Perfect Tömmy a écrit :
Il faudrait poser le problème autrement. Je m'explique.
J'ai la très nette impression que la plupart des gens ici n'ont de conception de la laïcité que celle qui est en gros définie par la loi de 1905. Or cette loi n'exprime qu'une conception particulière de la laïcité, une conception ancrée dans un lieu et une époque, bref un contexte. Et il n'est pas faux de dire que le contexte a changé.
Dans le même ordre d'idée, je tiens à rappeler que d'autres pays que la France sont laïcs, mais que leur conception de la laïcité est différente de la nôtre, et sans doute tout aussi acceptable. Cet état de fait est dû à leur histoire différente de la nôtre.
Les Etats-Unis sont un pays laïc. Cela peut surprendre parce que les Américains sont somme toute très croyants et aiment à invoquer Dieu à tout bout de champ, mais leur constitution ne reconnaît aucun culte officiel tout en garantissant une liberté absolue de croyance, ce qui explique la prolifération de mouvement que d'aucun appellerait secte en France.
L'Allemagne est aussi un état laïc. Pourtant il y existe un impôt visant le financement des cultes catholiques, protestants et judaîques, et ces trois religions sont enseignées à l'école (comme en Alsace-Moselle à l'heure actuelle). Dites à un Allemand qu'il vit dans une république théocratique où foi et politique sont en collusion, vous vous ferez bien accueillir !
Personne n'a réagi à ce que je disais dans u précédent post sur le cas d'Alsace-Moselle. Pourtant voilà bien trois départements de la France métropolitaine dans lesquelles la laïcité n'est pas vécue comme ailleurs. Pourtant, n'importe quel Messin ou Strasbourgeois se sent aussi républicains et laïcs que n'importe quel autre Français, et sur place je peux vous assurer que les trois religions concordataires restent à leur place, et que les élèves des écoles et collèges savent très bien faire la part des choses en classe entre ce qui est dit par le professeur d'histoire et le professeur de religion (mes élèves de 6ème m'ont particulièrement scotché cette année par leur maturité, d'ailleurs).
Et je dois dire que les professeurs de religion que j'ai rencontrés jusqu'à présent sont des gens très prudents et qu'ils connaissent très bien les limites de leur fonction. D'ailleurs, leur cours s'apparentent souvent à un cours d'histoire des religions. Et l'un deux de me rappeler ce qu'un évêque (celui de Strasbourg, je crois) rappelait lors d'une conférence sr la question de l'enseignement religieux dans les départements concordataires : "Ce n'est pas et ne doit pas être du cathéchisme."
J'ai été frappé il y a quelques jours d'entendre un journaliste du Monde des religions rappeler à la télévision que la laïcité n'est pas née en Frnance en 1905, mais que son réel acte de naissance est la loi du concordat, précisément, parce que la laïcité n'est pas un principe d'exclusion de la religion mais un principe de gestion des rapports de force entre religion et politique, entre publique et privé, et que ce rapport de force appelle à des redéfinitions en fonction des enjeux d'une époque (qui ne sont pas les mêmes en ce début de XXIème siècle de ceux du XX ou du XIXème s.)
Maintenant que faire de la laïcité en France aujourd'hui? J'en sais rien !
Mais on peut lancer un débat et réfléchir clairement. Mlaheureusement, ce n'est pas le fort de notre président.
EDIT : je ne serais pas choqué qu'une heure d'histoire des religions par semaine soit prévue dans les programmes et appliquée partout, et que l'enseignement religieux en Alsace-Moselle soit modifié/intégré dans ce sens. Je ne serais pas choqué que l'Etat ou les collectivités participe au financement des lieux de cultes. Voilà, à chaud, des idées qu ime viennent et dont on pourrait discuter.
Très bonne relativisation du système français ; faut-il pour autant un impôt pour financer les cultes comme en Allemagne ? Pour moi non : pas de financement public et séparation de l'Etat et des églises ; ce sont 2 grandes qualités du système français.