Allé ... hum ... j'vous fait part d'un sujet sur l'autre forum et de ma réponse à la question posée par un des gars qui écrit des articles.
Citation:
QUESTION / Tous les spécialistes coïncident sur le fait que le moment le plus délicat du processus de séduction, c'est à dire, le moment où le séducteur a le moins de pouvoir pour influencer sa cible est l'instant du phone game où on lui propose un date.
Pour mieux comprendre une raison de refus il faut surtout remonter les phases en arrière sans forcement se focaliser dessus. J'ai bien lut votre rapport avec le temporel sur le forum : passé/présent/futur.
Déjà un premier refus sur la phase de phone call peut s'expliquer donc par un comportement passé même si l'on a réussis le départ
(récupérer un numéro). Il faut ensuite analyser ce qui n'a pas été convaincant dans le discours présent afin d'améliorer son futur.
Un second refus peut venir aussi de part une mauvaise approche vocale :
" salut Mathilde ! comment vas tu depuis l'autre soir ? "
"Bien et toi ? "
" moi ça va tranquille, bon écoute, ça te dirai de venir avec moi boire un verre un de ces 4 ? "
" ra je sais pas trop j'suis prise en ce moment ..."
" Ah mince bah fais moi signe hein bonne journée "
" bye"
Bam "Ratal" et échec de la proposition, faut user de beaucoup de répartie et d'innovation pour rattraper le coup.
Analysons l'erreur : ( j' vais pas parler du vocal et de la vitesse d'élocution qu'on devra employer ni de la tonalité ça serai trop complexe. )
le choix des mots ( sans vouloir non plus pré calculer la demande parce que si refus il y a, s'inventer un scénario tout fait c'est le bordel quand ça part en sucette ).
" moi ça va tranquille, bon écoute, ça te dirai de venir avec moi boire un verre un de ces 4 ? "
Le bon écoute = "salut miss je t'apelle pour ça" ===> MODE NEEDY open, vous êtes cramé vous n' appelez QUE pour ça... quand on sait ce que l'on mijote après un rdv ===> kclose ou fclose ).
ça te dirai de venir ? = Donner le poids de la relation éventuelle sur les épaules de la dame, vous ne prenez aucune décision. quand on sait que les femmes n'aime pas devoir choisir... et qu'elles font pas mal de fois le mauvais choix, on se coltine un zéro pointé direct avec une question de ce type ! ( je pense que vous le savez tous ). Assumez votre appel et votre intention AFFIRMER SON CHOIX = bonne formule.
avec moi boire un verre un de ces 4 = On ne boit pas ensemble, tu bois "avec moi" et le "un de ces 4" donne une notion temporelle indéfinie que les femmes n'apprécient pas. Il est important d'avoir une formulation CONCRÈTE de notre SOUHAIT et de l'ASSUMER pleinement.
la bonne phrase serai plutôt :
" salut Mathilde ! blablabla comment va la vie depuis l'autre soir ? "
[...]
"Allé on va se boire un verre et on va au XXX mercredi vers 21h, on se rejoint place XXX"
==< on propose de manière concrète sans passer en mode NEEDY à 100%. C'est justement cette notion d'appel passé par le mec qui fait que la notion "MOINDRE POUVOIR" est instaurée. Du moment que l'on appelle quelqu'un pour proposer quelque chose, la personne en face dispose. En commerce on appelle ça l'offre/la demande.
AU delà de l'exemple que j'ai donné ci dessus qui est très "écrit", je dirai qu'il y a une notion plus conceptuelle et générale pour répondre à ta question. Je m'appuie sur quelque chose de plus philosophique sur le sens du langage et les problèmes que l'on peut rencontrer en communication, qui nous amènera à répondre à ta question donc de manière plus profonde qu'à coup d'exemples de dialogues.
Citation:
L’idée que le langage est un instrument en appelle une autre, qu’il sert à manipuler son objet en vue d’une fin quelconque. Effectivement. Le langage peut-être utilisé comme moyen de pression, de domination et même de manipulation. Dès que nous posons une fin à réaliser par le langage : vendre un produit, ramener à soi les suffrages de l’opinion publique, assurer devant autrui le bien-fondé d’une croyance, d’un choix etc. nous admettons que le langage doit être un moyen efficace de persuasion.
