Ce qui me gène dans ce genre de débat, c'est qu'on puisse se déclarer sans rougir CONTRE ( ou pour peu importe)une technologie, en brandissant l'étendard le principe de précaution .
Surveiller, oui, mille fois oui, mais bloquer une technologie sur la base de fantasme et mensonges montés de toute pièce?
Pour répondre aux problèmes les plus fréquemment soulevée à propos des OGM, je fais un copié/collé par soucis de rapidité:
1) Résistance aux antibiotiques:
A priori, pas un problème pour les raisons suivantes :
- les transferts de gènes de plante à bactérie, qui plus est de bactéries avec lesquelles on est en contact, sont très rare. La probabilité qu'un tel évènement ait lieu, que ce soit pile le gène de résistance, parmis 20000 autres qui soit transféré, qu'il soit encore fonctionnel chez la bactérie, puis que cette bactérie survive, se reproduise, et soit mise en contact avec notre organisme est tellement faible qu'on a plus vite fait de mourrir d'une chute d'astéroïde.
- les bactéries qui sont en contact avec ces gènes de résistances sont les bactéries du sol, et de notre flore intestinale. Une bonne partie d'entre elle possèdent déjà des gènes de résistance contre les antibiotiques en question.
- aucun OGM commercialisé ne contient un gène de résistance à un antibiotique utilisé en mèdecine. Les gènes de résistances utilisés concernent des antibiotiques qu'on utilise plus depuis un bail parcequ'ils ne sont plus efficaces en mèdecine.
Et, autre point important : les OGM commerciaux mis au point actuellement ne contiennent plus de gènes de résistance aux antibio.
2) Standardisation.
Cette question ne peut venir que de gens qui ne connaissent pas le fonctionnement de la création variétale classique. en création variétale classique, on utilise des moyens considérables pour obtenir un mutant parmis des millions de plantes. On sélectionne ce mutant performant parmis des centaines de milliers d'autres.
Puis on le multiplie. Et on le diffuse mondialement. Un mutant, d'une variété généralement étrangère pour les 3/4 du globe.
La voilà la standardisation.
Pour parer à cela, on introgresse le trait intéressant du mutant dans des variétés locales qu'on souhaite continuer à cultiver. Mais ce qu'on obtient au final, ce n'est plus la variété locale pure, c'est un croisement entre elle et le mutant diffusé mondialement.
En gros :
- la transgénèse n'apporte rien de nouveau. Cette standardisation découle du coût d'obtention d'un mutant intéressant, tellement élevé qu'on va plutôt en diffuser un seul que d'en faire un à partir de plusieurs variétés.
- l'introgression est également pratiquée après transgénèse. Par exemple, les variétés de coton BT commercialisées en Inde ne sont pas des variétés américaines, mais des variétés locales dans lesquelles on a introgressé l'insert.
- la transgénèse se pose comme une réponse à cette standardisation en permettant d'obtenir plus facilement de nouveaux traits, donc de le faire plus facilement sur un nombre plus grands de variétés. Actuellement, ce n'est pas encore évident, car cette technique reste lourde et chère. Mais les progrès techniques sont énormes, et ne sont pas en voie de ralentissement.
3) Pollution génétique :
C'est largement surfait. Oui, on a trouvé une moutarde ayant hérité d'un transgène, et qui est effectivement devenue résistante.
Mais c'était UNE seule plante sur 100000 testées, et qui plus est, il s'agissait d'un hybride stérile...mais ça, la confédération paysanne a oublié de le mentionner...
Pour le reste, cela serait un risque ? Non, cela n'est pas un risque. Une mauvaise herbe devenue résistance, c'est un phénomène courant. Et ce n'est un risque que si cela a des conséquences néfastes.
Quel est le problème avec ces poignées d'herbes qui potentiellement deviendraient résistantes au glyphosate ?
Il n'y a pas que le glyphosate en matière d'herbicide !
Comment font les agriculteurs qui ne cultivent pas d'OGM ? Ils n'utilisent pas de glyphosate sur leurs champs de colza. Et pourtant, ils arrivent à s'en débarasser de ces mauvaises herbes...
Ils utilisent des herbicides sélectifs.
En OGM, le glyphosate remplace ces herbicides sélectifs.
Les mauvaises herbes deviennent résistantes au glyphosate ? Où est le problème ? cela arrivait déjà 20 ans avant l'arrivée des OGM.
Dans ce cas, on arrête d'utiliser du glyphosate, et on revient aux herbicides sélectifs quelques années, le temps de virer ces herbes.
Ou mieux : on fait une rotation.
4) Pollution indirecte :
Les agriculteurs ne sont pas des enfants. Ils n'ont pas besoin que des gens qui ne connaissent rien à leurs cultures leur disent quoi faire.
Lorsqu'une nouvelle variété les intéresse, ils la testent sur une partie de leur exploitation quelques temps, ils voyent si c'est rentable, et si oui, ils continuent. Si non, ils arrêtent.
Si vraiment ces "craintes" étaient justifiées, alors les anti-OGM n'auraient aucun soucis à se faire, car les OGM ne se vendraient pas, ou ne se vendraient qu'une année, peut être deux, trois...mais pas plus.
Quant aux histoires de pollutions par le glyphosate, l'argument est amusant...
5) Brevetage du vivant :
Complètement hors sujet ! Les variétés non-OGM sont brevetées aussi ! et lorsqu'elles ne le sont pas, elles sont protégées par d'autres formes de protection de l'innovation.
Ce n'est donc en rien un "problème des OGM" : c'est un problème lié à toute la création variétale. Ogm ou pas, kiff-kiff.
Et d'ailleurs, heureusement que ces variétés sont protégées ; si elles n'avaient pas pu l'être, elles n'auraient jamais vu le jour.
Quant à "piller le patrimoine génétique des pays du Sud", c'est de l'énome foutaise...!
Ce sont les OGM qui sont brevetés, les techniques de transgénèse, et les techniques de fabrication des inserts.
Pas les gènes "des pays du Sud". Les gènes BT des bactéries en question ne sont pas brevetés... On ne peut pas breveter des séquences naturelles : c'est interdit, et ces brevets lorsqu'ils passent sont cassés au moindre litige.
6) Mise en dépendance des économies paysannes :
Encore une fois, les agriculteurs sont assez grand pour savoir ce qu'ils font, et mieux encore, ce qu'ils veulent.
En outre, les OGM n'entrainent aucune nouvelle dépendance : même des OGM stériles n'en entraineraient pas. On pourrait parler de dépendance si l'agriculteur était obligé par la suite d'acheter toujours et encore les mêmes semences. Ce n'est pas le cas. Si l'agriculteur veut arrêter de semer OGM, il le peut.
Ce que les gens qui lancent ce genre d'argument fallacieux n'arrivent pas à avaler, ce n'est pas une histoire de dépendance. C'est le fait que les agriculteurs se reposent sur ces grandes entreprises, qu'ils décident d'acheter les semences issues de leur travail plutôt que de produire leurs propres semences.