Redstein a écrit :
1) nous sommes actuellement coincés au BB, mais rien ne dit qu'il n'existe justement pas une infinité d'univers, façon poupées russes, ou un méta-univers
(de l'importance des tirets... je n'ai rien contre la méta-physique - mais appelons-le Eden si ça vous chante !) dans lequel se trouverait le nôtre et sans doute une infinité d'autres, qui serait régi par des lois susceptibles d'expliquer tout ce que nous ne comprenons pas à notre ptit niveau, et auquel la science pourrait éventuellement nous donner accès un jour, et...
Mais en admettant que cette théorie soit fondée (pourquoi pas), ça ne change rien au problème: le même question se posera sur l'origine de ces "univers-bulle", leur infinité, leur durée ou leur etrnité, leur caractère statique ou dynamique... Bref on repassera par exactement les mêmes questions, à un niveau supérieur... Et on retombera inévitablement sur l'énigme de la création. (cf le début de mon post)... C'est sans fin...
Citation:
2) l'important n'est pas de se dire qu'on ne parviendra pas à répondre à la grande question
(je ne vois effectivement pas comment faire en l'état de nos connaissances - m'enfin ma culture scientifique est assez indigente) , mais de refuser justement cette espèce de défaitisme scientifique qui est tout à fait d'inspiration métaphysique, pour ne pas dire religieuse.
L'erreur est à mon sens de voir cela comme du défaitisme: je le voie plutôt comme une utopie scientfique, un idéal vers lequel il faut tendre même si on sait qu'on y arrivera jamais)
Citation:
Enski concerne ton post suivant : tendre à se doter à terme d'« une forme de connaissance ultime » est une chose, et décider unilatéralement qu'on est arrivés à
la fin de l'Histoire en est une autre, bien différente.
Comment fais-tu la différence? Comment saura tu, une fois arrivé à un certain niveau, qu'on a fait ou non le tour de la question? Il se peut très bien qu'on ait l'impression d'avoir tout compris, jusqu'à ce qu'un beau jour une observation ne cadre pas avec la théorie et nous oblige à tout refoutre à plat. A vrai dire c'est même le paradigme du progrès scientifique depuis les lumières, que je décris-là...
Citation:
Qui peut dire que la science n'arrivera pas un jour lointain, si pas à épuiser son sujet, au moins
à en faire raisonnablement le tour ? Après tout, elle est toute jeunette !
"Raisonnablement le tour?" mais qu'est-ce que ça veut dire ?
Soit on a fait e tour, soit on n'a pas fait le tour... On ne peut pas considérer qu'on a fait "raisonablemement" le tour. D'ailleurs qui déciderait du caractère "raisonnablement suffisant" des connaissances déjà acquises pour décider que continuer à chercher serait "raisonnablement inutile"?
Et puis jeune, jeune, la science... dans sa forme moderne, peut-être, mais la quête de connaissances et la philosophie sont aussi anciennes que l'humanité.
Citation:
Quant à tes chimistes, franchement, ce sont des crétins, ou tout au moins des croutons...
Je crois que tu es injuste avec eux. C'est facile de tourner ce point de vue en dérision au début du XXIe siècle Mais n'oublions pas que ces gens faisaient partie des esprits les plus brillants de leur époque (je n'ai plus de noms en tête, mais on trouve vraiment des grands noms de la chimie qui défendaient ces thèses). Si on se replace dans le contexte de l'époque, l'idée n'est pas forcément si idiote. On venait d'assister à un siècle de prorès considérables dans tous les domaines.Dans tous les domaines, les scientifiques avaient réussi à organiser et structurer les connaissances de manière très convaincante. Les chimistes avaient compris (du moins le croyainent-ils) le rôle de l'electron, avaient théorisé les mécanismes qui sous tendent les réactions les plus courantes, avaient réussi a expliquer la composition de la matière et ses transformation, ce qui avait permis d'établir une classification assez convaincante des éléments. (Evidement c'était avant que Marie Curie ne viennent foutre son grain de sel en découvrant que certains éléments fondamentaux se transformaient en d'autres, et qu'il fallait peut-être s'interresser au noyau des atomes autant qu'à leurs enveloppe d'electrons.)
Les physiciens avaient fait le tour de la mécanique Newtonienne, et mis à part quelques interrogations qui subsistaient sur le caractère fini de la vitesse de la lumière, qui ont été résolues avec la théorie de l'ether.
(jusqu'au jour ou un certain Albert Einstein est venu faire chier le monde en éméttant l'hypothèse que le temps n'était pas absolu).
Les biologistes avaient eux une théorie assez solide sur l'évolution et avaient réussi à classer les espèces de manière cohérente, et les géologues commençaient à avoir une idée qu'ils croyaient assez précise sur l'histoire de la terre (jusqu'à ce qu'un clampin découvre un coquillage en haut d'une montagne...)
Bref, l'idée qu'on pourrait arriver à "tout savoir" était loin de paraître si absurde si l'on se replace dans le contexte.
Ce que je veux te faire comprendre, c'est comment tu saurais que tu ne serais pas dans la positions de ses chimistes naïfs du début du XXe siècle, le jour ou tu croiras avoir fait "raisonnablement le tour" de l'ensemble des connaissances? Qui te dis que cent ans plus tard, les étudiants ne se foutront pas de ta gueule en disant :" Pfff tu te rends compte, Redstein il croyait qu'on savait tout, alors qu'on avait même pas encore découvert l'instabilité des vecteurs dimensionnels interdépendants... pff quel idiot... "
Tu vois? Autant rester dans le doute permanent et continuer à chercher, on ne sait jamais. de toute façon il y a toute les chances pour qu'un beau jour un type débarque en disant "Au fait, j'ai observé un truc avec mon téléscopes, hier soir, qui ne cadre pas avec vos théories... Comme les téléscopes ne se trompent pas, j'en déduis que votre théorie est foireuse. Bonne journée..."
Arthur C. Clarke a écrit :
If a distinguished but elderly scientist says something can be done, he is probably right. On the other hand, if he says something cannot be done, he is almost certainly wrong.
Très vrai, mais les chimistes dont je parle ne disaient pas ça. Ils disaient "Everything can already be done, or will very soon"
*: NOBODY EXPECTS THE SPANISH INQUISITION!