique tout le système en place.
Le problème des retraites n’est toujours pas résolu en France, là où la plupart de nos voisins européens ont bien avancé, sans que la rue les en empêche.
Ca me coûte de dire ça mais je pense que Sarkozy est tout à fait dans le vrai en s’attaquant à ces régimes spéciaux qui sont un anachronisme flagrant et une profonde injustice pour tous les gens du privé à qui on dit qu’une année travaillée pour eux vaut moins qu’une année travaillée par un fonctionnaire.
+ 1 il n'y a pas longtemps, chez nous ils ont mis fin à un système complètement surréaliste où l'on partait du principe que les enseignants avaient droit (
) à X jours de maladie sur leur carrière ... et ces jours pouvaient être reportés en fin de carrière... tant et si bien que certains terminaient leur carrière bien bien à l'avance en faisant jouer des jours dont ils n'avaient pas eu besoin...