Ludwig Von Mises a écrit :
"Ici nous sommes en présence de l'une des principales différences entre la physique et la chimie d'une part, les sciences de l'agir humain de l'autre. Dans le domaine des événements physiques et chimiques il existe (ou du moins il est généralement admis qu'il existe) des relations constantes entre des grandeurs, et l'homme est capable de découvrir ces constantes avec un degré de précision raisonnable, par le moyen d'expériences de laboratoire. De telles relations constantes n'existent pas dans le champ de l'agir humain, hors de la technologie physique et chimique et de la thérapeutique. Pendant un temps, les économistes ont cru avoir découvert une de ces relations constantes dans les effets des changements dans la quantité de monnaie sur le prix des denrées. Il était affirmé qu'une augmentation ou une diminution dans la quantité de monnaie en circulation doit résulter dans des changements proportionnels du prix des denrées. L'économie moderne a clairement et irréfutablement démontré le caractère fallacieux de cette proposition. Ceux d'entre les économistes qui veulent remplacer par l'économie « quantitative » ce qu'ils appellent l'économie « qualitative » sont entièrement dans l'erreur. Il n'y a, dans le champ de l'économie, aucune relation constante et par conséquent aucun procédé de mesure n'est possible. Si un statisticien établit qu'une augmentation de 10 % dans l'offre de pommes de terre en Atlantide, à un moment donné, a été suivie par une baisse de 8 % du prix, il n'établit rien du tout concernant ce qui arriva ou peut arriver du fait d'un changement de l'offre de pommes de terre dans un autre pays ou à une autre époque. Il n'a pas « mesuré l'élasticité de la demande » de pommes de terre. Il a établi un fait historique unique et limité. Aucun homme sensé ne peut douter que le comportement des individus à l'égard des pommes de terre et de toute autre denrée est variable. Divers individus évaluent les mêmes choses de façons diverses, et l'évaluation par les mêmes individus change lorsque les conditions changent."
Il n'existe aucune méthodologie qui permette de tirer des lois générales à partir d'une situation humaine particulière, puisque cette situation n'est jamais reproductible, et qu'aucune analyse ne saurait de toute façon prendre en compte ou même seulement voir tous les paramètres d'une telle situation.
Attends Azzaz', là tu fais des raccourcis et tu le sais. Tu te sers des écrits d'un économiste libéral pour critiquer et rejeter en bloc la sociologie (et d'ailleurs, si on suit ton raccourci, les sciences humaines en général).
Or je ne vois pas dans cette citation de quoi tirer des conclusions aussi radicales, et si franchement je ne connais pas Von Mises, je doute fort, s'il est un tant soi peu sérieux, qu'il se laisse aller à de telles extrémités intellectuelles.
Tout ce que je vois dans ce texte, c'est un rappel et une redifinitioon de la dichotomie entre sciences dites "naturelles" et sciences dites "humaines.", distinction etablie et reconnue depuis bien longtemps par l'immense majorité de la communauté "universitaire".
Aucun sociologue, aucun historien, aucun économiste crédible (si ce n'est peut-être certains ultra-libéraux fanatiques
) n'oserait aujourd'hui nier ces différences, en particulier le fait que les sciences humaines ne sauraient se traduire en un quelconque formalisme mathématique en en vérités objectives.
Tu sais bien, j'en suis, sûr, qu'une énorme part de la "formation" du chercheur en sciences "humaine" consiste à interpréter ses résultats en se gardant le plus possible d'en tirer des conclusions définitives et universelles, à la différence des sciences "naturelles" .
Et encore, depuis Mises (1881-1973 selon wiki), le concept de vérité universelle et objective même est remis en cause dans le domaines des sciences dites (jusqu'alors!) "exactes", en particulier par certains résultats en physique quantique.
Se servir de ce "rappel" intellectuel pour dézinguer en bloc toutes les sciences humaines, c'est complètement malhonnête, et tu le sais très bien.
EDIT: allez, pour que tout le monde comprenne bien à quel point ton argumentaire est fallacieux, raisonnons un peu par l'absurde. Supposons que Von Mises, économiste libéral, conteste la valeur des sciences dites "humaines". Suivons, comme tu le désires, un raisonnement purement logique:
Comme tu le sais surement, les relations d'équivalences et d'implications logiques sont très clairement définies. Soient deux propositions logiques A et B. Je te ferais la grâce de la construction d'un tableau logique de vérité, pour te démontrer la proposition suivante: "A implique B" est vraie, si A est vraie ET B et vraie ... ou si A est FAUSSE. Point.
En clair, ça veut dire que toute proposition fausse inclue dans un raisonnement logique invalide, immédiatement et sans distinction, TOUS les résultats ultérieurs. Un postulat inexact dans une théorie a un effet très pervers: toutes les implications qu'on peut en tirer sont "vraies", puisque le postulat de base est faux. C'est exactement ta critique sur l'astrologie. on pert d'un postulat faux, donc on peut en déduire absolument ce qu'on veut derrière, ça sera toujours "logique".
Pour appliquer ce raisonnement à ton argumentaire: tu te sers d'une citation d'un économiste libéral pour affirmer que les sciences humaines n'ont aucune valeur. Or l'ensemble de tes connaissances économiques et sociales (et celles de M. von Mises), sont évidement bâties sur le postulat qu'on peut attribuer une certaine valeur à certaines théorisations des comportements humains. Si ce n'es pas le cas, cela veut dire que TOUTES les conclusions de Von Mises (ainsi que celles de l'ensemble des ses confrères) sont invalides...
... à commencer par celle qui affirme que les sciences humaines n'ont aucune valeur...
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