Je comprends que tu aies vu rouge. En cette période d'élection, surtout sur les forums comme celui-ci, tout se la joue politologue, et croit avoir réponse à tout. C'est très facile de paraître cultivé et plein d'idées derrière son clavier. Je ne suis pas non plus un expert et je n'ai pas la prétention d'avoir la science infuse. J'essaie de lire le plus possible de la littérature scientifique de qualité (pas d'essais journalistiques, mais plutôt des travaux empiriques issus du monde universitaire notamment) pour avoir une opinion sur ces sujets-là.
Bien sûr que la mondialisation c'est tout ce que tu dis, et même beaucoup plus. Je ne suis pas d'accord sur le fait que la mondialisation comme tu la décris est inéluctable. Les flux financiers ne le sont absolument pas, par exemple, à l'inverse des flux commerciaux (dans une certaine mesure seulement hein).
Ce que critique dans ton argumentaire, c'est ce côté inéluctable. C'est l'argument premier des "mondialistes", en général (bordel, voilà que je mets à parler comme Marine).
Le fléau pour moi, c'est ce qu'on nomme généralement la mondialisation néolibérale, qui date en gros de la fin des années 1970. Ce type de mondialisation est un choix politique et économique, avec des conséquences sociales (emprisonnement, dérives sécuritaires, chômage de masse, et beaucoup de souffrances qui ne sont pas quantifiables et donc n'existe pas aux yeux des economistes). Par exemple, la réalité carcérale d'aujourd'hui et de l'état punitif pratiqué en France et aux US, c'est une extension direct d'une politique de chômage de masse qui a mené a de plus hauts taux de criminalité.
Tu as mentionné l'UE: l'EU n'avait rien d'inéluctable. Si il n'y a pas d'Europe sociale aujourd'hui, c'est là encore un choix politique.
Je pense que le début d'un esprit critique solide, c'est de ne jamais naturaliser l'état actuel du monde social, et de toujours s'eefforcer de voir les conflits et les choix sciemment fait qui ont façonné ce monde social. Ce besoin de pensée critique s'applique parfaitement à la mondialisation.