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jules_albert


À paraître le 17 mai prochain : un volume regroupant les quinze numéros de la revue Encyclopédie des Nuisances, parus entre 1984 et 1992.

A l'initiative de Jaime Semprun qui en fut le maître d'œuvre et le principal rédacteur, le projet d'une Encyclopédie de nuisances devait contribuer à "redonner tout son emploi historique à la négation passionnée des chaînes de la superstition et de la hiérarchie" qui animait les encyclopédistes du XVIIIème siècle.
Renversant leur perspective, ce Dictionnaire de la déraison dans les arts, les sciences et les métiers se donnait pour but de réarmer la critique de la superstition techno-scientifique devenue hégémonique, ainsi que la révolte contre toutes les hiérarchies qui en procédaient, unifiées dans un nouvel absolutisme bureaucratique, synonyme de "progrès".

Le lecteur pourra juger sur pièces que ce qui pouvait alors sembler excessif aux esprits timorés est devenu, en ces sombres jours où la déraison menace sans équivoque la vie sur terre, d'une évidence éclatante et a rendu d'autant plus impérieuse la nécessité de s'y opposer. Ce volume regroupe les quinze numéros de la revue Encyclopédie des Nuisances, parus entre 1984 et 1992, et les prospectus annonçant respectivement la publication du premier tome en novembre 1984 et celle du second en novembre 1989.


Michel Bounan, dans "Sans valeur marchande", critique les idées des rédacteurs de l'EdN et surtout leur idolâtrie de la "raison", car cette raison qu'ils défendent apparaît avec le développement de l'économie marchande. Selon Bounan, c'est donc à un stade déjà bien avancé du processus de dépossession moderne que ces anciens "progressistes" déçus souhaiteraient revenir (le XVIIème siècle avec ses campagnes bien drainées et partiellement déboisées sentant bon les moissons que des paysans convenablement éduqués récoltaient pour de petits maîtres). Bounan accuse donc l'EdN de contribuer à maintenir l'organisation sociale qui produit les innombrables nuisances du monde moderne :

"Ce que nous appelons la Raison, qui sert en quelque sorte à définir la folie, est une des plus belles conquêtes de notre civilisation marchande. Elle a triomphé avec elle, elle est la forme mentale qui convient à cette civilisation. Il est évident que la folie, autrefois si répandue et si respectée, est tout à fait nuisible au bon fonctionnement d'une organisation marchande. Comment gérer son temps de travail, aménager son espace-à-vivre, quand on soupçonne une présence indistincte mais inquiétante en deçà de la trame superficielle de l'espace, entre les mailles distendues du temps ? Comment traiter correctement ses affaires quand des rites conjuratoires s'imposent sans cesse pour chasser ses propres démons qu'on présume universels ? Comment assurer fermement son rôle d'acteur social quand tout semble rôle, inauthenticité, fabulation ? Comment prendre part à une simple réunion professionnelle quand tous les participants semblent complices d'une inextricable conjuration ?

Il n'est donc pas surprenant que cette raison, dont nous sommes si fiers, ait toujours accompagné les succès de la civilisation marchande ; et déjà, dans l'Antiquité gréco-romaine, les cités commerçantes du bassin méditerranéen en avaient répandu l'odeur. On sait que cette même raison a fait l'objet d'un culte au moment où notre civilisation a triomphé politiquement en Europe. Et dès lors, elle a combattu avec la même ténacité tous ceux qui n'y sacrifiaient pas sans résistance." (page 44).
Sans valeur marchande : https://debord-encore.blogspot(...).html

La peste citoyenne. La classe moyenne et ses angoisses : http://parolesdesjours.free.fr(...)e.pdf
jules_albert


À paraître le 13 septembre : https://www.editions-allia.com(...)ement


À reprendre au commencement est le recueil des œuvres complètes de Michel Bounan. En neuf ouvrages parus de 1990 à 2015, du Temps du sida à L’Or du temps, il offre une vision exhaustive du désastre en cours, des conditions sociales, affectives, politiques, sanitaires, écologiques et économiques qui l’accompagnent.

Au sein d’une catastrophe issue en totalité de la raison marchande, il montre en outre comment cette même raison marchande produit l’ensemble des idées à son sujet. Alors que tous les freins à la violence semblent devoir être levés, falsifications et manipulations visent activement toute critique nouvelle, afin de la retourner contre elle-même pour la neutraliser (L’État retors, L’Art de Céline et son temps, Logique du terrorisme).

