C'est pourtant simple...
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Ce qui est le plus frappant, c’est que les clients de la Camorra étaient surtout des entreprises du Nord de l’Italie, de Lombardie et de Vénétie notamment, régions qui ont refusé, dans cette situation d’urgence, d’accueillir les déchets de la Campanie.
De même que la phase de destruction de déchets, les décharges constituent également une ressource à laquelle la Camorra n’a aucune intention de renoncer. La Région de Campanie, en effet, a un besoin énorme de places où stocker les soi-disant « ecoballe ». Il s’agit de « balles » de déchets transformés en cdr et destinés à être brûlés après avoir été séparés de ceux qui peuvent être utilisés autrement. Or en Campanie, les usines de cdr ont produit des bottes qui ne sont pas aux normes et qui ne peuvent donc pas être brûlées car elles n’ont pas été transformés en cdr. En outre, même si ces balles étaient aux normes, il n’y a aucun incinérateur en Campanie. D’où le besoin de sites où stocker ces bottes qui ne sont que des ordures compactées. C’est là que la Camorra intervient. Elle achète de très grandes surfaces de terrain à un pris très bas et, dès que les sites de stockage qui existent déjà sont saturés, elle revend les terrains pour le stockage, à un prix majoré, aux entreprises auprès desquelles le gouvernement local a sous-traité le traitement des déchets. L’intérêt de la Camorra à alimenter les « urgences » et à intervenir dans les protestations contre l’ouverture des décharges anciennes est donc très clair.