clarissep a écrit :
Ben j'avais la même impression que vous sur l'avortement jusqu'à mon prof de droit nous lise une fois un rapport qui avait été étabi pour voter la loi sur l'avortement...donc il s'agissait d'un rapport officiel et non d'une enquête débile à la noix...
Eh bien, j'avais trouvé ça affligeant les raisons qui poussaient les femmes à avorter...les personnes qui avaient vraiment une raison d'avorter, genre viol, malformation ...etc faisaient vraiment partie de la toute petite minorité...mais le reste c'était du genre, on préfère encore attendre un an...la conjoncture économique n'est pas très favorable, pas envie maintenant...etc
Enfin, les raisons de la majorité était pour moi des raisons d'attendre pour ne pas en faire mais pas des raisons de faire partir un bébé parce qu'il n'arrivait pas juste au bon moment (ou plutôt celui que l'on a choisi)
je pense qu'il y a une grande différence entre le choix d'avoir ou non un enfant et le choix de faire partir un enfant.
je pensais comme la plupart d'entre vous que vu le choc, le bouleversement que peut être un avortement c'était une décision que la plupart ne prenait qu'en dernier recours mais ce rapport avait complétement démontré le contraire...
Bon maintenant, je sais c'est difficile à croire car moi aussi je pensais que l'on n'envisageait celui qu'en dernier recours mais il faut croire que ce n'est pas le cas de tous...
Je ne vais pas répondre à tous les arguments un par un. Ce serait trop facile de les démonter d'une part, mais je risquerais d'être trop à chaud d'autre part.
Une argumentation comme ça, Clarissep, prouve une fois de plus que tu ne connais rien au sujet dont tu parles et invalide toute estimation que tu pourrais faire, d'emblée. (et ce n'est pas la première fois. Je te renvoie à la discussion d'il y a quelques pages sur le passage à l'acte pédophile)
Par ailleurs, je constate que tu as des capacités d'empathie proche du néant absolu, et ça me désole... Je sais bien, je vais facher. Clarissep la bien pensante, Clarissep la toujours raisonnable. Comment puis-je t'accuser de manquer d'empathie ? Je n'oublie pas, moi, que je t'ai vu justifier l'injustifiable. Dorénavant, je pourrais même dire que je t'aurais vu ne pas comprendre l'évident.
Sais tu seulement dans quelle détresse une grossesse non désirée peut parfois mettre une femme ? Sais tu seulement que certaines, se découvrant enceintes, craquent littéralement ? Pas la petite déprime bourgeoise feutrée, non. Le vrai burn-out. Tu t'es interrogée là dessus ? Tu as rencontré ces femmes ? Non. Ton prof de droit t'a lu un rapport. Donc du solide, hein, un rapport ? Du vrai humain, un rapport, nom de Dieu ! De l'humain en chiffres ! Et comme chacun sait, ça peut jamais être orienté, un rapport. Inattaquable.
Bien sûr, mis sur un rapport "je me sens pas prète", ça pue la petite pétasse qui avorte parce qu'elle a juste pas envie. On parle de ses cauchemards ? De ses idées obsédantes (toute la putain de journée) d'accoucher d'un monstre, de faire une fausse couche sanglante, d'y laisser sa peau ? On parle de la paralysie mentale que peut parfois provoquer une grossesse ?
On parle bien du baby blues, ou de la psychose post-partum, mais ça, c'est tout beau tout propre, pas de probleme. De la femme honorable qui a fait son boulot de reproductrice en serrant les dents et qui en chie un peu après. Mais le breakdown de l'annonce de grossesse, bizarrement, on n'en parle pas. Pas de rapport là-dessus. La nana qui fait un déni de grossesse : qui refuse de façon inconsciente de l'intégrer comme vraie, par exemple. On en parle pas. Elle va se cercler le ventre, pour ne pas que ça se voit, prétendre ne pas être enceinte, penser ne pas être enceinte, avoir des comportements à risque pour le foetus, parfois même attenter à la vie du bébé une fois né : une folie de grossesse. Mais non, elle rentre dans ton petit rapport dans la case "pas envie, juste pas envie".
Voilà ce que j'avais à te dire, une fois encore. Parce qu'une fois encore, je te vois penser aves des valeurs brutes et pas avec de vraies connaissances. Je te vois penser avec tes tripes et pas avec ton cerveau. Je te vois parler de ce que tu ne connais que par un pauvre article, un pauvre rapport. Je te vois intolérante, oui, même si tu vas t'en défendre véhémetement.
Laisse moi te dire Clarissep : l'intolérance, ça vient de l'ignorance. Va faire un tour au planning familial (ou l'équivalent belge). Va offrir une tasse de café à ces mômes de 18 ans gavées de téléréalité et sous informées de la vraie vie. Va leur dire qu'elles le savent (putain !) que baiser peut les foutre en cloque, qu'elles avaient qu'à faire gaffe.
Va dire à cette femme de 35 ans, mère de trois enfants qu'elle élève comme elle peut parce que son mari bosse comme un forcené, qu'elle est tombé enceinte parce qu'elle ne s'est pas méfiée du retour de couche. Va lui dire qu'elle aurait du savoir ça, une femme de son âge ! Et regarde au fond de ses yeux la détresse de voir se former chaque jour la chaine d'un quatrième boulet à son pied qui l'empèche un peu plus de surnager dans sa vie de femme, qui la contraint à oublier ses rèves d'égalité des sexes et de vie de famille tendre et amoureuse, paumée entre les couches, les bains pour 4, les courses éléphantesques à faire toutes les semaines, seule avec les 4 qui hurlent dans Carrefour à chaque rayon.
Va voir ces deux femmes et parlent leur de ta conception de l'avortement de convenance. Là on pourra parler d'êtres humains ensemble. Tu ne seras plus dans tes chiffres, tu seras dans le concret.
Moi je m'en fous, je milite pas pour l'avortement, ni contre. Je suis plutot content que ça existe, mais je suis pas un fervent défenseur.
Par contre, je récupère ces nanas derrière. Sur laquelle toute la pression sociale s'est abattue, plus cinglante que le marteau du juge. Les bien pensants les répudient. Pour un peu, elles seraient des sous femmes.
Parce qu'elles ont fait ce qu'elles estimaient le mieux pour elle et pour cet éventuel enfant, ce sont soit de pauvres filles (avec toute la condescendance possible), soit des monstres sanguinaires, soit des poufiasses qui avortent comme on se fait enlever un grain de beauté, "par convenance".
Croyez pas qu'elles en chient assez entre la grossesse non désirée et le trauma de l'avortement en lui-même ? On pourrait peut être leur foutre la paix après coup et ne pas les juger, non ?