Dans cette guerre sociale, nous ne pouvons plus recevoir l’idéologie dominante qu’au prix de perturbations croissantes (La Vie innommable). Ces maux du corps, de l’esprit et du langage que nous ne parvenons plus à soigner, ne sont que les symptômes d’un mal civilisationnel plus profond (Le Temps du Sida, La Folle Histoire du monde). Aussi implacable soit-il, le diagnostic n’omet pas les remèdes (L’Or du temps, Sans valeur marchande). Le choix reste toujours possible entre notre humanité oubliée, celle d’un Être libre dont nous pouvons encore retrouver le chemin, ou l’avancée, plus profonde, dans la barbarie.
Sans valeur marchande : https://debord-encore.blogspot(...).html

La peste citoyenne. La classe moyenne et ses angoisses : http://parolesdesjours.free.fr(...)e.pdf
jules_albert


https://www.editions-allia.com(...)sique

Publié en 1946, Pratique élémentaire de la musique reste une référence absolue. Avec cet ouvrage élaboré à la demande de ses classes de théorie, et longuement expérimenté avec elles, Paul Hindemith entend “fournir les connaissances théoriques fondamentales” à tout apprenti musicien.
Musicien exceptionnel et polyvalent, à qui aucun instrument d’orchestre n’était étranger, Hindemith aura composé pour presque tous les types d’ensembles musicaux.
Au moyen d’une série d’exercices dont la difficulté va crescendo, le maestro invente ici une méthode qui implique pleinement l’élève (et le maître !), afin de stimuler sa créativité : “D’auditeur attentif, il doit se convertir en musicien agissant, et cela dès les premiers pas, par une participation active”. “Chef-d’œuvre de pédagogie” selon la grande pédagogue et compositrice Nadia Boulanger, ce livre est une porte d’entrée vers toutes les dimensions de la musique, du rythme à l’harmonie jusqu’au contrepoint. Logique, perspicacité, habileté : toutes les facultés de l’étudiant seront requises au cours de cette initiation.
Sans valeur marchande : https://debord-encore.blogspot(...).html

La peste citoyenne. La classe moyenne et ses angoisses : http://parolesdesjours.free.fr(...)e.pdf
lartistafred
Je viens d'achever la lecture du 'Petit chose ' d'Alphonse Daudet
C'est un très beau roman initiatique qui vaut le détour.
C'est agréable pour moi de lire ces romans du 19eme en les replaçant dans le contexte de l'époque ( les rapports très tendus au niveau hiérarchique, des privilèges de classe très présents ( là où aujourd'hui on n'en parle plus même s'ils existent toujours autant) et un temps qui s'écoule plus lentement qu'aujourd'hui du fait de transports bien plus lents et de distractions non omniprésentes)
vous recherchez un idéal, dans le sens que vous moulez votre corps, c'est ça vous développez votre corps. Vous en changez le contour et vos formes et vos muscles, pour qu'ils prennent l'apparence que vous désirez. C'est d'abord une perception abstraite du corps que vous souhaitez obtenir, vous essayez ensuite d'épouser vraiment ces formes.

Tom PLATZ
Un petit schéma pour résumer :
esprit --> troisième oeil : voit le corps idéal --> corps --> prière du corps --> esprit
Et on recommence autant de fois qu'on veut. ;-)
jules_albert


Introuvable depuis longtemps, Le Miroir du merveilleux reparaîtra au mois d'août, mais pas aux Éditions de Minuit.

http://www.leseditionsdeminuit(...)leux_(Le)-3036-1-1-0-1.html

En utilisant des textes souvent inédits de Lewis Carroll, de William Blake, de Rimbaud, de Goethe, de Julien Gracq, de Kafka, d’Ovide ou de Platon, mais en racontant aussi des légendes indiennes et finnoises, des contes australiens, qui se présentent comme autant de témoignages de ce merveilleux qui existe en chacun de nous, l’auteur cherche à saisir totalement l’Univers, en le débarrassant « du barème des valeurs morales », en dépassant les interdits et les tabous, pour atteindre l’inconscient, tel qu’il s’exprime à travers toutes les aspirations du désir.

Cette exploration de l’univers poétique s’élabore à travers différents thèmes : la création et la destruction du monde, la traversée des éléments et les épreuves purificatrices, la lutte contre la mort, les voyages merveilleux, la prédestination, la quête du Graal et la puissance magique de l’Amour qui tous se complètent, répercutant à l’infini une même révélation : l’unicité de l’esprit humain et la pérennité des mêmes questions et des mêmes réponses. Dans les limites d’une civilisation donnée, les grands mythes donnent les clefs de l’énigme, ils précisent à l’homme la trajectoire de son destin afin de pouvoir lui assurer la maîtrise du monde. C’est la raison pour laquelle on a souvent dit que Le Miroir du merveilleux est au surréalisme ce que sont aux philosophies religieuses, les livres sacrés.
Sans valeur marchande : https://debord-encore.blogspot(...).html

La peste citoyenne. La classe moyenne et ses angoisses : http://parolesdesjours.free.fr(...)e.pdf
corto30
Oups


Nutrisco et Extinguo
Slyonline2
jules_albert a écrit :





J'ai lu beaucoup de CG Jung.