Citation:
On appelle rhétorique l’art de bien parler en vue d’obtenir par la parole les fins que l’on poursuit. Le rhéteur est celui qui sait déployer toutes les ressources du langage pour tenter de plier la volonté de celui à qui il s’adresse, pour obtenir de lui ce que l’on désire. Ce qui résulte de la seule magie du discours ne crée qu’une persuasion et pas de vraies convictions. On ne retient rien de précis d’un discours très rhétorique, on n’y rencontre pas vraiment la conviction de raisons solidement enchaînées, mais seulement des opinions. Inversement, pour être convaincu de la justesse d’un point de vue, nous n’avons pas besoin de beaucoup de mots, mais d’une parole claire, véridique, munie de raisons.
====> "Allé on va se boire un verre et on va au XXX mercredi vers 21h, on se rejoint place XXX"
on va éviter de parler de Socrate hein ^^ mais c'est clair net et précis on a plusieurs manières d'aborder les mots :
langage philosophique : l'art de penser.
langage sophiste : l’art de parler
Citation:
L’enjeu entre l’une et l’autre consiste essentiellement dans l’alternative entre se servir de la parole comme d’un outil de manipulation d’autrui ou bien laisser la parole à elle-même comme d’une voie d’accès à la vérité. Comprendre la parole comme voie d’accès à la vérité rend nécessairement économe de ses mots. La prudence devant le langage rend la pensée plus économe pour éviter l’erreur. User de la parole pour séduire, persuader ou se faire obéir, c’est en négliger l’humilité devant la vérité et préférer l’arrogance du pouvoir sur autrui que le langage rend possible. Le bien parler est donc non seulement ambigu, mais aussi parfois trompeur. Les tournures savantes, les figures de style, les jeux de mots, tout cela fait son effet, mais l’effet est faux-semblant, il permet aussi de malmener la langue pour lui faire dire ce que l’on veut bien lui faire dire. L’effet permet de séduire, tout en sauvegardant l’apparence, y compris l’apparence d’une pensée rigoureuse ! Il est donc possible que des discours brillants, ponctués généreusement de « donc » et de « par conséquent » contiennent bien des sophismes que nous ne pouvons pas bien déceler, engloutis que nous sommes dans le torrent des mots.
===> si l'on veut persuader il faudra user du pathos pour persuader. on peut donc ensuite partir sur les différents types de manipulation qui existe en communication ( vous l'aurez deviné je bosse dans la communication ).
En clair, il y un jeu rhétorique du mental quand l'ego veut exercer sa puissance de manipulation sur l'autre. Il y a une rhétorique passionnelle, une éloquence de l’idéaliste enthousiaste. Celui qui sait « bien parler » c’est celui qui sait « bien s’exprimer » dans la parole c’est aussi le « beau parleur » dans un sens très particulier. Le « beau parleur » est celui qui est habile ; il sait subjuguer et tenir en haleine ceux qui l’écoutent, il sait aussi jouer la comédie et éblouir par son numéro d’acteur. Le beau parleur possède une bonne maîtrise de la rhétorique, c’est un orateur conscient de son pouvoir et même du charme qu’il peut exercer par la parole. De son habileté il tire un pouvoir. Bien parler veut donc dire plusieurs choses : c’est bien s’exprimer, mais aussi savoir persuader habilement, savoir convaincre, savoir séduire par le discours, et par là savoir diriger autrui. Savoir bien parler donne en général un pouvoir sur autrui ou donne le pouvoir. La valeur d’outil de domination du langage ne doit donc pas être sous-estimée. Elle correspond à un fait qui est celui de l’exercice du pouvoir. Partout où est en jeu une autorité s’exerçant sur des hommes, il y a un usage de la parole comme puissance directrice : pour persuader, pour ordonner, dicter, commander. Là entre en jeu l’emploi de la rhétorique du pouvoir.
Si la parole est révélatrice du sensible, c’est que ce que nous sommes vient se refléter dans notre langage. Notre parole nous ressemble, elle est aussi superficielle, frivole, avide, fausse, stupide, bornée, insensible que nous; comme elle peut aussi être innocente claire, franche, forte, et en même temps intelligente, sensible, profonde et délicate; ce que nous sommes quand notre vie est plus vraie. Le dilemme proposé entre un langage qui "sert" à "penser" ou à "parler" n'est pas du tout gratuit. Ce qui est en jeu dans notre rapport au langage, c'est au fond notre propre compréhension de l'essence de la Vie. D’où cette démarche, au premier abord étrange, de Stephen Jourdain qui dit faire de la méta-poésie en lieu et place de la métaphysique.
Voila voila en espérant ne pas trop avoir débordé sur ta question initiale.
GX.