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ROBIN BANKS CONTRE LA PHYNANCE
"J’AI VOLÉ 492000 EUROS à trente-neuf organismes bancaires à travers soixante-huit opérations de crédit. Si on y ajoute les intérêts, la dette dépasse aujourd’hui les 500000 euros. Je ne la paierai pas." Au moment où les États s’apprêtent à socialiser les pertes de la haute finance spéculative pour la sauver d’une crise mondiale sans précédent, un jeune Catalan tire sur l’ambulance et se vante d’avoir détourné un joli paquet de fric. Pour l’injecter dans « des mouvements sociaux qui construisent des alternatives » et dans la publication d’un journal éphémère, Crisi, dont 200000 exemplaires ont été distribués gratuitement le 17 septembre dernier dans toute la Catalogne. Gros titre du canard sauvage : « Tu penses que les banques te volent ? Rends-leur la monnaie de la pièce. » Enric Duran, Robin des banques en cavale, risque jusqu’à dix ans de prison. Il a répondu en exclusivité aux questions de CQFD.
D’où vient l’idée de demander tous ces crédits sans intention de les rembourser ?
Un ami m’avait expliqué que les banques n’ont pas les moyens de vérifier les fiches de paie d’un client qui sollicite un crédit. Elles vérifient juste que son employeur existe bien.Il y a trois ans, après m’être intéressé à la crise énergétique et à sa relation avec un système économique qui, en poursuivant une croissance exponentielle, est condamné à aller de crise en crise, j’ai voulu mettre en pratique ce savoir. Après quelques coups d’essai, je me suis lancé. Jusqu’à engranger 492000 euros, extorqués à travers soixante-huit opérations de crédit à trente-neuf organismes financiers. Ça m’a coûté quinze heures de boulot hebdomadaire pendant deux ans et demi d’activité intense. J’ai abusé ceux qui abusent de nous avec le crédit à la consommation. J’ai emprunté de l’argent sous prétexte d’acheter une voiture, de réhabiliter mon appartement. J’ai aussi monté des boîtes fictives pour obtenir des prêts plus importants. L’avantage, dans ce cas-là, c’est que ton nom n’apparaît même pas dans le fichier des mauvais payeurs de la Banque d’Espagne !
Lire la suite dans le CQFD n°60, octobre 2008, actuellement en kiosque.
Ce n'est qu'un début, continuons le combat....