Je suis un inconditionnel.

Dans ce thème, je te conseille le Synchronicité et Paracelse de Jung.
Passionnant.

https://www.babelio.com/livres(...)01598

Je ne le conseillerai pas a tout le monde, mais au vu de ce que tu lis déjà, ça ne te posera pas de problèmes....
Être plutôt que paraître, brouter plutôt que paître...
jules_albert
Slyonline2 a écrit :
jules_albert a écrit :





J'ai lu beaucoup de CG Jung.

Je suis un inconditionnel.

Dans ce thème, je te conseille le Synchronicité et Paracelse de Jung.
Passionnant.

https://www.babelio.com/livres(...)01598

Je ne le conseillerai pas a tout le monde, mais au vu de ce que tu lis déjà, ça ne te posera pas de problèmes....

Je note ce titre pour l'ajouter à ma collection, merci.

Sans valeur marchande : https://debord-encore.blogspot(...).html

La peste citoyenne. La classe moyenne et ses angoisses : http://parolesdesjours.free.fr(...)e.pdf
jules_albert


"Qui vive" est réédité ces prochains jours.


Dans la collection "Bouquins" :




Cette anthologie le vérifie et le démontre : elle réunit plus de 200 textes, tous genres confondus, écrits de l'aube des années 1920 aux années 1960 par plus d'une centaine d'hommes et de femmes, connus ou moins connus, peintres ou poètes. Organisée de manière chronologique, elle évoque les rencontres, restitue les passions et rend compte des discussions très nombreuses autour des questions de l'amour, de la sexualité et de l'érotisme. Car liberté, amour et poésie sont indissociables, au cœur de l'aventure surréaliste qui se proposait de "réduire l'art à sa plus simple expression, qui est l'amour".

Extrait de cette très belle anthologie "Si vous aimez l'amour..." :

Sans valeur marchande : https://debord-encore.blogspot(...).html

La peste citoyenne. La classe moyenne et ses angoisses : http://parolesdesjours.free.fr(...)e.pdf
Kandide
jules_albert a écrit :


"Qui vive" est réédité ces prochains jours.


Dans la collection "Bouquins" :




Cette anthologie le vérifie et le démontre : elle réunit plus de 200 textes, tous genres confondus, écrits de l'aube des années 1920 aux années 1960 par plus d'une centaine d'hommes et de femmes, connus ou moins connus, peintres ou poètes. Organisée de manière chronologique, elle évoque les rencontres, restitue les passions et rend compte des discussions très nombreuses autour des questions de l'amour, de la sexualité et de l'érotisme. Car liberté, amour et poésie sont indissociables, au cœur de l'aventure surréaliste qui se proposait de "réduire l'art à sa plus simple expression, qui est l'amour".

Extrait de cette très belle anthologie "Si vous aimez l'amour..." :

Tout cela semble intéressant !
Va encore falloir que je rajoute à la liste de lecture !
Merci !
PEACE & LOVE
Lao
  • Lao
  • Vintage Top utilisateur
  • #5832
  • Publié par
    Lao
    le 19 Mai 2024, 19:55
Pour une fois je ne vais pas parler d'un livre que j'ai lu mais d'un livre que je vais lire.
Il me semble avoir déjà parlé ici de Janet Evanovich et de sa série policière Stéphanie Plum ; Hé bien j'attaque le tome 5 : " Cinq à sexe". Beau programme.
Et, en guise d'introduction, .... l’introduction :
Janet Evanovich (Cinq à sexe) a écrit :
Quand j’étais petite, ....
j’habillais ma poupée Barbie de la tête aux pieds, mais je ne lui mettais pas de petite culotte. De l’extérieur, elle avait l’air d’une femme bien – talons hauts en plastique du meilleur goût, tailleur chic sur mesure –, mais en dessous elle était nue.
Je suis devenue agent de cautionnement judiciaire – en langage clair : chasseuse de primes. Je les ramène morts ou vifs. Enfin, j’essaie. Et faire ce métier, c’est un peu être une poupée Barbie sans petite culotte. C’est avoir un secret bien gardé. Et c’est afficher beaucoup de culot alors qu’en fait on travaille cul nu.
Bon, d’accord, ce n’est peut-être pas comme ça pour tous les chasseurs de primes, mais moi, en tout cas, j’ai souvent la sensation d’avancer foufoune au vent. Métaphoriquement parlant, bien entendu.
Banane garantie.

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